BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

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PHIDEAUX

Phideaux photo de groupe

"Être ou ne pas être... progressif !"

Soi-disant réputé pour ses oeillères, le petit monde du rock progressif n’en est pas moins équipé de puissants radars, capables de débusquer les groupes prometteurs partout où ils se cachent, quels que soient leur origine ou leur degré d’accointance avec le genre en question. Encore faut-il braquer sa parabole au bon endroit pour avoir la chance d’observer «le» phénomène inattendu, difficulté que la plupart des astronomes, amateurs de prog ou non, connaissent bien. C’est ainsi que, de temps en temps, certains artistes semblent brusquement sortir de nulle part, un peu à l’image de ce Phideaux, dont l’orbite elliptique n’a croisé la notre que très récemment, au bout d’une carrière déjà riche de cinq albums (son rythme de production effréné n’y est d’ailleurs sans doute pas totalement étranger, presque comme s’il courait plus vite que son public) ! Au bout du compte, cette étrange comète américaine s’est finalement satellisée à quelques encablures de nous, assez proche, à son périgée, pour se parer des valeurs progressives les plus raffinées, tout en s’en éloignant périodiquement, perdant alors en sophistication affectée ce qu’elle gagne, comme par un puissant effet de fronde, en énergie et en spontanéité, puisant à la source même du «rock» !

Il suffit, pour illustrer ce positionnement ambiguë, d’énumérer quelques influences du mentor et compositeur quasi exclusif de cette formation protéiforme - qui revêt par ailleurs son propre patronyme -, à savoir le multi-instrumentiste Phideaux Xavier : Alice Cooper, Genesis, David Bowie, Jethro Tull, Siouxsie & The Banshees, Roxie Music, VdGG, Sparks, The Beatles, Leonard Cohen, Pink Floyd, et j’en passe… sont ainsi cités pêle-mêle parmi ses artistes préférés, et force est de constater que chacune de ces références, à un degré ou à un autre (quand ce n’est pas d’un titre à un autre…), peut être perçue à l’écoute de ses albums. On le voit, nous sommes ici quelque peu éloigné du centre de la galaxie progressive, mais tout de même pas suffisamment pour faire de Phideaux un extra-terrestre. Car sa musique, si elle s’adresse de prime abord à ceux qui ne s’offusquent pas d’une certaine simplicité formelle - surtout lorsque celle-ci se voit compensée par une poésie sombre au fort pouvoir suggestif -, est dotée d’assez de clarté mélodique et de profondeur émotionnelle pour plaire au-delà des habituelles frontières de genres. La sensualité du rock, en quelque sorte, à laquelle s’ajoute une séduction très personnelle et moins immédiate, ce supplément d’âme que seuls les artistes «habités» parviennent à insuffler dans leur art, transformant pour de bon le charbon en diamant. «Qui m’aime me suive», semble-t-il nous déclarer...

 
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