BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Dossiers

Liens vers pages : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 (entretien)

Suite >

HAPPY THE MAN

Happy The Man 1976

Le Rêve Américain !

Tous les groupes possèdent une personnalité plus ou moins affirmée. Peu sont réellement dénués d'originalité; de même, peu sont parvenus, à l'instar d'Happy The Man, à créer un style à ce point personnel qu'il soit instantanément reconnaissable. Son rock progressif est en effet certainement l'un des plus originaux et aboutis que notre courant ait engendré durant ses trente premières années...

L'importance d'Happy The Man dans la culture progressive est souvent mésestimée. Peut-être, justement, parce que les musiciens qui composaient ce groupe ont tant investi de leur personnalité dans leur œuvre commune, que celle-ci demeure inimitable. Il n'existe aucune "école" Happy The Man comme ce fut le cas avec Yes, Genesis ou King Crimson. L'Amérique, de toute façon, n'est jamais vraiment parvenue à exporter son rock progressif comme l'Angleterre avait pu le faire.

Le rayonnement d'Happy The Man demeura donc toujours limité à un réseau de passionnés.

Et pourtant... Si Happy The Man s'est toujours refusé à la moindre concession artistique, il ne proposait pas pour autant une musique anti-commerciale. Non, celle-ci ne s'adressait pas forcément à un cercle fermé d'initiés indulgents. Elle était simplement artistique, au sens le plus noble du terme.

La plupart des artistes, par faiblesse ou par fatalisme ("réalisme", corrigeront les pragmatiques), essaient de rendre leur musique plus "accessible", pour intéresser un public passif, qui ne sait pas ou ne veut pas faire l'effort de comprendre ce qui ne lui est pas déjà, d'une manière ou d'une autre, familier.

Les autres, les "purs et durs", ceux pour qui la valeur d'une musique est indépendante du succès qu'elle obtient et de son acceptation par la culture "officielle", conçoivent leur œuvre en ignorant volontairement quelles peuvent être les attentes de l'auditeur. Tout juste espèrent-ils que leur message trouvera de l'écho auprès des personnes qui sauront se mettre à son diapason, "rentrer" dans cette musique avec, à l'arrivée, la plus belle des récompenses, le plaisir de découvrir quelque chose de nouveau, de beau et d'émouvant.

Ce préambule pourrait bien sûr s'appliquer à l'art en général, et notamment au rock progressif. Mais force est de constater, et vous pourrez le vérifier à la lecture de son histoire, il convient particulièrement bien à Happy The Man.

"Nous étions probablement le groupe le plus complaisant avec lui-même qui ait jamais existé", reconnaît d'ailleurs avec malice le bassiste Rick Kennell. "Notre seule intention était de nous faire plaisir. Nous pensions que si quelque chose nous excitait, alors peut-être que certaines personnes y trouveraient également leur compte...".

Sans plus attendre, nous vous proposons de vous familiariser avec Happy The Man, car cette formidable formation a toutes les chances de faire rapidement de vous un 'homme heureux'... Evidemment.

 
1/5

Haut de page