BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

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CARAVAN (6/8) - Suite >

ARCHIVES, LIVE, ETC.

La discographie de Caravan ne se limite pas, loin s'en faut, aux albums studio. Preuve de l'attrait commercial du groupe, toutes sortes de compilations de seconde zone ont d'ailleurs fleuri, en particulier depuis l'apparition du format CD, dont il convient de se méfier. C'est pourquoi nous nous garderons de les évoquer ici, pour nous concentrer sur les parutions dignes d'intérêt.

Songs For Fishermen pochetteEther Way pochette

Le catalogue d'enregistrements en concert et pour la radio de Caravan est des plus fournis, grâce surtout aux relations soutenues que le groupe a entretenues avec la vénérable BBC, et en particulier l'animateur John Peel, durant la quasi totalité des années 70. Deux CD, Songs For Oblivion Fishermen et Ether Way, parus en 1998 chez Hux Records, proposent une bonne partie de ces 'Peel sessions' et assimilées, sans inédits mais avec un bon son (surtout pour le second) et des interprétations excellentes (la seconde moitié de Songs...).

Surprise Supplies pochette BBC Radio 1 pochette

Deux concerts retransmis eux aussi par la BBC ont fait l'objet de CD : BBC Radio 1 Live In Concert (Windsong, 1991) nous propose une prestation de 1975, peu avant le départ de David Sinclair, avec au programme «The Dabsong Conshirtoe» mais aussi «The Love In Your Eye» et «For Richard» dans des versions rallongées, riches en digressions instrumentales (avec hélas quelques imperfections techniques, la saturation défectueuse de la guitare par exemple). Quant à Surprise Supplies (1999, HTD), son contenu, enregistré en mai 1976 à Londres, avait déjà fait l'objet d'un CD pirate; ici, l'origine du concert (la BBC également) n'est toujours pas précisée, mais cette bande excellente nous permet d'entendre joués 'live' la plupart des titres de Blind Dog At StDunstans, plus «The Love In Your Eye» en rappel.

Live 1990 pochetteCanterbury Comes London pochette

Signalons également deux 'live' plus récents : Live 1990 (Demon, 1993) reprend (avec un titre en plus) le contenu du concert télévisé diffusé par la chaîne privée Central TV, et nous permet de retrouver la formation d'origine (plus Jimmy Hastings) interprétant un répertoire issu en grande partie des deuxième et troisième albums. Quant à Canterbury Comes To London (1998, HTD), il nous fait découvrir l'actuelle formation scénique, avec au programme plusieurs extraits de The Battle Of Hastings, mais aussi un «Nine Feet Underground» rehaussé par les envolées guitaristiques du nouveau-venu Doug Boyle, et divers standards du groupe («For Richard», «Memory Lain, Hugh», «The Dog, The Dog He's At It Again»...).

Cool Water pochette

HTD a également publié en 1994 un CD (Cool Water) des démos financées par Arista début 1978 en vue d'un album qui ne fut jamais enregistré. On ne s'en plaindra guère, l'inspiration de Pye Hastings étant alors au plus bas, entre ballades mielleuses et rock basiques. De plus, les chansons signées Richard Sinclair et Jan Schelhaas, mises en boîte lors des mêmes séances, ont été écartées arbitrairement au profit de quatre titres à la qualité sonore bien inférieure, enregistrées un an plus tard par Hastings avec le groupe de Gordon Giltrap, et tout aussi oubliables.

Des inédits studio, nous en aurons bientôt, des bien meilleurs et en grande quantité, à l'occasion de l'ambitieux programme de rééditions initié par Decca/Universal. Chacun des albums (de la période 1969-75) sera ainsi complété de vingt à trente minutes de musique supplémentaire - titres non retenus à l'époque, versions ou mixages alternatifs et, dans le cas de Caravan & The New Symphonla, l'intégralité du concert, soit près de 80 minutes. Nous en reparlerons en temps voulu, mais un avant-goût de cette mine d'or figure sur la compilation Where But For Caravan Would I ? : «A Day In The Life Of Maurice Haylett», issu des séances du deuxième album, aurait été tout à fait digne d'y figurer, si la place n'avait manqué pour ce que soit le cas.

Intéressons-nous pour finir aux compilations. Depuis la toute première, Canterbury Tales, publiée en 1976, il y en a eu beaucoup. Celle du même titre, sortie en CD chez Decca en 1994 mais au contenu en partie différent, constituait jusqu'ici la référence. Elle est maintenant supplantée par un nouveau double CD, Where But For Caravan Would I ?, qui couvre la même période (1969-75) avec un choix de morceaux assez similaire : on y retrouve la plupart des chevaux de bataille progressifs de Caravan, de celui qui donne son titre à cette compilation à «Nine Feet Underground», en passant par «The Love In Your Eye», «Winter Wine» ou «A Hunting We Shall Go»... mais sans «The Dabsong Conshirtoe», et avec la version 'New Sinfonia' de «For Richard» plutôt que l'originale...

Canterbury Tales pochetteWhere But For pochetteCanterbury Collection pochette

Signalons au passage que les titres des albums Blind Dog At St.Dunstans et Better By Far (ce dernier étant le seul album non réédité en CD à ce jour) ne sont jamais repris sur les compilations, étant les seuls à être sortis chez BTM et Arista respectivement. Par contre, The Album et Back To Front ont fait l'objet d'une (opportuniste et assez absurde) compilation, The Canterbury Collection, dont l'unique intérêt est de reprendre la face B inédite du single «Heartbreaker», le sympathique «It's Never Too Late».

Aymeric LEROY

(dossier publié dans Big Bang n°37 - Octobre 2000)

CARAVAN - "Live At The Fairfield Halls" (1974)
Decca - 2002 - 79:58

Live Fairfield Halls pochette

Il manquait un album important au format CD dans la discographie de Caravan : je ne parle pas de Better By Far, dernier album studio du groupe non encore réédité à ce jour, car ce n'est pas dans l'absolu une énorme perte, mais du double-album vinyle connu précédemment sous le titre The Best Of Caravan Live. Grâce à l'exhumation des bandes dudit concert, et aux récentes rééditions effectuées par Decca suite à son absorption par Universal Music, ce manque est enfin comblé. Le titre est nouveau (il correspond bien sûr à la salle, près de Londres, dans laquelle le concert se déroula), l'ordre des morceaux a été rétabli (en raison de la durée des faces de 33 tours, le rappel «Hoedown» figurait à la fin de la face B du premier album !) et un morceau rajouté (l'enchaînement «Be Alright / Chance of a Lifetime», incomplet sur l'édition vinyle).

Le livret, très complet, nous en apprend un peu plus sur l'étrange destinée de cet enregistrement. Ainsi ce concert avait été à l'origine enregistré pour être diffusé sur les radios américaines, à l'époque où le groupe cherchait à percer aux États-Unis. Finalement, il ne sortira qu'en 1980, et uniquement en France (en vertu d'un contrat signé par l'ex-manager de Caravan, Terry King), présenté comme une compilation 'live' à prix réduit et ne restera en vente que trois ans, ce qui en a fait un des collectors les plus recherchés du groupe (du coup je suis bien content de posséder le vinyle !!!).

Loin d'être un album en concert de plus, Live At The Fairfield Halls 1974 est tout simplement le meilleur témoignage existant de Caravan en concert, couvrant a fortiori la période où sa musique se rapprochait le plus d'un rock progressif 'classique' - celle de l'album For Girls Who Grow Plump In The Night. Celui-ci, composé essentiellement par le guitariste-chanteur Pye Hastings, est très largement représentée dans la sélection des morceaux interprétés, avec cinq titres sur huit (de 5:58 à 19:01), les trois autres étant «Virgin On The Ridiculous» (de l'album Caravan and The New Symphonia) et les deux classiques incontournables de leur répertoire que sont les épiques «For Richard» et «The Love In Your Eye».

Dès le premier morceau, «Memory Lain, Hugh», Caravan dégage un dynamisme incroyable : on sent les musiciens parfaitement à l'aise et le 'groove' de la section rythmique (Richard Coughlan et l'ex-Curved Air Mike Wedgwood) donne vraiment envie de bouger (si, si, je vous assure, je suis en train de vous parler d'un CD de Caravan, pas du dernier Britney Spears !!!). Durant 1h20, David Sinclair va nous régaler de ses orgue Hammond et autres Minimoog, Geoff Richardson fait pleurer ou virevolter son violon, en plus d'amuser la galerie (près de trente ans après, le bonhomme est toujours égal à lui-même, comme on put le constater au Bataclan il y a deux ans !) et Pye Hastings assure à la guitare tant sur les rythmiques qu'en solo (plus rarement toutefois) et enchante de sa voix fragile (personnellement j'aime beaucoup l'émotion qui se dégage de celle-ci), pas si éloignée de celle d'un Roger Hodgson.

L'autre intérêt de ce 'live' est de présenter certains morceaux («Virgin...», l'instrumental «A-Hunting We Shall Go») dans des versions 'rock' uniquement, donc sans l'orchestre présent sur les versions d'origine (et, dans le premier cas, sans ces chœurs féminins envahissants...). Quant aux deux longs 'classiques', les interprétations découvertes ici sont remarquables et enrichies : leurs durées respectives atteignant les 15 et 19 minutes ! Vous l'aurez compris, ce CD (qui affiche en outre la durée hautement éloquente de 79:58 - record battu !?!) est indispensable à tout amateur de Caravan et si vous ne connaissez pas encore (est-ce possible ?), c'est l'introduction idéale. Car aujourd'hui plus que jamais, il mérite le sous-titre de Best Of Live.

Christian AUPETIT

(chronique publiée dans Big Bang n°45 - Été 2002)


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