BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

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ALAN PARSONS PROJECT

"PARSONSmania"

Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes

A la fin de 2001, on apprenait que la dernière mouture du groupe réuni autour d'Alan Parsons, à savoir le guitariste Ian Bairnson et le batteur Stuart Elliott, avait décidé d'un commun accord de se séparer pour poursuivre des carrières en solo ; ce que le principal intéressé a fait en cet été 2004 avec la sortie de son album A Valid Path. Cette dissolution marquait la fin d'une aventure collective de vingt-cinq ans, qui laissait derrière elle pas moins d'une quinzaine d'albums et quelques tubes radio. L'occasion devait être saisie afin d'offrir aux lecteurs de Big Bang une rétrospective complète de cet amoureux de la musique. Alan Parsons - et les albums qu'il a chapeautés - a-t-il pour autant sa place dans les pages d'un magazine dédié aux musiques progressives ? Oui, incontestablement, et ce à plusieurs titres. Celui de producteur et d'ingénieur du son, bien sûr, en particulier du mythique Dark Side Of The Moon (mais également du Symphonic Music Of Yes !). Celui de compositeur ensuite, car il sut, dans un registre plus pop qu'un Asia, intégrer des aspects progressifs à sa musique pour en faire une "variété" de luxe, non dénuée parfois d'une certaine ambition (le choix fréquent des albums concept), avec toujours ce souci d'offrir une musique de qualité, à défaut d'être révolutionnaire et progressive (mais combien de formations néo-progressives ont une démarche similaire !). Enfin, il ne faut pas négliger le fait que les musiciens et interprètes - souvent prestigieux - qui participèrent à son aventure ont, pour certains, eu maille à partir, eux aussi, avec le mouvement progressif (citons ainsi Chris Rainbow, qui fut un temps chanteur de Camel...). On peut enfin signaler que pendant plus de quinze ans, The Alan Parsons Project fut uniquement un groupe de studio, anticipant d'une certaine manière sur les œuvres actuelles d'Ayreon.

Genesis ch.1 v.32" (avant 1976)

Alan Parsons est né en Angleterre le 20 décembre 1948. Très jeune, il apprend le piano, la guitare et la flûte. Après avoir travaillé dans une usine de duplication de cartouches (les prédécesseurs des cassettes audio) appartenant à EMI, ce jeune opérateur extrêmement motivée parvient à rentrer, à la fin des années 60, comme ingénieur dans les studios d'enregistrement "Abbey Road" que possédait EMI à Londres, et travaille en particulier, aux côtés de George Martin, comme ingénieur du son assistant sur les albums Abbey Road et Let It Be des Beatles. Il noua à cette occasion des liens de confiance avec Paul Mac Cartney, puisque après avoir réalisé des prémixes pour McCartney en 1970, celui-ci lui confia l'enregistrement de plusieurs des disques de son groupe suivant, les Wings : Wild Life, Red Rose Speedway, ainsi que les singles "Hi, Hi, Hi" et "C Moon", sans oublier le magnum opus de George Harrison, All Things Must Pass. Il travailla également avec le groupe The Hollies, entre autre pour les tubes "He Ain't Heavy He's My Brother" et "The Air That I Breathe". Avec l'enregistrement de Dark Side Of The Moon, qu'il prend entièrement en charge durant neuf mois, sa réputation connaît une consécration transcendée par le succès mondial de l'album. La qualité sonore du disque tient beaucoup à la technique d'enregistrement, chaque instrument ayant été pris à part. Alan Parsons est donc logiquement nommé meilleur ingénieur du son pour l'année 1973. Il confirme ces compétences reconnues avec le travail de producteur et/ou d'ingénieur du son pour Pilot, Steve Harley et Cockney Rebel, The Shadows, Olivia Newton-John et Al Stewart (trois albums, dont Year Of The Cat en 1976), sans oublier quelques incursions dans le monde du classique avec Ambrosia (une source d'inspiration supplémentaire pour les arrangements orchestraux dont il sera friand ?) ; avec cette dernière réalisation, il reçoit un second Grammy de meilleur ingénieur du son/producteur. Durant toute sa carrière, il sera nominé à douze reprises aux Grammy Award. Un album est à cet égard particulièrement intéressant, le premier de John Miles, Rebel, sorti en mars 1976. On y trouve en effet des éléments qu'Alan Parsons utilisera par la suite pour ses propres créations. Ainsi, le hit "Music", encore aujourd'hui habitué des radios, présente une structure plus complexe que la variété traditionnelle, du haut de ses six minutes, avec des variations sur le refrain et de copieuses parties instrumentales. De même, le symphonisme débridé de ce morceau (et de pratiquement tous les autres), avec un enrichissement progressif des arrangements, sera une des marques de fabriques des albums du Project; c'est d'ailleurs Andrew Powell (voir ci-dessous) qui en est l'auteur. Enfin, la reprise du thème initial de "Music" en fin d'album inspirera les albums Stereotomy ou Gaudi, sur lesquels on retrouvera d'ailleurs le même John Miles; il fut plus généralement de l'aventure du Project à ses débuts et à son crépuscule, participant au total à quatre de ses albums. Tous ces travaux d'enregistrement et de production, en plus de lui donner une large maîtrise des ficelles techniques, l'ont de surcroît influencé pour son futur travail de compositeur (particulièrement les Beatles et Pink Floyd).

Avec le parolier Eric Woolfson (né en 1945), qu'il avait rencontré aux studios "Abbey Road", et avec qui il avait eu l'occasion de travailler, Alan Parsons a trouvé sa moitié artistique. Leur collaboration durera une quinzaine d'années. Woolfson, qui est également pianiste, avait auparavant écrit pour Marianne Faithful, Joe Dassin ou le groupe américain Explosion, travaillé avec Led Zeppelin et 10CC, et joué avec Herman's Hermits et Andrew Loog Oldham. Pour baptiser la formation qu'ils décident de créer ensemble, ils choisissent The Alan Parsons Project, afin de capitaliser sur la notoriété d'Alan Parsons comme ingénieur du son et producteur. Un troisième homme les rejoindra pour une collaboration particulièrement longue et fructueuse : l'orchestrateur Andrew Powell, rencontré par Parsons lors de son expérience avec Steve Harley et Cockney Rebel en 1975. Ce dernier, qui produira les deux premiers albums de Kate Bush, The Kick Inside et Lionheart, avait fait partie au départ d'un groupe de reprise des compositions de Stockhausen, et travailla tout au long de sa carrière avec des artistes aussi divers que Pierre Boulez, Ligeti, Donovan, Leo Sayer, Chris Rea, Tim Rice, Mari Wilson, Judi Collins, Cliff Richard, Al Steward, Mick Fleetwood, Chris de Burgh et Kansas, et des orchestres aussi variés que le London Symphony Orchestra, le London Philarmonic Orchestra ou le BBC Symphony Orchestra. Dès 1974, les trois hommes préparent un album concept sur les œuvres littéraires d'un des maîtres américains du fantastique, Edgar Allan Poe, apparemment sur une idée initiale d'Eric Woolfson.

"A Dream Within A Dream" (1976-1978)

Après deux ans de préparation, Tales Of Mistery And Imagination parait, en 1976, produit et enregistré par Alan Parsons, bien sûr. Le casting est impressionnant, le maître d'œuvre ayant battu le rappel de bon nombre d'artistes rencontrés les années précédentes. "The Tell-Tale Heart" est ainsi brillamment interprété par Arthur Brown, auteur du hit "Fire" en 68 (avec un certain Carl Palmer dans son groupe !), et acteur du film Tommy en 74 ; et "To One In Paradise" par Terry Sylvester, chanteur dans The Hollies, à la voix aérienne, proche de celle de Woolfson. En ce qui concerne les musiciens, Stuart Tosh est un ex membre de Pilot, tout comme le bassiste David Paton (qui joua avec Elton John) et le guitariste Ian Bairnson, qui restera jusqu'au bout aux côtés d'Alan Parsons. L'intégralité du groupe Ambrosia est même présente sur "The Raven" ! L'album se décline en sept principaux morceaux, enregistrés à divers moments de 1975, qui sont inspirés de nouvelles de Poe, parmi lesquelles le poème "Le corbeau" (dont Ron Howard doit bientôt réaliser une nouvelle adaptation cinéma, après celle de Roger Corman), l'irrésistible "Système du Docteur Goudron et du professeur Plume", et la célèbre "Chute de la Maison Usher". Dès l'ouverture, "A Dream Within A Dream", le décor est planté : une délicate introduction à la fois symphonique et synthétique cède peu à peu la place à un riff de basse simple et appuyé en cinq temps, enrichi progressivement de sons de claviers arrondis, d'une guitare très "gilmourienne", et de chœurs diaphanes, sans oublier la batterie croissante et décroissante. La mélodie est relativement simple et le morceau concis, mais la personnalité de la musique déjà affirmée; on retrouvera d'ailleurs ce thème dans divers passages de l'album ("(The System Of) Doctor Tarr And Professor Fether" et "Prelude"). Les morceaux suivants se révèleront être du même tonneau, avec des refrains entêtants ("The Raven", première composition de l'histoire à utiliser un vocoder, avec la voix d'Alan Parsons), voire dansants ("The Tell-Tale Heart"). Le travail sur les voix est soigné, le raffiné "The Cask Of Amontillado", chanté par John Miles, en est un éclatant témoignage, tout comme "To One In Paradise", qui serait restée une ballade relativement banale sans un appréciable travail sur les chœurs (interprétés par Woolfson et Parsons). De plus, la structure couplet-refrain est pratiquement toujours entrecoupée de parties centrales instrumentales, apaisantes sur "The Raven", plus rythmées sur "The Cask Of Amontillado", largement symphoniques, avec moult cuivres et violons. Mais à cet égard, la pièce la plus ambitieuse est incontestablement "The Fall Of The House Of Usher", quinze minutes divisées en cinq mouvements, dont trois sont entièrement orchestraux, ayant été élaborés par Andrew Powell : le long "Prelude", et les brefs "Intermezzo" et "Fall", dont les violons, les cuivres et les percussions mêlés en une cacophonie angoissante évoquent à merveille le final de la nouvelle. Le floydien "Arrival" et le progressif "Pavane", avec sa mandoline si agréable, sont quand à eux plus proches de "A Dream Within A Dream". Le problème de cette ample composition réside justement dans cette dichotomie, ce qui en fait un ensemble quelque peu bâtard et hétérogène. Peter Hamill, au début des années 90, explorera d'une toute autre manière la même nouvelle de Poe. De cet album marquant, on regrettera seulement une batterie un peu trop présente au mixage, qui est le seul véritable bémol que l'on puisse trouver dans l'enregistrement d'Alan Parsons.

Pour être tout à fait complet, il convient de signaler qu'en 1987, une nouvelle version de cet album a été réalisée, à l'occasion de sa ressortie en format laser. A l'instar d'un certain Georges Lucas, Alan Parsons a souhaité apporter quelques compléments à sa première œuvre (jusque dans la pochette). Et on peut sans hésitation parler ici de réussite : les parties solistes supplémentaires de Ian Bairnson enrichissent habilement certains morceaux (la section centrale percutante de "The Tell-Tale Heart", par exemple), et surtout, la narration d'Orson Welles, pas moins, qui précède chaque pièce instrumentale, s'intègre à merveille à l'esprit du projet, renforçant le côté théâtral et fantastique du concept ("Prelude" devient ainsi une véritable bande-originale de film). La parution de l'album en 1976 fut accompagnée de la sortie de deux singles, "(The System Of) Doctor Tarr And Professor Fether" et "The Raven". Tales Of Mystery And Imagination est en tout cas une des plus belles réussites du groupe, une des plus ambitieuses également.

Dès décembre 1976, le Project, légèrement remanié, rentre aux studios Abbey Road pour enregistrer le deuxième album du groupe, I Robot. Ce sera le premier à paraître chez Arista, qui restera la maison de disques du groupe jusqu'en 1993. Parmi les chanteurs recrutés pour l'occasion, on retrouve quelques vieilles connaissances d'Alan Parsons, comme Steve Harley ou Allan Clarke (chanteur de The Hollies). L'enregistrement, toujours mené par Alan Parsons, se termine en mars 1977, la sortie intervenant la même année. Après le domaine du fantastique, Woolfson et Parsons, toujours auteurs de la quasi-totalité des compositions, s'inspirent de la science-fiction, plus précisément de l'œuvre du célèbre romancier américain d'origine russe, Isaac Asimov, père du cycle de Fondation et inventeur des trois lois de la robotique. Ce dernier a en effet écrit un grand nombre de nouvelles autour des robots, dont les plus connues sont réunies dans le recueil I, Robot, paru en 1950. Le thème général de l'album repose sur les problèmes de relations entre humains et robots ("I Wouldn't Want To Be Like You", chanté par Lenny Zakatek, fidèle collaborateur ultérieur, ou "Breakdown"), conduisant au final à la disparition de l'humanité ("Total Eclipse") et à son remplacement par l'espèce robotique, échelon nouveau de l'évolution ("Genesis ch.1 v.32", un verset qui n'existe pas dans la Bible). Signalons également que la pochette, imaginée par Eric Woolfson, est un montage réalisé à partir d'une photographie de l'aérogare de Roissy. L'optique musicale choisie poursuit celle du premier opus, avec des éléments symphoniques toujours très présents. A part "Total Eclipse", œuvre d'Andrew Powell, dont l'aspect inquiétant et dérangeant frise l'expérimentation, on trouve de nouveau quelques passages instrumentaux orchestraux, comme sur "The Voice" ou dans le délicat "Some Other Time" - chanté par Peter Straker et Jaki Whitren -, un des meilleurs morceaux de l'album; ou pour le final de "Breakdown" et celui, dynamique, du romantique "Don't Let It Show" (si ce mélange des contraires n'évoque pas le progressif !). On peut également rapprocher les quatre derniers morceaux du disque (la quasi-totalité de la face B de l'époque) de "The Fall Of The House Of Usher", avec trois instrumentaux (dont le planant "Nucleus", sorte de "On The Run" soft) et une ballade relativement basique, proche de "To One In Paradise". La conclusion, "Genesis ch.1 v.32" est tout particulièrement magnifique, avec sa reprise, sur un tempo lent, de l'introduction d'"I Robot" (voir ci-dessous), puis une mélodie frissonnante, sublimée par des chœurs éthérés et un solo de guitare hypnotique... mais trop courte, malheureusement. Surtout, la quête de nouveauté sonore se poursuit avec les claviers et l'utilisation de sonorités synthétiques nouvelles ; ainsi, sur "The Voice" ou sur l'excellent instrumental éponyme qui ouvre le disque avec brio, d'abord par des sons futuristes et une voix de soprano synthétique, puis à travers une mélodie entraînante, soutenue par une bonne ligne de basse et garnie peu à peu d'arrangements soignés (chœurs, xylophone), le tout pendant six minutes, ce qui en fait le plus long morceau du disque. On trouve toujours l'aspect plus pop du groupe, incarné dans des chansons bien interprétées, tantôt émouvante ("Don't Let It Show", sorti ensuite en single), tantôt à la rythmique quasiment disco ("I'll Wouldn' Want To Be Like You" et ses cymbales omniprésentes, qui fut lui aussi publié en single, avec une vidéo à la clef). Un album qui confirme incontestablement - et d'une certaine manière dépasse - la réussite de Tales Of Mystery And Imagination, et atteindra la neuvième place au classement Billboard.

Un troisième album est mis en chantier, mais la formation de musiciens qui va l'enregistrer connaît un changement d'importance : le batteur Stuart Tosh est remplacé par son homonyme Stuart Elliott. Ce dernier avait été repéré par Alan Parsons alors qu'il jouait dans le groupe Cockney Rebel. Il imprimera son empreinte dès ce premier disque, avec un jeu plus varié et dynamique que celui de son prédécesseur ; il sera également le seul, avec Bairnson et Powell, à faire partie de l'aventure Alan Parsons jusqu'au bout... Après son départ du Project, Stuart Tosh rejoint le groupe 10CC, jusqu'à la dissolution de la formation en 1983. Ce n'est donc pas un hasard si on retrouvera plus tard le chanteur Eric Stewart, un des leaders du groupe, dans quelques albums de The Alan Parsons Project. En attendant, toute l'équipe entre aux studios Abbey Road en septembre 1977 pour enregistrer Pyramid, nouvelle œuvre conceptuelle dédiée cette fois à la fascination engendrée par les impressionnantes pyramides d'Égypte et aux mystères qu'elles sont censées receler, et par delà, à la mortalité des civilisations. La pochette du disque reflète cette part d'inconscient collectif, avec Alan Parsons (première et dernière apparition de sa part pour illustrer un de ses albums) en train de subir une curieuse translation spirituelle (?)...

Tous les morceaux sont cette fois entièrement composés par le duo Parsons-Woolfson, inaugurant une formule promise à durer sur chaque disque jusqu'en 1987. Afin de coller au mieux à la dimension quasiment mystique du concept, l'accent est mis sur l'aspect planant de la musique, et ce dès "Voyager", le bref instrumental d'ouverture, dont le début orientalisant cède vite la place à une mélodie en quatre temps typique du groupe, jouée à la guitare, et rythmée par une ligne de base très simple et une batterie relativement binaire; on retrouvera cet air à divers moments du disque. Sur les neuf morceaux, trois seulement sont plus "rock" : "One More River", chanté par Lenny Zakatek, et son solo de saxophone, une première ; l'amusant "Pyromania", rehaussé par l'interprétation décalée de Jack Harris ("J'ai consulté tous les sages que je pouvais trouver dans les pages jaunes (...) et les panoramas mayas sur mes pyjamas en pyramide n'ont pas pu résoudre mon problème"), qui eut même droit à une vidéo ; et l'instrumental "Hyper-Gamma-Spaces", dont les lignes répétitives de claviers seront déclinées dans plusieurs autres compositions ultérieures du Project ("Mammagamma" sur Eye In The Sky, en particulier). "The Eagle Will Rise Again" et "Shadow Of A Lonely Man" sont de pures ballades, fort réussies d'ailleurs, la dernière, très orchestrale, étant interprétée avec émotion par John Miles. La première, relativement dépouillée, voit la participation, pour la première fois, du talentueux Colin Blunstone, ancien chanteur de The Zombies, groupe de pop en activité de 64 à 68, et auteur de plusieurs succès en solo. "What Goes Up..." (chanté par un David Paton qui élargit ainsi son rôle de bassiste) et son refrain facilement mémorisable a tout d'un tube potentiel (ce fut d'ailleurs l'unique single du disque), tandis que le très pop "Can't Take It With You", qui n'est pas dénué d'une certaine grandeur imposante à travers ses parties instrumentales et leurs vocalises, voit l'utilisation pour la première fois des fameuses castagnettes typiques du style Parsons, doublées d'un bien joli solo de guitare de Ian Bairnson. Enfin, on se doit de mentionner absolument l'instrumental "In The Lap Of The Gods", magnifique succession de tableaux qui nous font pénétrer au cœur des caveaux de la vallée des rois et sur la route des morts : à une cloche et une flûte lointaine, succède une majestueuse sonorité d'orgue, avant que la batterie, rejointe par la basse et la guitare, ne brode un rythme sur lequel une délicate mélodie symphonique vient se poser, sublimée par des chœurs, le tout allant crescendo, jusqu'à une explosion finale de violons, de cuivres et d'interventions vocales cérémoniales ; incontestablement un des instrumentaux les plus progressifs du groupe. L'enregistrement est terminé en février 1978, et l'album sortira quelques mois plus tard. Si l'aspect pop est plus affirmé sur cet opus que sur les précédents, il n'en reste pas moins de grande qualité, à peine en cran en dessous des Tales et d'I Robot. The Alan Parsons Project et sa régularité de métronome commence à être mieux connu du public, mais la consécration commerciale se fera attendre encore un peu... 

 
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