BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Riding On A Tear pochette

PISTES :

1. Introduction (1:56)
2. Suicide (6:25)
3. Riding on a Tear (5:17)
4. Requiem - Part I (5:17)
5. Requiem - Part II (4:07)
6. Dora's Drive (8:52)
7. Mary Walking Through the Woods (5:56)
8. Walking Through the Woods (5:30)
9. Finale (0:13)
10. Dora's Drive (5:19)
11. Mary Walking Through the Woods (4:31)
12. Highwire Dance (5:49)
13. Back Home (7:34)

FORMATION :

Ulrich Herter

(chant, guitares électrique et acoustique, synthétiseur)

Heinrich Winter

(chant, guitares électrique et acoustique, clavinet Hohner D6)

Matthias Zumbroich

(piano, orgue Hammond, miniMoog, synthétiseur, Mellotron, piano électrique, saxophone)

Udo Kreuß

(basse)

Berthold Maier

(batterie, percussions, tambourin)

ZOMBY WOOF

"Riding On A Tear"

Allemagne - 1977

Garden Of Delights - 64:50

 

 

Qu'il est loin le temps où les rééditions des glorieuses années 70 nous faisaient chavirer de bonheur à chaque découverte. Sans être totalement épuisées, les ressources ont été largement exploitées, et on doit aujourd'hui plutôt se contenter de fonds de tiroir à peine avouables que de somptueux chefs d'œuvre oubliés.

Heureusement, de temps en temps, un album surgi du passé réussit à faire se dresser les poils du mélomane progressif croulant sous les galettes argentées. Après les américains de Glass il y a peu, c'est au tour des allemands de Zomby Woof de nous procurer ce petit frisson dans l'échine qui nous fera dire: «Tout de même, quelle époque, ces années 70 !».

Né dès le début de ces années-là, et après un bon nombre de changement de personnel (je vous en laisse la découverte dans le très beau livret concocté comme à leur habitude par les gens du label Garden of Delights), le quintette, qui tire son nom d'un morceau de l'album Over-nite Sensation de Frank Zappa & The Mothers of Invention, n'enregistrera finalement son premier album qu'en 1977, date à laquelle le progressif se meurt.

Musicalement pourtant, peu de rapports avec l'américain moustachu. Riding On A Tear évolue plutôt dans un style «classique» de progressif symphonique, avec une large part laissée aux claviers (orgue, piano, mellotron, moog, la bonne panoplie quoi !) et de beaux duels de guitares (ils sont deux à gratter la six cordes, électrique et acoustique). Organisé comme une longue suite (avec très belle introduction au piano et très court - sept secondes - final grandiloquent), l'album évoque, suivant les parties qui le composent (au nombre de neuf, de cinq secondes à près de neuf minutes), tant des groupes Allemands, ce qui est logique, que des groupes Italiens, ce qui l'est moins. Les phases les plus basiquement rock et symphoniques évoquent en effet des groupes comme Jane, Grobschnitt ou le moins connu Faithful Breath, tandis que d'autres un peu plus débridées rappellent les libertés prises par nombre de formations Italiennes de la même époque. De ponctuels petits coups de folie plus latins que germains qui s'avèrent bienvenus. On notera aussi une belle utilisation du piano électrique dans un style proche des américains de The Load, et un «groove» étonnant de la part d'un groupe progressif (l'excellent et long instrumental «Dora's Drive»). Evidemment, toutes ces références sont citées pour vous donner une idée de la musique. A n'en pas douter, les musiciens de Zomby Woof devaient ignorer une bonne part de ces «influences».

Le chant, en anglais, est pour sa part assez peu présent, et c'est tant mieux car il n'a rien d'extraordinaire. Rien de problématique pour autant, juste une petite pointe d'accent teuton plus ou moins marquée suivant les chanteurs (ils sont deux à se le partager). Le son est quant à lui superbe, analogique jusqu'au bout des touches et des cordes, avec cette chaleur inimitable propre aux années 70. Rien à redire quant au travail effectué sur les bandes. L'album d'origine est complété par quatre titres en bonus : deux versions plus courtes de morceaux de l'album sortis en 45 tours et qui n'apportent donc pas grand-chose, et deux inédits (5:46 et 7:35) enregistrés à la même époque, nettement plus intéressants même si le son est un peu moins bon.

En définitive, voilà donc une excellente réédition à ne pas manquer pour peu que vous soyez amateur des groupes cités tout au long de cette chronique. Pourvu qu'il y ait encore quelques perles de ce calibre dans les tiroirs des maisons de disques...

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°54 - Juillet 2004)