
PISTES :
1. New Day (5:14)
2. Beyond the Sea of Lies (4:34)
3. Fate (4:43)
4. Dreamaway (5:33)
5. Loyal (5:19)
6. Crazy Believer (4:43)
7. Waterhole (5:17)
8. Mighty Love (7:08)
9. Give Up Giving Up (4:11)
10. This Settles It Once And For All (6:12)
FORMATION :
Alan White
(batterie)
Steve Boyce
(basse)
Kevin Currie
(chant)
Karl Haug
(guitare)
Geoff Downes
(claviers)
WHITE
"White"
Royaume-Uni - 2006
Store For Music - 52:42
La question préalable qui mérite d'être posée est simple : qui s'intéressera à cet album ? Cette interrogation peut paraître quelque peu provocante, mais la sortie de ce disque chez un obscur petit label, ainsi que le long délai qui a permis sa distribution jusque chez nous, suscitent déjà l'étonnement lorsque l'on connaît le CV du leader de ce projet, Alan White, batteur de Yes en plus d'avoir joué avec d'innombrables artistes. Il faut dire que le précédent album du bonhomme, Ramshackled, était sorti il y a... trente ans ! En outre, contrairement à ses camarades de Yes, qui ont tous réalisé au moins un excellent album en solo (The Six Wives of Henry VIII, Fish Out of Water, Olias of Sunhillow, Turbulence...), le sien était tout sauf inoubliable. Et il en est malheureusement de même pour ce White, illustré par Roger Dean dans un style assez passéiste, d'ailleurs. White est en fait un groupe formé, en plus du batteur, de Geoff Downes aux claviers et de jeunes figures inconnues pour les autres instruments : Steve Boyce à la basse, Karl Haug aux guitares et Kevin Currie au chant.
Le style décliné à travers les dix morceaux est un rock-prog FM, assez proche de celui d'Asia (les refrains, dotés d'une certaine épaisseur vocale). Toutefois, on ne peut pas vraiment faire le rapprochement avec le premier album du super groupe, si ce n'est pour «Beyond the Sea of Lies», qui jouit d'une très bonne mélodie et d'un accompagnement musical de qualité. Pour le reste, on serait plutôt dans le voisinage du Asia période John Payne, le plus entraînant («New Day», «Give Up Giving Up», «Crazy Believer», «Loyal») ou le moins convaincant («Fate», «Dream Away», «Once and For All», «Waterhole»), à l'exception du plus long titre (sept minutes), «Mighty Love», qui n'est autre qu'un... reggae. Mais quasiment toutes les compositions souffrent d'une certaine dilution, de plus en plus apparente au fil des écoutes.
Reconnaissons toutefois un talent certain aux musiciens. Le bassiste et surtout le guitariste, qui assurent également les chœurs, ont une vraie présence, et les soli électriques se révèlent à plusieurs reprises assez fouillés (celui de «New Day» est un modèle du genre); les quelques passages acoustiques font également preuve d'un réel feeling (le final très sudiste de «Fate» et surtout la longue introduction de «Waterhole»). Quant à Geoff Downes, il se fend de plusieurs envolées de claviers, certes courtes, mais qui ne sont pas si fréquentes de la part du musicien (sur «Crazy Believer» ou «Once and For All»). En fait, celui qui déçoit le plus n'est autre qu'Alan White, avec un jeu sans surprise, une attitude qu'il a globalement adopté depuis plus d'un quart de siècle. Sans parler du chant de Kevin Currie, dont la voix éraillée ne possède pratiquement aucun charisme et finit même par déplaire sur la longueur. Même si l'album n'est pas foncièrement mauvais, il sonne globalement comme du déjà entendu, et on peut craindre qu'il ne touche que fort peu de personnes au-delà d'un éventuel succès d'estime.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°64 - Hiver 2006-2007)

