
PISTES :
1. Eleven (5:30)
2. Back Home (6:16)
3. Tungsten Blues (4:52)
4. Can You Hear Me ? (7:26)
5. Fingerprints (1:42)
6. Digital Sunrise (5:47)
7. Cold Light Of Day (3:19)
8. Falling (3:28)
9. Part V (3:56)
10. Coming Around (5:36)
11. Fingerprints (reprise) (6:22)
FORMATION :
Andrew Curtis
(guitares, chœurs, samples)
Cornel Ianculovici
(basse, chœurs)
Andrew Knott
(batterie, percussions, chœurs)
Nick Storr
(chant, claviers, guitares)
THE THIRD ENDING
"Third Ending"
Australie - 2006
Progrock Records - 54:19
Qui a dit que le prog ne constituait pas la plus belle des invitations au voyage ? The Third Ending est en effet un quatuor de jeunes musiciens originaires de Tasmanie, cette île du bout du monde située à l'extrémité sud-est de l'Australie ! Repérés par Progrock, ils livrent un premier opus particulièrement mûr et professionnel, doté d'un emballage pour le moins surprenant, avec un livret en plastique transparent et des jeux visuels sur les lettrages pas toujours aisés à déchiffrer : original à défaut d'être ravissant. Les styles mis à l'honneur tout au long des onze morceaux (les sept derniers étant enchaînés pour un total d'une trentaine de minutes) sont variés mais bien articulés, avec une production claire et une musique aux arrangements sobres.
La plus nette de ces inspirations est sans doute celle de Porcupine Tree (les derniers albums du groupe, surtout). Les riffs électriques bien appuyés et l'accompagnement au Mellotron créent une atmosphère typique, assez grave, survolée par la belle voix suave de Nick Storr (également claviériste), tout comme les divers titres à dominante acoustique, très délicats. Tous distillent des mélodies extrêmement plaisantes («Eleven», l'irrésistible «Can You Hear Me ?»), et la plupart seraient même susceptibles de trouver parfaitement leur place sur certaines ondes radio. On pense également parfois au Spock's Beard de Neal Morse («Falling» ou l'enthousiasmant «Fingerprints (Reprise)» et ses vocalises entraînantes, qui ne sont pas sans évoquer le final de Snow, avec une utilisation du piano assez caractéristique), mais également à Pink Floyd, avec des soli de guitare lyrique, envoûtants sans jamais être démonstratifs, et des ambiances planantes et apaisées («Back Home»).
L'instrumental par moments plus nerveux «Tungsten Blues» flirterait quant à lui davantage du côté de Dream Theater, mais avec une richesse qui le rend particulièrement accrocheur et plaisant. La guitare d'Andrew Curtis est d'ailleurs le seul instrument soliste, tandis que les prestations de Cornel Ianculovïcï à la basse et d'Andrew Knott à la batterie sont d'une grande finesse, sans jamais être ennuyeuses. La suite de trente minutes est évidemment un point fort du disque : sans être nécessairement son climax, du fait de petites baisses de régime (les moins inspirés et plus longuets «Cold Light of Day» et «Part V»), elle est une évidente démonstration du talent décontracté de The Third Ending, avec en prime, en toute fin de l'ensemble, un bref hommage au «Hey Jude» des Beatles. Le seul regret que l'on puisse avoir concerne des séquences instrumentales qui pourraient être plus substantielles. Assurément un album destiné à séduire le plus grand nombre, à la fois frais et bien affirmé, consensuel sans être trop léger.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)

