
PISTES :
1. Photosensitivity (4:13)
2. Caveat Emptor (1:33)
3. Selling Smoke (9:09)
4. Deep Child (6:15)
5. Even Poets Die (7:18)
6. Accidents (6:01)
7. Enjoy The Ride (5:31)
8. Anyone Can Be (6:45)
9. Brilliance (4:42)
FORMATION :
Shai Yallin
(claviers, piano acoustique)
Ofer Vishnia
(guitares, e-bow)
Shir Deutch
(chant, guitares)
Diego Olschansky
(basse)
Uri Goldberg
(batterie)
INVITÉS
Oran Ben-Avi
(saxophones [1,7])
Nella Cohen-Shani
(violoncelle [9])
Inbal Deutch
(chant [6,9])
SOLSTICE COIL
"A Prescription For Paper Cuts"
Israël - 2006
Autoprod. - 51:38
Venue d'Israël, Solstice Coil est une jeune formation qui s'inscrit en plein dans la lignée des groupes habiles à manier les genres, entre pop, rock et metal. Pensez Pain Of Salvation, Riverside ou Porcupine Tree, et vous aurez déjà une bonne idée de la musique pratiquée par ce talentueux quintette. Et pour un premier album, mûri pendant près de cinq ans, il faut bien reconnaître que A Prescription For Paper Cuts fait son petit bonhomme d'effet dès la première écoute. Le propos musical est dense, sombre, mélancolique, torturé ou (plus rarement) lumineux, et ne laisse jamais indifférent. Il faut ensuite du temps pour se laisser imprégner par ses ambiances souvent âpres et dures, accentuées par des lignes de chant qui rappellent beaucoup Daniel Gildenlow, un cran en-dessous tout de même (certains passages dans les aigus notamment sont à la limite de la justesse, et l'accent anglais est perfectible).
Toujours à l'image de Pain Of Salvation, la production fourmille d'éléments divers et variés (moins quand même mais on s'en approche) : bruitages en tous genres, invités aux saxophones, violoncelle et voix féminines, goût prononcé pour les changements d'atmosphères et de rythmes, arrangements denses et fouillés. Les neuf compositions (de 1:33 à 9:09) alternent fréquemment le chaud et le froid, même si ce dernier prend le plus souvent le dessus. Des passages puissants à la limite du metal côtoient ainsi des séquences pop déstructurées (Solstice Coil a été un groupe de reprises de Radiohead à ses débuts, et cela s'entend). Et on passe d'une montée de fièvre qu'apprécierait sûrement Riverside («Selling Smoke») à un titre comme «Accidents» qui irait très bien chez une formation obscure du label Black Widow (!), sans oublier de calmer le jeu avec «Brilliance», qui conclut en douceur l'album.
Peut-être un peu plus qu'une autre, la musique de Solstice Coil est le reflet de leurs origines, et de leur vie dans un pays toujours en situation de crise armée. On y perçoit une urgence et une fragilité non dissimulées, un mélange de sentiments forts et légers, ou comme si la gravité ne devait pas peser plus lourd au final que la légèreté de l'âme humaine. A Prescription For Paper Cuts est de ce fait une expérience musicale particulière à tenter...
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°62 - Été 2006)

