
PISTES :
1. Blame (12:10)
2. Children memory (10:15)
3. Mirror Of Insanity (14:47)
4. Cradle (2:46)
FORMATION :
Mathieu Lessard
(chant)
Simon Caron
(guitares)
Stephane Desbiens
(claviers)
Ian Coté
(basse)
Perry Angelillo
(batterie)
EXTRAITS AUDIO :
RED SAND
"Mirror Of Insanity"
Canada - 2004
Ipso Facto - 39:59
C'est peu de dire que certaines époques particulières dans la carrière de quelques groupes ont marqué de manière indélébile plusieurs générations de musiciens : le Genesis de Peter Gabriel, le King Crimson de 1973-1974... ou le Marillion du temps de Fish. A n'en pas douter, Simon Caron, le guitariste et compositeur de ce nouveau groupe Québécois s'est forgé une culture musicale en écoutant Script For A Jester's Tear, Misplaced Childhood, et surtout Fugazi, probablement matin, midi et soir.
Fort heureusement, le bonhomme a du talent, et même si les influences (assumées) sont incontournables et sautent aux oreilles toutes les trois secondes, l'album parvient à captiver d'un bout à l'autre (il faut dire qu'il est assez court). Il faut reconnaître que Simon Caron a un toucher de guitare lumineux, qui nous rappelle les plus belles envolées du grand Steve Rothery. Si on peut légitimement mettre en défaut la personnalité actuelle du guitariste Québécois, il a en tout cas parfaitement assimilé les qualités lyriques et émotionnelles de son maître anglais, et les a superbement retranscrites dans ses compositions.
Les musiciens qui l'entourent contribuent eux aussi à la réussite de l'album et méritent tous un coup de chapeau. Parmi eux, on découvre avec surprise Mathieu Lessard, le chanteur de Dagmähr (assez méconnaissable et bien meilleur ici qu'avec son groupe !) et Stéphane Desbiens, le claviériste de l'excellent groupe Sense (qui a également pris une grande part aux arrangements et a produit l'album).
Les quatre compositions (12, 10, 14 et 3 minutes) proposent donc un progressif dynamique et lyrique, très coloré «années 80», et jamais avare de contrastes appuyés (une partie rock suivie d'une accalmie au piano, bien typique de Marillion). De fait, on a assez souvent l'impression que les compositions sont artificiellement longues, et qu'elles sont en réalité une mise bout à bout de morceaux plus courts et indépendants les uns des autres. Mais ceci ne gâche en rien le plaisir, si ce n'est de révéler un «tic» de fabrication pour faire plus «progressif» peut-être ?
«Blame» et «Children Memory» doivent donc beaucoup à Marillion, surtout celui de Fugazi pour les ambiances un peu sombres et mystérieuses (voir le chant en intro de titre 2), tandis que «Mirror of Insanity» (le morceau) renvoie lui plutôt à tous ces groupes plus obscurs de la seconde moitié des années 80 qui se situaient dans le sillage des ténors (Multi Story, Third Quadrant, pour n'en citer que quelques-uns, tous disparus aujourd'hui). Enfin, l'album se conclut par «Cradle», une belle petite ballade acoustique pour finir en douceur.
Red Sand devrait donc faire vibrer la corde sensible chez un bon nombre de nostalgiques d'une époque déjà un peu lointaine. Quand l'élève suit le maître avec autant de talent, difficile de crier au loup ! Mais espérons que Simon Caron saura trouver les ressources pour proposer à l'avenir un univers musical plus personnel. Quand on mesure la qualité de ce Mirror of Insanity, tous les espoirs semblent permis.
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°54 - Juillet 2004)


