
PISTES :
1. Vansinnet (7:34)
2. Ta farväl (5:56)
3. Än Lyser Manen (Nadir I) (6:15)
4. Manvarv (Nadir I) (4:53)
5. En Mane Some Ler (Nadir III) (1:36)
6. Aldrig Tillbaks (6:20)
7. Herr Qophs Villfarelser (9:37)
8. Förförande Rädsla (13:55)
FORMATION :
Federico de Costa
(batterie, percussions)
Robin Kvist
(chant)
Filip Norman
(guitare)
Patrick Persson
(basse)
Jimmy Wahlsteen
(guitare, mandoline)
QOPH
"Kalejdoskopiska Aktiviteter"
Suède - 1999
Record Heaven - 56:06
À la première écoute, le premier album de cette jeune formation suédoise paraît avoir été enregistré en 1972 au plus tard. Pourtant, Qoph (nom un peu étrange qui s'inspire d'une carte du Tarot qui symbolise l'illusion, et du mot hébreu désignant le 'q' de notre alphabet) est bien un groupe actuel, formé en 1995 par le guitariste Filip Norman et le batteur Federic De Costa, rejoints ensuite par Robin Kvist au chant, Patrik Persson à la basse et Jimmy Wahlsteen à la guitare.
Comme vous pouvez le constater, pas de claviériste à l'horizon ! Il faut dire que la musique proposée par Qoph sur ces huit morceaux (de 1:36 à 13:55) s'apparente plus au 'heavy-rock', tel qu'il se pratiquait au début des années 70, qu'au rock progressif symphonique honoré par Genesis ou Yes. Filip Norman nous le confirme : «la musique de Qoph est construite à partir du blues et du rock'n'roll. Nous œuvrons dans une voie qui a été délaissée à partir du milieu des années 70, l'expérimentation musicale. Ce que nous faisons est simplement de mélanger différents styles, tant actuels qu'anciens, pour créer quelque chose qui nous ressemble !».
Effectivement, Qoph est avant tout un groupe de rock, teinté de velléités psychédéliques, et qui n'hésite pas à s'engager dans la voie difficile de l'improvisation. A mon goût, c'est ici que le groupe trouve actuellement ses limites. C'est assez flagrant sur les deux derniers titres (les plus longs), qui perdent progressivement de leur intérêt au fur et à mesure qu'on sent les musiciens livrés à eux-mêmes. A moins d'aimer cet esprit très 'fin des années 60' à la Grateful Dead, difficile de se passionner.
Par contre, tous les autres morceaux, mieux construits, sont décoiffants et enthousiasmants. A aucun moment l'absence de claviers ne se fait sentir, aidée en cela par la présence d'invités au violon et au saxophone. De plus, la maîtrise des musiciens ne fait aucun doute, et même le chant en suédois, un peu rebutant au départ, s'avère indispensable, grâce à la voix un peu rocailleuse et pleine d'énergie de Robin Kvist. Le morceau d'ouverture, «Vansinnet», est peut-être le plus représentatif du style Qoph, et le plus réussi : mélodique, touffu, contrasté. Essayez d'imaginer un croisement improbable entre le Kerrs Pink des débuts et November, le groupe suédois des années 70.
Dans son genre - assez rare aujourd'hui -, Qoph est une bien agréable surprise. En tout cas, un groupe atypique dans notre microcomse. Il est bon parfois de se laver les oreilles avec une musique directe et pas trop cérébrale. De ce point de vue, Qoph mérite votre confiance...
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°31 - Juillet 1999)

