BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

The Tale Of Woe pochette

PISTES :

1. Seasons (8:45)
2. Seven Gentle Spirits (14:17)
3. Harold Cain (4:16)
4. The Past Has Just Begun (16:41)
5. God's Angry Man (4:13)
6. On Second Thought (11:52)

FORMATION :

Sean Frazier

(chant)

Mike Grimes

(claviers)

Chris Mack

(batterie)

Chris Ogburn

(guitares)

Craig Polson

(basse)

EXTRAITS AUDIO :

PUPPET SHOW

"The Tale Of Woe"

États-Unis - 2007

Progrock Records - 60:07

 

 

Puppet Show n'est pas une formation débutante, mais son premier album, Traumatized, sorti en 1998, a largement eu le temps d'être oublié (voir la recension dans notre numéro 25 à retrouver dans vos archives !). Désormais signés chez Progrock, les cinq talentueux musiciens, Sean Frazier au chant, Mike Grimes aux claviers, Chris Ogburn à la guitare, Craig Polson à la basse et, nouveau venu, Matt Lipford à la batterie, proposent un second opus en forme d'album concept, au livret joliment illustré. Le tout est de surcroît mixé par Terry Brown en personne ! (voir la rétrospective sur Rush). Pourtant, The Tale of Woe n'a pratiquement rien à voir avec Rush. On navigue en effet dans les eaux d'un progressif classique pur jus, où les influences britanniques sont passées au filtre d'une musique et d'une percutante efficacité typiquement américaines. Symbole de cette harmonie, la voix de Sean Frazier, dont les intonations mêlent Peter Gabriel à Steve Walsh, en toute innocence, bien sûr !

Sur les six morceaux, pas moins de trois dépassent les dix minutes, et se révèlent être les plus riches. «Seasons», avec ses près de neuf minutes guère éloignées d'un Neal Morse, fait également partie de cette famille. «Harold Gain», pour sa part, est une chanson dynamique proche du grand Kansas, et «God's Angry Man» un instrumental aventureux qui voit les musiciens partir quelque peu en vrille, laissant libre cours à des inspirations plus jazzy ou proches d'ELP, pour un résultat qui contraste diablement avec le reste. La force de Puppet Show, en dehors d'une production claire et nette, repose dans un propos extrêmement efficace, très bien dosé entre passages apaisés et envolées plus fiévreuses, ce qui leur fait égaler les œuvres d'un Glass Hammer ou même d'un Cairo (la place centrale des claviers étant un point commun d'importance). L'énergie régulièrement déployée par la totalité des intervenants et les quelques touches d'humour ne sont pas non plus sans faire penser à leurs compatriotes de Spock's Beard.

Les seize minutes du bien nommé «The Past Has Just Begun» voient ainsi se succéder une entrée en matière instrumentale très symphonique, une chanson délicate à la mélodie doucereuse (on pense ici au Genesis du milieu des années 70), une longue séquence en forme de copieux soli de claviers à l'ancienne (Moog, Mellotron, tout y est !) et d'envolées de guitare singeant à merveille le son magique de Steve Hackett, avant le retour du chant, pour une conclusion non dénuée d'une certaine gravité. La patte mélodique et la brillance musicale produisent ainsi un ensemble enthousiasmant, dont on apprécie de plus en plus la saveur au fil des écoutes. Un groupe avec lequel il faudra assurément désormais compter, et que l'on espère revoir sur scène mais aussi en studio, si possible avant neuf années supplémentaires !

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)