BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

It Could Be Home pochette

PISTES :

1. As Tears Go By (03:32)
2. Hide (05:10)
3. Never Needing (04:10)
4. Broken Nights (06:15)
5. Foolish Waking (03:52)
6. Strange Gods (04:45)
7. Every Stranger?s Voice (04:15)
8. Climb (03:53)
9. The Good Man (05:02)
10. It Could Be Home (05:09)

FORMATION :

Brian Hulse

(guitares, claviers, programmation batterie, choeurs [10])

David K Jones

(basse)

Tim Bowness

(chant, choeurs)

INVITÉS

Jacob Holm-lupo
(choeurs [1], batterie programmée [2], claviers [6,7,9])

Michael Bearpark
(guitare [5,7])

Peter Chilvers
(claviers [3,5,7])

Steve Bingham
(violon [3])

PLENTY

"It Could Be Home"

Royaume-Uni - 2018

Karisma Records - 45:38

 

 

Plus de trente années après la formation de Plenty en 1986, voici enfin leur premier album, It Could Be Home ! Plenty, pour ceux qui s'en souviennent, c'est le groupe de Tim Bowness juste avant le No-Man qui l'a propulsé sur le devant de la scène internationale. Autant vous dire que ça fleure bon le soft-rock et les ambiances suaves dont notre Tim a le secret.

C'est en 2016 que Tim Bowness, accompagné des deux autres membres formateurs, Brian Hulse (guitare) et David K. Jones (basse), a repris le catalogue des chansons de Plenty pour les enregistrer avec force modifications et nouveaux arrangements. Entre electro-pop, ballades, ambient et pop progressive, It Could Be Home est un album élégant où les qualités d'écriture profitent de belles interprétations, de l'excellente production de Jacob Holm-Lupo (White Willow, The Opium Cartel) et du mastering de Steve Kitch (Pineapple Thief). Entre le poppy "The Good Man" (le seul nouveau morceau de l'album, mais quel titre !) et la brillante reprise délicieusement synth-pop du "As Tears Go By" de la paire Jagger/Richards rendu célèbre par Marianne Faithfull (ce seul titre vaut à lui seul l'écoute de tout l'album), il y a de quoi ravir les amateurs du genre et de la voix si particulière et délicate de Tim Bowness. Musicalement, faire sonner de telles chansons avec si peu de choses apparentes, cela tient toujours de l'exploit (essayez, vous verrez !). Car ici, il n'est pas lieu de forcer la démonstration, mais bien, a contrario, d'oeuvrer dans l'épure (écoutez les parties de guitares de Brian Hulse et de l'autre ancien guitariste de Plenty, Michael Bearpark, ou la simplicité d'un "Never Needing"). Bien entendu, la voix de Bowness ne plaît pas à tout le monde (on se demande comment, mais c'est ainsi...) et les programmations de batterie en agaceront certains (là encore, allez savoir pourquoi ?)... Pourtant, comment ne pas s'agiter doucement en écoutant le catchy "Hide" ou le très new wave "Broken Nights" ? Peut-on ne pas apprécier la dimension aérienne de compositions bownessiennes comme ce "Strange Gods" mélancolique ? Qui peut réaliser mieux que Plenty un titre du genre du très post-punk "Climb" ?

Sans doute plus varié que les albums de No-Man ou de Tim Bowness en solo, It could Be Home montre des facettes qui font le lien entre leur origine viscéralement ancrée dans le siècle précédent et leur actualité d'une modernité évidente. Ajoutez-y les présences discrètes mais efficaces du pianiste Peter Chilvers (Brian Eno) et du violoniste Steve Bingham (No-Man), et vous avez là réunis tous les ingrédients d'un disque qui, s'il ne révolutionnera rien, est bien plus qu'agréable à écouter, parcourir, réécouter même ! Comme un trésor demeuré enfoui et qu'il était plus que nécessaire de mettre au jour.

Henri VAUGRAND

(chronique parue dans Big Bang n°103 - Août 2018)