BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Someone Here Is Missing pochette

PISTES :

1. Nothing At Best (4:09)
2. Wake Up The Dead (4:24)
3. The State We're In (3:19)
4. Preparation For Meltdown (7:27)
5. Barely Breathing (3:44)
6. Show A Little Love (3:59)
7. Someone Here Is Missing (3:53)
8. 3000 Days (6:10)
9. So We Row (8:19)
10. Long Time Walking (4:48) (bonus)
11. Nothing At Best (Acoustic Version) (3:52) (bonus)

FORMATION :

Bruce Soord

(guitare, chant, programmations)

Jon Sykes

(basses électrique et acoustique, chœurs)

Steve Kitch

(claviers)

Keith Harrison

(batterie, chœurs)

EXTRAITS AUDIO :

THE PINEAPPLE THIEF

"Someone Here Is Missing"

Royaume-Uni - 2010

K-Scope - 45:30

 

 

Il y a un peu moins de deux ans, The Pineapple Thief accédait enfin à un semblant de reconnaissance mérité grâce à sa signature sur le label K-Scope et la sortie de Tightly Unwound. Album en forme de carte de visite pour un public amené à devenir forcément plus nombreux, ce dernier déclinait les multiples formes musicales qu'aiment à emprunter Bruce Soord et ses compagnons. Cette fois encore, ces prolifiques anglais démontrent qu'ils n'ont décidément pas les deux pieds dans le même sabot et s'ingénient à souffler le chaud et le froid tout au long des neuf compositions (onze pour l'édition limitée) plutôt ramassées (de 3:19 à 8:15) de Someone Here Is Missing.

Les choses démarrent très fort dès "Nothing At Best" dans la plus pure tradition du groupe à bâtir des titres énergiques mais néanmoins nuancés portés par des refrains imparables. La production est énorme (clarté et puissance sont bien au rendez-vous pour chacun des musiciens) et l'agencement des différentes séquences redoutable d'efficacité. En quatre minutes et des poussières, le groupe parvient à développer son univers pop/rock alambiqué toujours partagé entre Radiohead et Porcupine Tree, et ce n'est pas le plus technoïde "Wake Up The Dead" qui suit qui démentira cette première impression. Les effets sonores sont nombreux pour ménager la tension, qui monte, qui monte, avant d'exploser comme on peut l'espérer.

Assez logiquement tout de même, les morceaux les plus longs sont aussi les plus bons (c'est pour la rime !) tant le groupe y déploie encore plus nettement l'étendue de ses compétences : "Preparation For Meltdown" (qui évoque par moments le dernier album de The Gathering) au titre on ne peut plus évocateur tant la fusion des ambiances y est prononcée ;  "3000 Days" et sa puissante dynamique symphonique ; enfin "So We Row" au rythme linéaire inversement proportionnel à tous les thèmes et idées traversées en huit minutes : une belle prouesse de plus pour le quatuor !

Reste quelques respirations plus apaisées ("The State We're In" mâtiné de cordes, "Barely Breathing" dominé par la guitare acoustique et le piano) et les derniers soubresauts électro-rock ("Show A Little Love" qui n'est pas sans rappeler Pure Reason Revolution dans sa tournure récente, le morceau-titre) pour compléter un album finalement assez court pour la bande, mais sans temps mort ni remplissage superflu.

Avec sa jolie pochette due à Storm Thorgerson (faut-il rappeler qu'il fut l'illustrateur de tant d'albums de Pink Floyd entre autres...), Someone Here Is Missing ne dément pas le talent créatif apparemment inépuisable de Bruce Soord, et on restera donc toujours aussi impatient de découvrir ses prochaines oeuvres.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°76 - Juillet 2010)