BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Doomsday Afternoon pochette

PISTES :

Act One :
1. Micro Softdeathstar (11:17)
2. The Doctrine of Eternal Ice (Part One) (3:01)
3. Candybrain (4:06)
4. Crumble (2:55)
5. The Doctrine Of Eternal Ice (Part Two) (8:08)
Act Two :
6. Thank You For The Evil (9:18)
7. A Wasteland Of Memories (2:22)
8. Crumble (2:55)
9. Formaldehyde (8:17)
10. Microdeath Softstar (14:40)

FORMATION :

Phideaux Xavier

(piano, guitares, chant)

Rich Hutchins

(batterie)

Ariel Farber

(violon, chant)

Valerie Gracious

(piano, chant)

Mathew Kennedy

(basse)

Gabriel Moffat

(lap steel guitare)

Linda Ruttan Moldawsky

(chant)

Molly Ruttan

(chant)

Mark Sherkus

(claviers)

MUSICIENS ADDITIONNELS

Steve Daudin
(flûte [9])

Rob Martino
(flûte [3])

Johnny Unicorn
(orgue, Moog Voyager, chant [3,10])

Joel Weinstein
(solo de guitare [10])

SECTIONS ORCHESTRALES

Mark Baranov
Bing Wang
(violon)

Richard Elegino
Jerry Epstein
Dale Silverman
Elizabeth Wilson
(violon alto)

Stefanie Fife
Barry Gold
Jason Lippman
(violoncelle)

Dennis Trembly
(contrebasse)

Brian Drake
Bruce Hudson
(cor)

Boyde Hood
James Wilt
(trompette)

Chris Bleth
(flûte, hautbois, clarinette)

Paul Rudolph
(direction)

EXTRAITS AUDIO :

PHIDEAUX

"Doomsday Afternoon"

États-Unis - 2007

Bloodfish Music - 66:54

 

 

Bien que se voulant relativement exhaustif, et en essayant au mieux de cerner la personnalité du groupe, l’article que nous avions consacré à Phideaux il y a quelques mois (cf. Big Bang n°64) laissait encore planer quelques ombres. Tantôt purement rock, tantôt plus sophistiquée, la musique de cette jeune formation américaine restait en effet difficile à catégoriser, et c’est avec un luxe de précautions que nous avions justifié son lien avec le genre progressif. Pourtant, au fur et à mesure que sa discographie s’allonge, le véritable statut de Phideaux ne cesse de se clarifier, alors même que son talent éclate enfin au grand jour. Car une chose est sûre, Doomsday Afternoon, sixième album de Phideaux en l’espace de quatre ans, projette son auteur dans le peloton de tête des formations qui comptent, en même temps qu’il lève toute ambiguïté quand à son affiliation à notre genre de prédilection. Explications...

De son aveu même, Phideaux Xavier, leader et compositeur presque exclusif de la formation (mais aussi réalisateur pour la télévision américaine, ce qui explique peut-être son attachement pour les scénarios solides), n’aime guère les mélanges mal assortis, et préfère construire sagement ses albums avec des titres de durées et de natures similaires, plutôt que de risquer de les transformer en fourre-tout désordonnés. Ce souci d’équilibre engendre des œuvres très typées, chacune illustrant à sa façon une facette distincte de son géniteur, mais qui n’en dénotent pas moins une progression constante en terme de savoir-faire. C’est pourquoi il serait trompeur de voir en Doomsday Afternoon une rupture radicale avec le style concis caractérisant les albums précédent du groupe. A de nombreux de vue, cet opus ambitieux, annoncé par son auteur comme le plus progressif de sa discographie, dans la veine de son remarqué «Chupacabras», et même comparé au Thick As A Brick de qui vous savez (ne serais-ce que parce qu’il est constitué d’une longue suite, quand bien même le parallèle s’avère en grande partie forcé…), peut être considéré comme l’aboutissement d’une démarche initiée en 2003 avec Fiendish, enfin exprimée dans un cadre ouvert, à sa juste mesure.

Conscient de l’enjeu, Phideaux a d’ailleurs mis les petits plats dans les grands, en s’assurant un soutien instrumental aussi pléthorique que somptueux, à commencer par un ensemble classique de quinze musiciens issus de l’orchestre philharmonique de Los Angeles (dont le premier violon). Quand on sait à quel point ce genre d’association périlleuse peut se révéler écœurante ou artificielle, surtout quand on connaît le caractère souvent ‘terrien’ de la musique de Phideaux, c’est avec un réel soulagement, très vite transformé en ravissement, que l’on découvre le résultat. Force est de le constater, les sections orchestrales disséminées tout au long de l’album se fondent aux arrangements avec fluidité, sans jamais les étouffer, conférant aux compositions une pesanteur grave qui en accentue encore les aspects flegmatiques et ténébreux. Equilibre et bon goût sont indéniablement les maîtres mots de cette alchimie parfaitement maîtrisée, perceptibles à tous les stades de la réalisation, jusqu’à la production elle-même, d’une impeccable netteté !

On ne s’étonnera en outre guère, connaissant la volatilité et l’ouverture de la formation, de voir celle-ci accueillir au moins un nouveau membre, déjà bien connu au sein de la sphère progressive, en la personne de Mathew Kennedy (bassiste des excellents groupes Discipline et Eyestrings), tout en s’assurant le concours de nombreux invités, et parfois non des moindres. C’est ainsi que l’on peut découvrir, entre quelques beaux épanchements de flûtes, guitare ou orgue (l’énigmatique Johnny Unicorn, crédité aux claviers sur deux titres, semble avoir depuis intégré le groupe à temps plein), un sinueux solo de synthétiseur signé Martin Orford (sur «Formaldehyde»), fraîchement débarqué de IQ, ou encore quelques mots d’encouragement prononcés par Arjen Lucassen (Ayreon, Stream Of Passion…), dissimulés en principe sur le titre final, «Microdeath Sofstar» (bien que, pour être totalement franc, malgré de nombreuses écoutes attentives, votre serviteur ne soit pas encore parvenu à les localiser...). On notera également, parmi les contributions les plus conséquentes, celles de Matthew Parmenter (Discipline), présent dans les chœurs, et émaillant plusieurs titres de quelques noirs gémissements de violon. Dans l’entretien qu’il nous avait accordé l’année dernière, Phideaux Xavier ne cachait d’ailleurs pas son admiration pour cette figure décidément trop rare de la scène progressive américaine, et même si sa musique ne saurait être comparée directement à celle de Discipline, ou même aux titres solos de Matthew Parmenter, on ne peut s’empêcher de ressentir à son écoute ce même envoûtement ténébreux.

Car, vous l’avez compris, Doomsday Afternoon, deuxième volet, après The Great Leap paru l’an passé, d’une trilogie consacrée aux lendemains qui déchantent, axé cette fois sur les catastrophes écologiques qui nous guettent, ne se caractérise pas par une ambiance des plus guillerette. C’est d’ailleurs une nouvelle fois sur le travail des atmosphères, à la fois mélancoliques et oppressantes, que le talent de Phideaux explose. Sa prédilection pour une musique simple, dotée de lignes mélodiques - en particulier vocales - relativement linéaires, souvent même répétitives, n’est certes pas remise en cause (du pur Phideaux, seront tentés de penser ceux qui connaissent déjà ses albums précédents !), mais le contexte ultra-classieux dans lequel elle s’exprime, allié à la pulsation lente et hypnotique qui s’en dégage, n’est pas sans rappeler l’efficacité d’un Pink Floyd ou d’un Porcupine Tree pour tisser des climats denses à partir d’un matériel pourtant rudimentaire. On y retrouve également cette sonorité ‘organique’ profonde (claviers analogiques, basse soyeuse, prédominance d’instruments acoustiques), magnifiée par les soupirs langoureux des cordes et des cuivres, conférant une aura chaleureuse à un propos musical nettement plus distant, voire glacial.

Sensuel donc, mais d’une façon presque intériorisée, l’album sombre peu à peu dans une noire fantasmagorie, grave et envoûtante, mêlant arrangements classisants et rock planant, comme si Renaissance (plus qu’évoqué sur la deuxième partie de «Crumble», magnifié par la voix d’or de Valerie Gracious) s’était marié au meilleur Steven Wilson. Quant à sa construction, irréprochable, celle-ci prouve que l’intelligence et le discernement dont Phideaux fait déjà preuve sur ses titres courts ou de durée moyenne («Chupacabras» en tête), est aussi transposable au grand format, même s’il semble difficile de ne voir en Doomsday Afternoon qu’un seul et unique morceau, ni même, comme cela a été annoncé peut-être opportunément, deux pièces distinctes et parfaitement cohérentes. Composé de sections relativement indépendantes (dix morceaux dont la durée varie de 2:55 à 14:39 mn), mais enchaînées les unes aux autres, Doomsday Afternoon ressemble en effet plus à un jeu de miroirs, un enchevêtrement habile de leitmotivs et d’autocitations, dans lequel chaque morceau, scindé en deux ou rapporté par petits segments, semble rencontrer à un moment ou à un autre son image inversée. Comble d’ingéniosité, Phideaux se permet même de conclure l’album sur la reprise d’un des plus beaux thème de The Great Leap («You And Me Against A World Of Pain»), belle ellipse soulignant l’unité de son concept, plutôt que des titres en eux-mêmes.

Quand inspiration et savoir-faire se conjuguent à un tel niveau, on est sans doute pas loin de frôler le chef d’œuvre (avec tout ce que ce terme peut avoir de galvaudé, sachant que seul le recul permettra de donner sa juste place à ce qui apparaît aujourd’hui comme un sans faute !). C’est en tout cas presque naturellement que cet ensorcelant Doomsday Afternoon, opus limpide et consensuel au sens noble du terme, s’impose comme le sommet, au moins temporaire, de l’œuvre courte mais dense de Phideaux, et l’on peut même parier que celui-ci crée enfin un véritable déclic auprès du public progressif. Plus qu’une confirmation, cet album porte bel et bien en lui les germes d’une consécration. Bien joué !

Olivier CRUCHAUDET

Entretien avec PHIDEAUX Xavier :

Phideaux Xavier

Doomsday Afternoon est un album à l’atmosphére plus lourde, plus entêtante que celle de tes deux précédents CD. C’est sans doute aussi un album moins immédiat, qui ne se révéle pleinement qu’au fil des écoutes. Représente-t-il pour toi un aboutissement, ou est-ce un simple épisode de parcours avant de passer à autre chose ?

Cet album est celui dont j'ai rêvé toute ma vie. Les disques qui ont bercé mon enfance étaient généralement de longues œuvres conceptuelles à rebondissements... J'ai découvert peu à peu que ceux que je trouvais déroutants de prime abord révélaient parfois, avec le temps, un charme plus profond que ceux que j'avais aimés dés la premiére écoute. J'ai aussi commencé à apprécier le côté "voyage intérieur" de ces disques que vous écoutez au casque et qui vous transportent dans une autre dimension... C'est le genre d'expérience que je voulais faire partager aux auditeurs de Doomsday Afternoon.

Doomsday Afternoon se voit agrémenté de plusieurs sections orchestrales, interprétées par des membres de l’Orchestre Philarmonique de Los Angeles, et à mon sens remarquablement bien intégrées à tes compositions. Comment s’est passée cette collaboration, et quelle regard portent ces musiciens sur ta musique ?

Tous ont été trés gentils et enthousiastes ! Paul Rudolph, qui a écrit les arrangements orchestraux, avait déjà travaillé de nombreuses fois avec eux. Hormis deux musiciens que nous avions recrutés nous mêmes, tous les autres avaient été choisis par Paul. Pendant la conception de l'album, Gabe Moffat, le producteur, et moi-même avons pensé qu'il pourrait être bénéfique de travailler avec un orchestre plus important. Nous avions déjà utilisé le violoncelle, le violon et divers instruments à vents sur certains de nos albums, mais jamais un ensemble de cette dimension. La musique avait clairement une dimension "épique", alors nous avons décidé d'en rajouter une couche supplémentaire ! Ceci dit, nous avons quand même veillé à ce que les parties orchestrales s'intégrent bien à l'ensemble qui devait rester un album de rock, et nous avons finalement renoncé à certaines séquences.

La formation qui t’entoure est décidément trés ouverte et en constant changement. On note en particulier l’intégration de Mathew Kennedy à la basse, membre également des fameux groupes Discipline et Eyestrings. Pour ne rien gâcher, Matthew Parmenter (Discipline) lui-même, pour lequel tu avouait ton admiration dans l’entretien que nous avions eu l’année dernière, vient te prêter main forte au violon et au chant sur quelques titres. Comment ces rencontres ont-elles eu lieu ? Quels rapports entretiens-tu avec Matthew Parmenter (qui, en aparté, se fait décidément trop rare…) ?

Je parlerai d'abord de Mathew Kennedy. Pour commencer, c'est vraiment un type formidable, mais c'est aussi un bassiste talentueux et intuitif. On a d'abord correspondu via MySpace, et j'ai fini par l'inviter à jouer de la basse sur l'album. Quand il s'est pointé au studio, il connaissait déjà les morceaux mieux que nous ! Je lui avais envoyé une démo assez basique, avec seulement piano, batterie et chant. Si je me souviens bien, Mat m'avait contacté parce que Matthew Parmenter lui avait fait écouter un de mes disques pendant un voyage en voiture. Matthew, lui, me connaissait parce qu'à l'époque où je travaillais sur mon premier album, Fiendish, je l'avais sollicité pour le produire. Il a refusé catégoriquement (!), mais m'a beaucoup encouragé. J'ai compris son refus, car moi aussi je trouverais difficile de produire un autre artiste. ça demande un investissement émotionnel énorme, qui peut s'avérer épuisant, et c'est autant de temps et d'énergie que vous ne consacrez pas à vos propres projets... Enfin, quoi qu'il en soit, depuis j'ai envoyé à Matthew tous mes albums, nous sommes restés en contact, même si je ne l'ai jamais rencontré en vrai ! Mais aprés avoir travaillé avec Mathew Kennedy sur Doomsday..., je me suis demandé s'il serait éventuellement partant pour contribuer lui aussi à l'album. J'avais besoin d'un regard extérieur, et si possible d'idées inattendues. Je n'ai pas été déçu ! La participation de Matthew a été un plus considérable.

D’autres musiciens que tu ne te cache pas d’apprécier sont également invités sur l’album, notamment Martin Orford qui se fend d’un joli solo de synthétiseur, ou encore Arjen A. Lucassen (Ayreon…), le temps d’une courte narration. Que représentent pour toi ces participations prestigieuses, en dehors du simple effet d’affiche ?

J'ai toujours trouvé les solos de Martin Orford trés musicaux et aboutis. Il utilise des sons originaux et sait toujours trouver des mélodies mémorables. Il ne se contente pas des habituels arpéges et gammes qui m'ennuient à mourir. Au départ, je lui ai demandé de jouer sur "Chupacabras", mais on n'est pas arrivés à un résultat satisfaisant. Quand j'ai décidé d'avoir recours à des invités pour cet album, c'est l'un des premiers musiciens auxquels j'aie pensé.

Dans le cas d'Arjen, sa participation est finalement assez anecdotique, mais au départ je voulais lui faire jouer un tas de choses. S'il avait fait tout ce que je voulais, le résultat aurait été à moitié un album d'Ayreon ! Au moment de l'enregistrement, il traversait une période un peu confuse, entre le déménagement de son studio et le contrecoup de la tournée de Stream Of Passion. Ce n'était pas le bon moment. Et puis je lui avais demandé trop de choses. Finalement, quand j'ai eu besoin de ce petit monologue, je l'ai contacté, je lui ai envoyé le texte, et deux heures plus tard il m'envoyait le résultat par mail !

L'intérêt de faire appel à des invités est double. D'une part, ça attire l'attention de leurs fans sur votre propre travail, et d'autre part, ça vous permet de bénéficier d'un regard extérieur sur votre musique. Leurs idées seront forcément différentes de celles que vous auriez vous-même, et ça c'est trés intéressant.

Doomsday Afternoon est un album assez sombre, deuxiéme volet aprés The Great Leap d’une trilogie traitant d’un avenir dystopique et effrayant. The Great Leap décrivait essentiellement les rouages d’une société dictatoriale et ses conséquences sur la vie de ses ressortissants, tandis que Doomsday Afternoon semble dépeindre un naufrage écologique catastrophique. Quel sera donc le théme du troisiéme volet, et à quoi pouvons nous nous attendre en terme de musique ?

A l'heure actuelle, Phideaux est constitué de dix musiciens : c'est la configuration que nous utilisons en concert. Et c'est elle qui enregistrera, sans aucun renfort extérieur cette fois, le prochain album. Avec autant de musiciens, nous ne devrions avoir aucun probléme à faire quelque-chose d'intéressant ! Stylistiquement parlant, il devrait y avoir un mélange de chansons plus directes et de trucs sans queue ni tête... Le final sera une chanson intitulée "Let Us Be Faithful" ("gardons la foi")... Le titre de travail de l'album est "Infernal", et nous espérons qu'il conclura ce triptyque sur une note plus optimiste !

Puisque tu abordes ce sujet, le monde dépeint dans tes deux derniers albums ressemble à une caricature du nôtre. Est-ce une façon de dénoncer les dérives bien réelles de notre société ? Si tel est le cas, pourquoi ne pas t’engager pour des causes concrétes et actuelles, plutôt que de transposer cette indignation dans un univers imaginaire et finalement assez lointain ?

En effet, j'utilise mon travail pour dénoncer les excés de notre société. ça me semble important de le faire. Il me semble indispensable de poser certaines questions, même si mon regard est parfois plus mystique que terre-à-terre. Je suis curieux des mondes qui peuvent exister parallélement au nôtre. La science et les mathématiques me fascinent. Combien de dimensions compte notre univers ? Mais j'ai aussi des préoccupations plus concrétes. Quand j'observe le monde qui m'entoure et que je vois une dictature où les gens se conduisent comme des robots lobomisés, gavés de sucre et accros à leurs consoles de jeu, les chansons qui me viennent sont forcément un peu agressives ! Mais je suis plus un observateur qu'un agitateur. Et je suis conscient de ma position privilégiée d'occidental, et de la part d'hypocrisie qu'il peut y avoir ce que je dis, mais je suis convaincu que nous pouvons tous faire des sacrifices et renoncer à un peu de notre confort pour le bénéfice de la collectivité.

Ton groupe ne s’est encore produit que rarement sur scéne, et pourtant la France a eu l’honneur de votre visite à l’occasion du festival Crescendo le 16 août dernier. Comment es-tu rentré en relation avec les organisateurs de cette manifestation ? Et surtout, quel impression gardes-tu de cette expérience ?

C'est Sébastien Monteaud, l'organisateur du festival, qui m'a contacté lui-même. Jusque-là je n'avais même pas envisagé de faire des concerts, car nous n'habitons pas tous au même endroit. Mais nous avions pris tant de plaisir à enregistrer Doomsday Afternoon que l'idée de jouer cette musique sur scéne nous stimulait tous. Nous avons donc convenu de débuter une nouvelle phase de notre travail. Nous avions tous fait de la scéne dans différentes combinaisons, mais jamais dans cette configuration-là. Notre concert au festival Crescendo a été trés positive dans l'ensemble, à l'exception de la météo ! Mais le public, lui, a été formidable : il était vraiment réceptif, et ça nous a poussés à donner le meilleur de nous-mêmes... Nous sommes déjà impatients de revenir !!

Un petit mot, pour finir, sur le remarquable travail d’illustration réalisé par Molly Ruttan. Que représente donc cet étrange loup cornu à la langue bifide ? Moins sérieusement, tu ne trouve pas qu’il te ressemble un peu (entretien réalisé un soir de pleine lune…) ?

Bien sûr qu'il me ressemble ! C'est la façon dont Molly se venge de toutes les miséres que je lui fais subir... Plus sérieusement, elle a commencé à collaborer avec nous pour The Great Leap, et dés lors il était exclu qu'elle n'illustre pas aussi Doomsday.... Bizarrement, Molly avait complétement arrêté la peinture pendant des années, et ne dessinait plus qu'avec des crayons de couleur. Elle a d'abord hésité quand je lui ai demandé d'utiliser de la peinture... Puis elle y a repris goût... Je trouve son travail extrêmement vivant, et il me touche beaucoup. Ce qu'elle a fait sur Doomsday... est encore meilleur que sur Leap. Nous réfléchissons déjà aux illustrations de Infernal. Pour ce qui est de la symbolique, l'album comporte beaucoup de références bibliques, d'archétypes... et le loup symbolise évidemment Lucifer, l'ange déchu... Qui prend parfois les apparences les plus inattendus... Mao Tsé Toung... Et pourquoi pas le Président des États-Unis ?...

Un dernier mot ?

Merci d'avoir écouté cet album avec autant d'attention, et je vous promets que le prochain sera un peu moins sombre... En tout cas je l'espére !!!

(chronique et entretien parus dans Big Bang n°67 - Automne 2007)