BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Solo Fue Un Sueno pochette

PISTES :

1. Sólo Fue un Sueño (3:05)
2. Ya estamos Aquí (5:05)
3. Noche en Malandar (7:00)
4. Telescopio de Papel (5:51)
5. El Tren de Rota (10:32)
6. Un Columpio Sobre el Mar (9:00)
7. Espíritu Libre (6:45)
8. Salto al Abismo (2:37)

FORMATION :

Michael Starry

(guitare, guitare synthétiseur)

Juan Ríos

(guitare rythmique)

Jesús Cabral

(basse)

Pepe Torres

(saxophones, flûtes)

Alberto Märquez

(claviers)

Ismael Colón

(batterie, percussions)

EXTRAITS AUDIO :

OMNI

"Sólo Fue Un Sueño"

Espagne - 2007

Autoprod. - 49:59

 

 

Avec trois albums en dix-huit années d'existence, on ne peut pas dire que ce groupe du sud de l'Espagne accapare notre attention, et on aurait plutôt tendance à oublier son existence entre deux parutions (la précédente, El Vals de los Duendes, remonte à 2001). Il faut dire que la musique de cette formation est un peu hors de notre temps, avec un petit goût suranné assez typique de sa période de naissance, à savoir la fin des années 80. A cette époque où le progressif redevenait moribond après la renaissance néo, époque de misère pour bien des groupes et des amateurs de musique, quelques-uns choisissaient contre vents et marées de poursuivre l'aventure. Comme s'il n'avait jamais quitté cette époque, Omni offre donc une musique d'essence symphonique, quelque part entre Camel pour la guitare lumineuse et le Marillion des débuts pour les claviers (Moog virevoltant en tête !).

Sur ce nouvel album (huit morceaux instrumentaux de 2:37 à 10:32), la coloration jazz-rock perceptible sur les œuvres précédentes a perdu de son importance, le saxophone étant rare au profit d'une présence assez importante de la flûte. Avec ses thèmes empreints d'une grande joliesse, comme descriptifs d'un monde pur et innocent où toute violence serait bannie, on pense, plus encore qu'aux références pré-citées, au groupe allemand Rousseau époque Retreat ou Square the Circle. Difficile de ne pas succomber à l'écoute du splendide «Noche en Malandar» avec son thème de guitare tout droit inspiré du grand Andy Latimer ou du plus contrasté «El Tren de Rota» au thème de basse chaloupé en diable. Le groupe évoque également ses racines andalouses et d'autres plus anglo-saxonnes (le leader de la formation, Michael Starry est né aux USA mais a beaucoup vécu en Angleterre puis en Allemagne avant de s'installer en Espagne). Il y a donc plusieurs passages brassant la culture hispanique et celtique pour un résultat toujours réussi («Un Columpio Sobre el Mar» et «Espiritu Libre»).

Evidemment, la musique n'a au fond rien de très original : les claviers en particulier développent des sons typiquement années 80 et suivent des thèmes usés jusqu'à la corde; la batterie imprime des rythmes le plus souvent basiques. La complexité ou la recherche innovante de sonorités ne sont pas de mise ici. Rien ne vient brusquer l'auditeur, ni lui demander une réflexion profonde pour déterminer si oui ou non cette musique lui sied. Certains seront touchés par sa beauté et son accessibilité immédiate, tandis que d'autres resteront de marbre, estimant n'avoir plus de temps à perdre avec ce genre de musique passéiste. Selon votre attirance ou plutôt votre nostalgie pour une époque déjà lointaine, vous laisserez donc une chance à ce groupe évocateur d'un autre temps.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°68 - Hiver 2007-2008)