BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Cuentos pochette

PISTES :

1. Pachamama (El Espíritu De La Tierra) (5:17)
2. Muro De Cristal (9:41)
- Maldita Esperanza
3. Mi Mundo Al Revés (7:23)
4. Sin Horizonte (9:58)
5. Desde El Silencio (9:11)
6. Mundo De Locos (12:15)
- Todo Por Hacer
- El Camino De Piedra
- Los Caminos del Aire
- La Danza De Los Locos

FORMATION :

Javier Nieto

(guitares, chant)

Víctor Pérez

(claviers)

Dino Martín

(basse, guitare [6])

Antolín Olea

(batterie, percussions et effets [1,2])

EXTRAITS AUDIO :

NEVERNESS

"Cuentos De Los Otros Mundos Posibles"

Espagne - 2007

Muséa - 53:54

 

 

Originaire de la région de Valladolid en Espagne, cette formation jusqu'alors inconnue chez nous est une nouvelle preuve de la vitalité de la scène progressive. Mais c'est aussi la preuve que beaucoup de choses nous échappent encore, puisque la création du groupe remonte à 1998 et qu'il a déjà publié un premier album en 2002, Horizonte De Sucesos. Comme il n'est jamais trop tard pour bien faire, occupons nous sans tarder de ce deuxième opus. Mené par le guitariste-compositeur (et un peu chanteur) Javier Nieto, Neverness se réclame des ténors du progressif des années 70 mais aussi de la mouvance rock plus moderne représentée par Porcupine Tree par exemple. Eh bien une fois n'est pas coutume, ces influences se révèlent presque exactes, et la musique de Neverness marie effectivement des plans foncièrement passéistes comme on les aime (avec claviers et grosse guitare aux sons vintage) et d'autres plus ancrés dans le rock actuel, mais qui rappellent plus un groupe comme Monkey3 que la bande à Steven Wilson.

L'atout-maître du groupe est évidemment la guitare, et force est de reconnaître que Javier Nieto est un instrumentiste de grand talent qui sait aussi composer là un riff bien senti, ici un solo des plus percutants. On n'en dira pas autant de la place qu'il laisse aux claviers (tenus par Victor Perez), car pour un «Sin Horizonte» assez bien équilibré, la plupart des autres morceaux (six au total, de 5:00 à 12:15) penchent trop nettement en faveur du premier. Dommage de se limiter à un rôle de faire-valoir quand visiblement les possibilités des uns et des autres sont à égalité.

En fait, l'impression globale donnée par Cuentos De Otros Mundos Posibles est plutôt positive, mais on ne peut s'empêcher de relever plusieurs points qui auraient pu le hisser encore plus haut dans nos faveurs. Le chant par exemple est trop peu présent pour vraiment convaincre, même s'il est correct et en espagnol : il aurait donc fallu opter pour une suppression totale (deux morceaux sont totalement instrumentaux) ou au contraire lui donner une présence et une personnalité bien plus affirmée. De même les introductions (les deux premiers morceaux en pâtissent bougrement) et autres passages quasi-bruitistes qui n'apportent rien si ce n'est montrer une facette d'improvisation que le groupe a expérimentée à partir de 2003, sans grand résultat à mon humble avis à ce stade. N'est pas The Mars Volta qui veut pour se permettre de donner du sens à ce genre de passages !

Heureusement, lorsque le groupe se lâche de manière vraiment rock (à la limite du heavy-rock du début des années 70) et qu'il se met à jouer comme un groupe bien soudé (le cœur de «Pachamama», l'essentiel de «Muro De Cristal» et «Desde El Silencio»), on se dit qu'on tient là une formation en devenir, qui n'a sans doute pas encore dévoilé toutes ses capacités. Parmi les nombreux groupes actuels qui tentent de faire du neuf avec du vieux, Neverness tire déjà son épingle du jeu. Il ne lui reste plus qu'à peaufiner certains détails pour réussir à nous convaincre totalement sur la durée d'un album. C'est tout le bien qu'on lui souhaite.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°67 - Automne 2007)