BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

The Tunring Point pochette

PISTES :

1. Can An Angel Bring Me Back From Death To Life (Pt.1) (4:32)
2. The Turning Point (7:33)
3. Can An Angel Bring Me Back From Death To Life (Pt.2) (8:01)
4. What Do I Do Now (8:58)
5. Hold The Time (4:36)
6. Zahra (8:27)
7. Nobody's No One (8:44)
8. Now It's Clear (0:56)

FORMATION :

Jean-Pierre Schenk

(chant)

Gabrielle Maeder

(claviers)

Olivier Guenat

(guitares)

Thierry Guillod

(basse)

Alain Widmer

(batterie)

METAMORPHOSIS

"The Turning Point"

Suisse - 2016

Autoprod. - 51:52

 

 

Metamorphosis est un projet créé par le musicien suisse Jean-Pierre Schenk à l'aube des années 2000, et dont Big Bang a rendu compte des différentes réalisations, de l'album éponyme en 2003 à Dark en 2009 (voir nos numéros 50, 53, 59 et 73, ou notre site). Pour cette cinquième réalisation studio, et contrairement aux précédentes, c'est un vrai groupe qui entoure Jean-Pierre Schenk, comprenant Olivier Guenat aux guitares (il est également en charge de la production et de l'enregistrement), Gabrielle Maeder aux claviers, Alain Widmer à la batterie et Thierry Guillod à la basse.  

La dominante est ici clairement sombre et crépusculaire, avec une ouverture évoquant The Road Of Bones d'IQ. Les riffs de guitare sont tranchants et lancinants, les claviers planants, même si on demeure globalement dans un registre apparenté au néo-prog, ce dès la très bonne entame instrumentale, "Can An Angel Bring Me Back From Death To Life (Part 1)", où la six cordes fait la démonstration de sa virtuosité et surtout de sa sensibilité; les soli d'Olivier Guenat sont en effet un des incontestables points forts de The Turning Point. La seconde partie de la composition sus-citée se ressent toutefois nettement plus d'une proximité affirmée avec Pink Floyd, celui de la seconde moitié des années 1970 surtout, menée par les univers torturés de Roger Waters, ainsi qu'avec Porcupine Tree. Le chant de Jean-Pierre Schenk, qui apparaît avec le second titre, éponyme, est à la fois fragile et éthéré, m'évoque en partie celui du leader de Cross, Hansi Cross (la production de The Turning Point s'en rapproche également). Jamais pris en défaut, et sachant tirer profit de ses limites, il porte avec efficacité des mélodies plaisantes, celle du morceau éponyme, donc (avec un petit goût de Deep Purple dans son climax), ou celle de "Nobody's No One". Il est toutefois difficile d'extraire un titre plutôt qu'un autre, l'ensemble de The Turning Point se révélant particulièrement homogène.  

La majorité des compositions sont plutôt longues (autour de huit minutes), et les séquences instrumentales, très posées, développent une magie aérienne traversée d'éclairs de guitare électrique (magnifiques moments sur "Zahra", entre autres). Celle de "What Do I Do Now" laisse davantage s'exprimer la poudre, sans pour autant basculer dans le métal à proprement parler. On peut juste regretter que de temps en temps, les claviers ne se permettent pas eux aussi quelques envolées solistes. Sans esbroufe, mais avec beaucoup d'application et d'inspiration, Metamorphosis signe un album attachant, axé sur les atmosphères et les mélodies, capable de plaire à une large partie du public prog (et au-delà ?). 

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°98 - Mars 2017)