BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

The Gathering pochette

PISTES :

1. Intro [Opus 3] (0:53)
2. King Of The Skies (4:36)
3. Gluttony (11:24)
4. Demons (4:34)
5. Broken (4:11)
6. Children Of The Sun (20:24)
7. Overture (5:34)
8. Genetesis (11:07)
9. Call Me (5:04)
10. I'm Alive (5:40)
11. The White Witch (23:36)
12. Pride (11:29)
Bonus :
1. Arrivée du public (2:58)
2. Commentaires du public (4:18)
3. Entretien avec Rob Reed (5:16)
4. Entretien Christina (2:53)
5. En studio avec Rob Reed (2:12)
6. Vidéo promo pour Broken (4:12)
7. Galerie photo (5:02)

FORMATION :

Christina

(chant, percussions)

Matthew Cohen

(basse)

Chris Fry

(guitare, chant)

Allan Mason-Jones

(batterie)

Rob Reed

(claviers, chant)

Martin Rosser

(guitare, guitare synthétiseur, chant)

MAGENTA

"The Gathering" (DVD)

Royaume-Uni - 2005

F2 Records - 109mn

 

 

En attendant un troisième album studio (annoncé depuis un bon bout de temps, et plusieurs fois retardé), Magenta nous propose de partir à sa découverte sur scène, dans le cadre d'un concert enregistré le 14 mai 2005 dans le sud du pays de Galles. Au programme, un concert d'un peu moins de deux heures, filmé par six caméras, dans une salle de taille moyenne, et devant un public conquis mais plutôt calme et attentif. Côté technique, l'image est d'excellente qualité et la réalisation plutôt bien menée, alternant plans serrés, plans moyens et plans larges suivant des séquences assez longues pour ne pas avoir les yeux qui piquent au bout de dix minutes. Le son est proposé en stéréo Dolby Digital ou en mixage 5.1, et il n'y a comme souvent, pas de sous-titres pendant les bonus. On relèvera aussi que le menu du DVD est proposé sur une page d'écran avec des images mais surtout des textes bien trop petits pour être visualisés confortablement. Armez-vous d'une loupe pour choisir ce que vous voulez voir...

Le concert en lui-même propose onze titres et offre deux visages distincts du groupe. D'une part les titres longs (trois du premier opus, Revolutions, et deux du deuxième, Seven), progressifs et symphoniques, faisant la part belle à de longs passages instrumentaux, et d'autre part les titres plus courts, plus rock, et pour la plupart parus en «single». On notera également la présence d'un morceau qui devrait se retrouver sur le prochain CD. Le groupe évolue à cinq musiciens (avec son leader Rob Reed aux claviers, une section rythmique et deux guitaristes dont on se demande si la paire est bien nécessaire) et bien sur la chanteuse Christina. Les musiciens semblent à l'aise (avec un guitariste soliste souvent très lyrique) et la présence de la chanteuse est un atout visuel indéniable, d'autant que sa voix est parfaite pendant tout le concert. Les morceaux sont parfois retravaillés, dans des versions plus ou moins raccourcies par rapport aux versions studio, mais globalement la musique demeure assez fidèle à ce qu'on peut entendre sur disque. Il y a quelques bons moments de folie instrumentale, mais aussi des passages un peu creux, à la limite de l'ennui. Heureusement, l'alternance de morceaux épiques et de titres plus directs rend le spectacle globalement captivant et séduisant. Néanmoins, pour sympathique et honorable qu'il soit, il faut bien reconnaître que le groupe n'offre pas une performance ni ne possède un registre musical époustouflants. Vous voilà prévenus.

Côté bonus, c'est là aussi plutôt positif. Le groupe a opté pour plusieurs petits modules au lieu de chercher à remplir inutilement un programme vite rendu indigeste. On trouve donc une amusante vue en plan fixe sur l'entrée des spectateurs dans la salle (certains surpris d'être filmés, d'autre passant sans rien remarquer), ainsi que quelques commentaires à l'issue du concert (tous positifs bien sur). Il y a un petit reportage avec Rob Reed en studio, qui explique brièvement son travail de mise en place d'un morceau. Egalement une interview de celui-ci (on y apprend par exemple que c'est Tubular Bells de Mike Oldfield qui l'a incité à faire de la musique, enthousiasmé qu'il était d'imaginer qu'un musicien seul puisse créer un univers aussi riche et varié) et une autre de Christina (celle-ci est plus facile à comprendre que Rob Reed - vous y découvrirez qu'elle a fait ses premiers pas dans un groupe punk avec sa sœur).

Un clip du titre «Broken», constitué d'images de concerts, et une galerie photo (du ROSFest 2005) présentée en plein écran (c'est assez rare pour le signaler) et en continu (bonne idée, pas besoin de toucher à la télécommande) complètent le programme. Tous ces modules ayant une durée inférieure à cinq minutes, ils se regardent très agréablement.

Voici donc un DVD de très bonne qualité, qui arrive sans doute un peu vite dans la carrière du groupe, mais il faut croire que le marché pour ce genre d'objet a une raison d'être. Pour les amateurs du groupe, joindre l'image à la musique augmentera sans doute le plaisir.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)