BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Genius Episode 2 pochette

PISTES :

1. He Will Die (9:26)
2. Playing In Their Dreams (6:56)
3. You Won't Escape (5:18)
4. Valley (5:51)
5. Beware (5:51)
6. My Dear Son (8:22)
7. What He Has To Say (7:02)
8. All My Fault (10:39)
9. To Be Free (4:49)
10. Fight Again (5:37)
11. Far Away From Here (9:58)

FORMATION :

Daniele Liverani

(guitares, basse, claviers)

Dario Ciccioni

(batterie, percussions)

CHANTEURS :

Genius :
Mark Boals

Dream League commander :
Russel Allen

Twinspirit n.32 :
Daniel Gildenlöw

Jason :
Edu Falaschi

Seventree :
Jeff Martin

Oddyfer guardian :
Roberto Tiranti

Mr. Niko :
Eric Martin

Oddyfer :
Johnny Gioeli

Klepsydra :
Liv Kristine

Storyteller :
Philip Bynoe

Choeurs :
Oliver Hartmann

EXTRAITS AUDIO :

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The Alien Inside pochette

PISTES :

1. The Alien Inside (9:39)
2. I Found You (7:12)
3. A New World (5:35)
4. Who You Really Are (8:24)
5. Don't Stop Me (9:37)
6. Stay (4:20)
7. The Love I've Never Had (8:48)
8. The Alien Outside (6:29)

FORMATION :

Oliver Hartmann

(chant)

Dennis Randi

(basse)

Christian Tombetti

(guitare)

Marco Guerrini

(guitare)

Stefano Ruzzi

(batterie)

Daniele Liverani

(claviers)

EXTRAITS AUDIO :

DANIELE LIVERANI

"Genius, A Rock Opera : Episode 2"

Italie - 2004 - Frontiers Records - 79:50

EMPTY TREMOR
"Fantasia"

Italie - 2004 - Frontiers Records - 59:53

 

 

Après l'épisode 1 que nous avions chroniqué dans notre numéro 47, voici donc le second volet de ce que Daniele Liverani annonce comme une trilogie consacrée à l'exploration des rêves. Si celui-ci reste l'unique compositeur de l'ensemble, en plus d'appuyer sur les touches des claviers et de tirer les cordes des guitares électriques et basse, il est entouré, outre du batteur Dario Ciccioni, d'une vaste équipe de chanteurs, en partie renouvelée. On retrouve Mark Boals dans le rôle du héros, mais dont les interventions sont bien plus espacées que dans le premier volet, ainsi que Daniel Gildenlöw, tout simplement brillant, Olivier Hartmann pour l'ensemble des chœurs, puissants, et Philip Bynoe dans la peau du narrateur. Viennent s'y ajouter des pointures comme Russel Allen, Edu Falaschi de Angra, Eric Martin de feu Mister Big, ou Liv Kristine, ancienne voix féminine de Theater Of Tragedy.

Tout ce beau monde est donc mis au service d'un album rempli à bloc, et dont la vraie force réside justement dans les échanges vocaux. Bien que la majorité des titres possède des durées conséquentes (de cinq à dix minutes), les séquences instrumentales ne sont ni nombreuses, ni mémorables. La dominante de ce second épisode est globalement plus musclée que le premier, ce qui contribue à son homogénéité mais tend également à uniformiser en partie les compositions. Si un «What He Has To Say» témoigne d'une vraie dimension lyrique, «You Won't Escape», «Valley», «Beware» ou «Fight Again» ont beau posséder des refrains séduisants, ils restent tributaires d'une large influence speed metal (avec un travail conséquent du batteur qui mérite d'être salué) qui les rapproche plutôt d'un Avantasia.

Par contre, en dehors du sus-cité, plusieurs morceaux, comme dans le premier volet, sont de vraies réussites : l'ample «He Will Die» et la prestation toujours impressionnante de Russel Allen, «Far Away From Here», avec un Daniel Gildenlöw passionnant et des thèmes parmi les meilleurs du disque, et dans une moindre mesure «All My Fault», qui souffre cependant de quelques longueurs. Les fautes de goût ne sont malheureusement pas toujours évitées, en particulier pour les ballades : si «To Be Free», interprétée avec brio par Liv Kristine, est en grande partie envoûtante, il n'en est pas de même de «My Dear Son», sirupeuse et téléguidée à souhait, tout comme «Playing In Their Dreams». Reste que ce second volet apparaît comme légèrement supérieur qualitativement au premier Genius : rendez-vous avec le troisième épisode !

Quelques mois plus tôt, Daniele Liverani avait également sorti avec son groupe Empty Tremor un troisième album studio, The Alien Inside. Pourvu d'un nouveau chanteur en la personne de Oliver Hartmann, ancien vocaliste de At Vance et acteur remarqué des deux volets d'Avantasia, la formation (deux guitaristes, un bassiste, un batteur et Liverani aux claviers) y délivre tout au long de huit compositions souvent fort longues (autour de huit minutes) un hard prog bien maîtrisé mais auquel il manque plusieurs éléments pour devenir véritablement marquant. Les thèmes musicaux sont tout d'abord de qualité variable. Si les épiques «The Alien Inside» et «Don't Stop Me», les meilleurs titres de l'album, ou l'entraînant et plus resserré «A New World», proche de Genius, emportent l'adhésion, il n'en est pas de même des ballades sans grande surprise «I Found You» et «Stay». ou du heavy-metal plus classique de «Who You Really Are».

Et ce n'est pas la voix d'Oliver Hartmann, certes solide et encadrée par des chœurs nombreux, mais utilisée ici sans beaucoup de variété (il faut dire que le chanteur, intégré tardivement, n'a pas participé à l'écriture de ses parties), qui peut suffire à corriger cette faiblesse sur la longueur. La longueur, justement, est la principale faiblesse de ce disque. Si plusieurs compositions atteignent les huit minutes, c'est généralement au prix de parties instrumentales en partie répétitives («The Love I've Never Had»), qui apparaissent ainsi comme incomplètes. On aurait en effet souhaité davantage de séquences solistes passionnantes, ici seulement dévolues aux guitares, à l'exception du solo de clavier en demi-teinte de «Who You Really Are». Avec The Alien Inside, Daniele Liverani - qui n'est pourtant pas le seul compositeur, puisque tout le groupe a participé - donne l'impression d'avoir élaboré un cadre qu'il conviendrait désormais de densifier en enrichissant les arrangements et en développant encore le potentiel mélodique de Oliver Hartmann. C'est à ce prix que Empty Tremor se dotera d'une personnalité bien affirmée et pourra prétendre à intégrer la seconde division du hard prog.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°55 - Octobre 2004)