BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Amnésie pochette

PISTES :

1. Une Ombre au Tableau (3:19)
2. Un Automne (3:37)
3. Chansons Nettes (2:30)
4. Rien d'Important (3:54)
5. Mal de Chien (4:12)
6. Nos Voix se mélangent (5:49)
7. Naif (4:11)
8. Un Hiver (3:57)
9. Merci (5:21)
10. Un Printemps (2:09)
11. Un Eté (2:52)
12. L'Impasse (3:53)
13. Naif 2 (4:34)
14. Amnésie (6:18)

FORMATION :

Claude Leonetti

(Léode)

Sylvain Bayol

(guitare Warr, Chapman Stick)

Marc Almeras

(guitare)

Dominique Leonetti

(chant, guitare)

Yohan Siméon

(percussions, métalophone)

Frédéric Juan

(marimba, vibraphone, percussions)

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En Avant Doute pochette

PISTES :

CD :
1. En Avant Doute (3:02)
2. Laisse Courir (5:11)
3. Le Repas de L'Ogre (5:07)
4. Capitain Coeur de Miel (part 2) (5:03)
5. La Valse à Cent Ans (4:20)
6. Film d'Aurore (4:26)
7. Ouest Terne (3:32)
8. L'Arbre (4:18)
9. Cassiopée (6:36)

DVD :
1. L'Impasse
2. L'Arbre
3. Le Repas de l'Ogre
4. Laisse Courir
5. Mal de Chien
6. Chansons Nettes

FORMATION :

Claude Leonetti

(Léode)

Sylvain Bayol

(guitare Warr, Chapman Stick)

Gédéric Byar

(guitare)

Dominique Leonetti

(chant, guitare)

Yohan Siméon

(percussions, métalophone)

Frédéric Juan

(marimba, vibraphone, percussions)

EXTRAITS AUDIO :

LAZULI

"Amnésie"

France - 2003 - Muséa - 56:42

"En Avant Doute..."

2006 - Muséa - 41:56 + DVD

 

 

Parmi les jeunes groupes français particulièrement prometteurs, nous avons déjà eu dans ces colonnes l'occasion de vous parler de Ex Vagus ou de Motis, mais Lazuli était resté encore dans l'ombre. Pourtant, il s'agit d'une formation, originaire du Gard, à la fois originale et très attachante. Lazuli, ce sont les frères Leonetti, Dominique (guitares et chant) et Claude (léode), Marc Almeras puis Gédéric Byar (guitares), Pol Amar (guitares sur Amnésie), Yohan Siméon (percussions), Frédéric Juan (marimba, vibraphone, piano) et Sylvain Bayol (stick chapman, contrebasse), tous prenant également en charge, outre les chœurs, divers autres instruments. La particularité de Lazuli, en dehors de la présence du stick, instrument assez rare dans le prog français, réside surtout dans l'utilisation d'un instrument unique, la léode. Son inventeur, Claude Leonetti, en a eu l'idée suite à un accident de moto qui l'a privé de son bras gauche et donc de la possibilité de continuer à jouer de la guitare. Il s'agit en fait d'un manche assez large sur lequel les doigts se déplacent, activant par simple contact une banque de données sonore constituée par les soins du musicien. Ses sonorités se rapprochent de celles de la guitare électrique et du violon, en un peu plus ondulant.

Le premier disque de Lazuli, Amnésie, enregistré en 2002, et que Muséa a réédité en 2006, fait déjà preuve d'une grande assurance et d'une inspiration délicate et sensible. Les quatorze morceaux, allant de deux à six minutes, sont majoritairement acoustiques, donnant une coloration indéniablement folk à la musique proposée. Les arrangements, raffinés, se déclinent à travers des chœurs diaphanes, des sonorités originales ou carrément exotiques, africaines et orientales, œuvres de plusieurs invités («Merci», en particulier, ou l'instrumental «Un Printemps»), ainsi que quelques teintes légèrement plus électro, à base de programmations et de samples. La voix de Dominique Leonetti, suave et expressive, joue également pour beaucoup dans le charme de mélodies tranquilles, qui oscillent entre ambiances intimistes (petites comptines où l'on devine l'ombre d'un Tristan Décamps) et pièces plus festives, avec même une poussée de fièvre agressive sur «L'impasse». Pour les premiers, plutôt sobres et délicats, on trouve en particulier quatre compositions dédiées aux quatre saisons. Quant aux seconds, comment ne pas citer l'enthousiasmant «Nos voix se mélangent», enregistré sur scène, ou les prenants «Naïf» et «Naïf 2». Les textes, qui manient les jeux de mots avec modération, font preuve d'un humanisme sensible parfois candide, critiquant les agressions faites à la nature («Une ombre au tableau») et la démesure de l'humanité («Rien d'important»), la musique devenue un produit de consommation calibré («Chansons nettes»), appelant au dialogue fraternel entre les êtres («Nos voix se mélangent», «Naïf», «L'impasse») et abordant même la séparation amoureuse («Mal de chien»). Les influences sont ainsi tellement nombreuses et diverses, allant de Ange à Tryo en passant par Mike Oldfield (forte présence du xylophone) et Tony Levin, que le style de Lazuli parvient sans peine à apparaître comme très personnel. Un style qui cherche avant tout à créer des atmosphères, distiller des sensations, sans envolées instrumentales nombrilistes ou emphatiques. Seule la léode se permet des développements solistes, ce que l'on apprécie d'autant plus que l'instrument est inédit («Mal de chien» et sa séquence en forme de musique de cirque). Un bien joli disque, chantre d'un agréable world folk pop prog (ouf !), qui présente un visage peut être un peu trop lisse sur la durée, mais où les vraies longueurs («Amnésie») sont rares.

De prog, il est davantage question sur le second album de Lazuli, En Avant Doute, sorti à la fin de l'année dernière, à la production encore plus claire et fine. Et d'abord du fait d'une reprise, celle du mythique «Capitaine Cœur de Miel» (nommé ici «Part II» car la première moitié de l'original n'y figure pas) de Ange, groupe père, particulièrement pour la nature des textes. La version proposée ici est plus ressérée que l'original, mais se révèle assez fidèle, même si Dominique Leonetti ne parvient pas à être aussi habité que Christian Décamps : mais le morceau est devenu tellement légendaire qu'il en est presque intouchable. Pour le reste, des titres comme «La valse à cent ans», à la mélodie touchante, ou «Ouest terne», aux accents légèrement country, s'inscrivent dans la lignée des morceaux sensibles et sobres d'Amnésie, mais si certains arrangements entretiennent le lien, on note dans l'ensemble une tension instrumentale nettement plus forte. Les causes ? Le fait que Sylvain Bayol prenne en charge un Warr guitar en plus du stick, et surtout une place accrue de la léode, ce signe distinctif de Lazuli, mêlant ainsi guitare électrique et violon. Celle-ci se lance en effet dans de véritables soli débridés et très impressionnants, sur «Laisse courir» et «L'arbre» en particulier, ou en héritier de Claude Démet sur «Capitaine Cœur de Miel (Part II) », généralement en partenariat avec la guitare électrique. De manière générale, la musique se fait plus contrastée, avec des poussées agressives et une ferveur électrique évoquant King Crimson (le final de «Film d'aurore»).

Le morceau éponyme connaît ainsi une lente progression pour exploser dans une forêt médiane d'arrangements électriques et symphoniques. On pourrait citer d'autres compositions, mais parmi les plus notables, il y a incontestablement «Cassiopée», véritable déclaration d'amour pour la magie des étoiles que l'on regarde, le dos dans l'herbe, un soir d'été : beau refrain, longue séquence instrumentale planante au solo lyrique de léode, la conclusion idéale pour le disque. Rançon de cette évolution de la musique vers une dimension plus propre encore à séduire le progmaniac, les sonorités world sont abandonnées. Le chant, pour sa part, est totalement dans la lignée de celui d'Amnésie, les chœurs en moins. Toujours expressif, mais sans théâtralisation forcée, Dominique Leonetti, seul compositeur, interprète, sur des thèmes vocaux attachants, des paroles insistant sur les épreuves de la vie, l'amour en premier lieu (le titre éponyme, l'émouvant «La valse à cent ans», «Ouest terne»), et toujours la critique de nos sociétés contemporaines, trop axées sur la rapidité et l'instantané («Laisse courir», «Film d'aurore»), négligeant la nature («L'arbre»), attaquant même l'impérialisme des États-Unis sous l'apparence de la métaphore («Le repas de l'Ogre»). Trop court, ce second album démontre que Lazuli sait évoluer, pour notre plus grand plaisir !

En complément d'En Avant Doute, Lazuli a eu la bonne idée d'adjoindre un DVD bonus substantiel. On a ainsi droit à vingt-cinq minutes d'un concert donné au théâtre de l'Odéon de Nîmes (mais sans spectateurs visibles...), qui nous permet de découvrir les musiciens en action, interprétant trois extraits de chaque disque sous un éclairage léger. L'autre gros morceau de ce DVD, c'est un documentaire d'une quarantaine de minutes, intitulé «Derrière la scène», et qui présente un grand nombre de films amateur sur les coulisses de la vie en tournée : au Baja Prog de 2006, au Montreux Jazz Festival, au Prog Sud ou à la Convention Ange, montrant que Lazuli n'est pas le premier venu. Mais le fait que ces images, mises bout à bout, soient dénuées de tout commentaire off, les rend assez anecdotiques; on y a en tout cas la confirmation que les musiciens du groupe sont de joyeux drilles ! Les autres composantes, plus courtes, sont une «Petite histoire de la Léode» narrée par Claude Leonetti avec humour, le clip guère inoubliable de «Le Repas de l'Ogre» (avec images filtrées mettant essentiellement en valeur la bouche de Dominique Leonetti), une version live de «Amnésie» à la qualité correcte, et la classique galerie de photographies. Une raison supplémentaire de partir à la découverte de ce deuxième opus de Lazuli !

Jean-Guillaume LANUQUE

Entretien avec Dominique LEONETTI :

Pour les lecteurs de Big Bang, pouvez-vous retracer en quelques phrases le parcours de Lazuli, de sa création à aujourd'hui ? D'ailleurs, pourquoi ce choix de patronyme pour le groupe ?

Nous avons formé le groupe en 1997. Certains d'entre nous étions amis depuis longtemps, les autres rencontres ont eu lieu lors de séances d'enregistrements au studio «l'Abeille rôde», où Claude est ingénieur du son. Nous nous sommes réunis avec pour point commun, le besoin de s'exprimer et de faire une musique sans concession. En deux mots, dix années compliquées et magnifiques à la fois, à douter mais à se jeter malgré tout, à la face des moulins à vent. Pourquoi «Lazuli» : Lazuli veut dire bleu, ce mot nous réunissait, nous qui venons d'origines diverses. On retrouve une racine commune dans l'Arabe lâzaward, l'Italien azzurro, l'Espagnol azul et le Français azur.

Trois ans entre Amnésie et En Avant Doute..., c'est tout de même un intervalle assez long : comment cela s'explique-t-il ?

Nous sommes en quelque sorte des artisans, nous faisons beaucoup de choses nous même et cela prend du temps, de la compo à l'enregistrement, en passant par la pochette, sans oublier l'aspect administratif... et j'en passe. De plus, nous sommes assez exigeants et tatillons, nous tenons à être tous d'accords sur les choix, les directions et les réalisations (cela ne nous empêche pourtant pas de ne jamais être satisfait !). Trois années ne semblent pas être de trop entre deux albums, surtout quand on ne peut malheureusement pas y consacrer tout son temps.

Lazuli 2007

A ce sujet, y a-t-il des membres de Lazuli qui sont des musiciens à temps plein ? Le cas échéant, quelles professions exercez-vous pour vivre ?

Nous sommes intermittents (en danger permanent), vendeur en magasin de musique, ingénieur du son et en situations précaires. Nous espérons nous consacrer (professionnellement) à notre musique dans les années à venir... Voilà une bonne solution pour réduire les trois ans entre deux albums !!!

Avec pas moins de six membres, comment parvenez-vous à vous réunir suffisamment souvent pour répéter, enregistrer et jouer des concerts ?

En dehors de la priorité que représentent nos familles, nous réservons nos efforts, notre énergie à Lazuli. Peu de choses nous empêchent de nous réunir tous au moins une fois par semaine. Nous nous voyons pour certains presque tous les jours. Quant à la scène, elle est un de nos moteurs de vie, alors comment ne pas trouver le temps !

Vous êtes crédité comme unique compositeur : est-ce un choix délibéré, ou une situation simplement conjoncturelle ?

Je suis l'unique auteur car je suis le seul à avoir besoin de chanter mes mots (et mes maux). La musique me vient souvent avec les paroles, ce qui explique que je compose aussi. Mais ce n'est pas une situation figée et des envies au sein du groupe se font sentir de plus en plus sur la composition. Hormis l'écriture, la couleur Lazulienne vient d'un gros travail en commun sur l'arrangement. Chacun s'approprie les chansons que j'ai amenées.

Les thèmes des différents morceaux abordent surtout les relations affectives et l'état de notre société, généralement pour la critiquer sur des points précis, comme l'écologie, la consommation généralisée ou l'impérialisme des États-Unis : vous définissez-vous comme un groupe engagé ?

Je n'écris généralement pas en choisissant un sujet, il s'impose à moi au bout de quelques phrases. Ce sont plus des choses enfouies qui surgissent malgré moi, je laisse aller mes émotions et c'est souvent un sentiment d'injustice, de colère, de tristesse, d'angoisse qui me poussent à écrire. Il arrive donc que je sois critique (j'aurai tort de ne pas profiter de ce micro ouvert) mais la plupart de mes textes sont plus un regard désemparé sur le monde. Bien sûr, j'engage mes sentiments, mes émotions mais je ne suis pas certain d'avoir ce regard très technique et documenté qui caractérise les «chanteurs engagés»... De plus, j'aime utiliser le deuxième degré et les métaphores, ce qui me permet, à mon sens, d'exprimer plus de chose mais nous éloigne des propos vindicatifs de certains groupes. Il est vrai que je chante haut et fort ce que je pense et ressent, et sans aucune autocensure; par exemple, chanter le contraire de ce que pourrait penser 53% des Français ne me gène pas un instant !!! Mais cela suffit-il pour prétendre à être un groupe engagé ? Je ne sais pas ! Dans certains pays, d'autres risquent leur vie en chantant leur désaccord.

Vous  avez  une  personnalité  bien affirmée, qui s'exprime en particulier avec l'utilisation du stick et de cet instrument au charisme magnétique qu'est la léode : cela influence-t-il votre style ? Je pense en particulier aux rapprochements partiels que l'on peut faire avec un groupe comme King Crimson, par exemple...

Le Stick Chapman ou le Warr Guitar de Sylvain, la Léode de Claude, le vibraphone, le marimba de Fred, les percus détournées de Yohan et le jeu atypique de guitare de Ged, tout ceci a bien évidemment influencé notre style. Nous avons dû nous défaire de certaines couleurs ou «recettes» habituelles. Il est vrai qu'on ne peut pas utiliser le Stick sans se référer à King Crimson, sans se référer à l'immense Tony Levin et à la trace qu'il laisse dans la musique actuelle. (Nous l'admirons beaucoup et chose exceptionnelle pour nous, nous avons eu le bonheur de le croiser lors du Baja Prog, en mars dernier et de passer un moment avec lui !). La Léode n'a pas de référence à proprement dit, le fait d'être un instrument unique oblige Claude à jouer très instinctivement. J'ai tendance à retrouver dans son jeu, sa façon d'être, sa sensibilité, plus que les musiciens qu'il écoute.

Amnésie avait une couleur très folk, avec de nettes influences de sonorités inspirées de la world music, tandis qu'En Avant Doute... est plus rock, avec une énergie électrique plus développée : comment s'explique cette évolution ?

Amnésie a été enregistré dans une période plus introvertie du groupe, avec très peu de scène et de contact avec l'extérieur. Les morceaux avaient été, en majorité, structurés lors de l'enregistrement. Ce sont sans doute les raisons de ce côté plus doux, en recherche d'ouverture sur les musiques du monde. En Avant Doute est plus rock, plus personnel, plus sombre, on s'y dévoile plus facilement. Peut-être que le fait d'avoir eu de merveilleux retours du public sur les concerts nous a permis de nous livrer davantage. Nous voulions retrouver dans l'enregistrement les sensations de la scène. Nous étions dans ce climat, puisque les séances étaient entrecoupées de concerts. Nous avions d'ailleurs déjà joué la plupart des titres sur scène avant de les coucher sur la bande.

D'après le DVD qui figure en complément d'En Avant Doute..., vous semblez justement avoir une solide expérience de la scène : qu'est-ce que le live vous apporte ? Quels sont les meilleurs souvenirs de concert que vous pouvez nous faire partager ?

La scène est l'endroit où nous aimons être, mais nous ne jouons malheureusement pas autant que nous le voudrions. Nous avons besoin de partager notre musique et nos mots, rien n'est plus important que d'échanger ses angoisses, ses peurs, ses craintes, ses joies, ses rêves, ses désillusions ou ses idées. La scène est un exutoire mais aussi le meilleur endroit pour sentir que l'on est pas seul (la réponse vous convient-elle, docteur ?) Pratiquement chaque concert est un bon souvenir. Il y a aussi, les avant et après concert : les rencontres, les discussions... S'il fallait en retenir quelques uns : Le Montreux Jazz Festival, où nous avons reçu le prix «Under The Sky» en 2005, une reconnaissance inattendue pour nous... La rencontre avec Ange et son public magnifique lors de la première partie à la convention 2006... Et l'accueil du public Mexicain en mars dernier dans le «teatro del' estato» plein comme un œuf au Baja Prog 2007...

Vous avez participé à la convention Ange, repris le mythique «Capitaine Cœur de Miel», vos liens avec le groupe de Christian Décamps sont donc clairs : quelle influence exactement a-t-il eu sur vous, votre jeu et votre style ?

Comme j'en parlais dans la réponse à la question précédente, la rencontre avec Ange est une des plus belles choses qui nous soit arrivée. Nous ne les remercierons jamais assez pour leur générosité. Etrangement, Fred est le seul d'entre nous a avoir écouté Ange, nous ne pouvons pas parler d'influence sur le groupe en général. Ceci dit, nous avons été très vite frappés par la sensibilité commune à nos deux groupes. Depuis, nous avons rattrapé le temps perdu, et je peux dire que Ange est un des groupes qui m'a le plus impressionné et ému sur scène. Moi qui ne suis pas à l'aise en chantant les chansons des autres, j'ai bu les mots de Christian et me les suis fait miens naturellement. «Capitaine Cœur de Miel» est la première reprise que nous faisons, et cela semble être une évidence avec le recul.

De manière plus générale, vous reconnaissez-vous dans le qualificatif de groupe de rock progressif ? Vous sentez-vous proches de groupes français comme Ex Vagus, Magnesis ou Motis ?

Notre musique est, à notre point de vue, difficilement étiquettable et dans l'absolu, nous n'aimons pas vraiment les classifications, mais oui, nous nous reconnaissons malgré tout dans ce qualificatif. Pour la simple et bonne raison que ce terme est loin d'être un des plus réducteurs, tant la richesse et la diversité des groupes qui s'y inscrivent est grande. Nous aimons ce courant, nous nous sommes nourris, entre autres, des grands noms qui en ont fait l'histoire. De ce fait, nous revendiquons l'influence qu'ont eu sur nous les Peter Gabriel, Pink Floyd, King Crimson et autres mais aussi l'influence des musiques classiques, contemporaines, jazz, de la pop, de la chanson française, des musiques du monde, etc... Nous nous sentons proches d'Ex Vagus, Magnésis ou Motis, par l'héritage que nous avons en commun et par le fait que ni eux, ni nous, ne nous inscrivons dans la démarche commerciale qui caractérise trop souvent l'esprit du paysage musical.

Quel est l'avenir proche de Lazuli : des concerts sont-ils prévus ? Peut-on espérer un troisième opus studio avant 2009 ?

Quelques dates de concerts, que l'on peut retrouver sur www.myspace.com/lazuliworld ou sur www.lazuli-music.com notamment au Crescendo Festival à Saint-Palais sur Mer le 16 août. L'actualité pour la rentrée, c'est des concerts, entre autres une tournée allemande, et d'autres beaux voyages en prévision pour 2008... Un troisième opus pour 2009 ? Nous aimerions beaucoup ! Nous commençons à en parler mais pour l'instant En Avant Doute n'est qu'un bébé et il réclame toute notre attention !!!

Pour terminer, quels sont vos derniers coups de cœur musicaux, littéraires et cinématographiques ?

Difficile de parler pour les six membres de Lazuli, tant nos goûts sont différents, ce qui d'ailleurs complique mais surtout, enrichit notre travail. Je vais donc parler uniquement de mes coups de cœurs : je viens de dévorer l'intégralité des romans d'Amélie Nothomb, j'ai adoré Les Noces Funèbres de Tim Burton comme la plupart de ses films précédents, et pour le côté coups de coeur musicaux : j'ai eu la primeur de l'écoute des enregistrements du prochain album solo de Jean Pascal Boffo (ce disque de guitare acoustique ne sortira malheureusement qu'à la rentrée...). J'ai eu le plaisir aussi d'enchaîner avec un magnifique et poétique concert du groupe Alifair, le duo où Jean-Pascal joue au côté d'Aurore Reichert.

(chronique et entretien parus dans Big Bang n°66 - Été 2007)