BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

The Sun Also Rises pochette

PISTES :

1. Beyond (0:27)
2. The Gate Of Eternity (7:21)
3. Conspiracy (5:38)
4. Forever Now (4:21)
5. The Sun Also Rises (5:51)
6. Conviction (5:44)
7. Mortal Brow (6:21)
8. Moods Inspiring Clouds (5:14)
9. A New Day At Last (5:12)
10. Sævis Tranquillis In Undis (3:14)

FORMATION :

Gerben Klazinga

(claviers, batterie [1,2,5-9], chant [8])

Ron van der Bas

(basse [2,6-9])

Klees Flameling

(accordéon [2])

Vincent Frijdal

(guitare acoustique [6])

Arjan Groenendijk

(guitare [4,6,7,9])

Peter van Heijningen

(guitare [1,2,4,6,9,10])

Jeroen Hogenboom

(guitare [1-5,7-9])

Joop Klazinga

(flûte [2,9])

Gijs Koopman

(basse [1,3,4,5,6], pédalier de basses [1,3])

Stephanie Lagrande

(chant [7])

Mark van Nieuwenhuizen

(batterie [3,4,5])

Mark Smit

(chant [2-4,6-9])

EXTRAITS AUDIO :

KNIGHT AREA

"The Sun Also Rises"

Pays-Bas - 2004

Laser's Edge - 49:58

 

 

La première chose qui vient à l'esprit en écoutant The Sun Also Rises est une interrogation. Comment se fait-il qu'un tel album atterisse chez Laser's Edge ? Le label américain nous avait en effet habitué ces derniers temps à des formations à la personnalité musicale fort différente de celle de Knight Area... Nul jugement de valeur ici, mais une simple perplexité de ma part face au néo-progressif avéré du présent album. Constater la présence de Knight Area aux côtés de A Triggering Myth ou Somnambulist (deux des dernières sorties de chez Laser's Edge) reviendrait presque alors à imaginer la publication du prochain album d'IQ (prévue pour mai prochain) chez Cuneiform...

Pour autant, Knight Area apparaît très vite comme un superbe porte-parole du genre qu'il s'est choisi. Gerben Klazinga, l'homme-orchestre de ce qui est davantage un projet qu'une véritable formation, peaufine cet album depuis de longues années, aidé dans sa tâche par son frère Joop, auteur notamment de la plupart des paroles et des parties de flûte. Bien évidemment, ces deux musiciens sont cernés de toute part par une multitude d'invités (dont Gijs Koopman de Cliffhanger), permettant à The Sun Also Rises de prendre forme de la plus belle des manières.

Les écoutes successives le confirment imparablement, Knight Area développe un néo-progressif enjoué et efficace, qui renvoie certes au Marillion des débuts (les deux frères avouent être très fans de la période 'Fish') mais dont la modernité évoque davantage une formation comme Satellite. A l'instar de cette dernière, Knight Area dope sa musique d'éléments typiquement 'seventies' (même si formellement, nous ne bougeons jamais de notre époque), précision qui se traduit ici essentiellement par la formidable volubilité des claviers de Gerben Klazinga. Ce constat appelle d'ailleurs l'auditeur à penser parfois à Glass Hammer, tant les deux groupes ont ce goût commun pour les épanchements synthétiques. The Sun Also Rises marquera d'ailleurs les esprits, du moins de ceux qui n'ont pas fui en lisant les termes «néo-progressif» (cités trois fois jusqu'ici), par son sens du spectacle qui se traduit par une musique festive et immédiate. C'est d'ailleurs la grande force de Knight Area : nous faire oublier très vite ses relatives limites (chant passe-partout, batterie manquant de 'groove') par un savoir-faire mélodique exceptionnel et une mise en son (quelle production !) rarement entendue dans les contrées progressives.

Et le verdict est irrévocable : The Sun Also Rises séduit immanquablement les mélomanes auxquels il s'adresse (même si je ne présume pas des goûts des uns et des autres), tant ses auteurs y ont fait preuve d'une habilité démoniaque. Tout est effectivement mis en place pour titiller les plus bas instincts des amateurs de néo-progressif symphonique, qu'il s'agisse des échanges claviers-guitares (pas moins de quatre invités à ce poste !) ou des crescendos instrumentaux. Nulle raison de se remettre en question quand on découvre ce genre d'album, ayant choisi avant toute chose de valoriser bon nombre des canons de notre courant plutôt que de tenter de lui permettre d'en définir de nouveaux...

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°53 - Mai 2004)