BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

No Fear Of Looking Down pochette

PISTES :

1. Listen To Me (5:34)  
2. Where Am I (5:22)  
3. Just Let It Happen (7:09)  
4. A Thousand Staring Eyes (4:51)  
5. Change Of The Season (5:08)  
6. Seeds Of Doubt (4:33)  
7. Abandoned (6:07)  
8. No Fear Of Looking Down (6:38)

FORMATION :

Gary Chandler

(guitares, chant, claviers, arrangements, production)

Martin Orford

(claviers solo, piano, flûte, vielle à roue, choeurs)

Andy Marlow

(basse)

Steve Christey

(batterie, percussions)

JADIS

"No Fear Of Looking Down"

Royaume-Uni - 2016

Autoprod. - 45:27

 

 

Nous avions laissé Jadis en 2012 avec la sortie de l'excellent See Right Through You qui semblait augurer d'une renaissance du groupe, mais patatras, il nous aura encore fallu attendre plus de quatre années pour voir sortir son successeur, avec un nouveau changement de personnel, et non des moindres, puisque ce huitième album du groupe anglais voit le retour de Martin Orford aux claviers et à la flûte, lui qu'on croyait définitivement retraité de la musique (même si il a déjà fait quelques apparitions depuis son départ d'IQ).

Gary Chandler avait dit travailler sur un album solo, puis finaliser une compilation de titres laissés de côté au fil du temps (celle-ci devrait sortir au cours de l'année 2017 sous le titre de Medium Rare 2, le premier volume étant sorti en 2001), et le voilà ramené presque au début du groupe avec le retour inespéré du claviériste à la casquette. Pour autant, Jadis n'effectue pas un rétropédalage vers le passé, même si le début de l'album pourrait le laisser croire à l'écoute des deux premiers morceaux (8 au total de 4:33 à 7:09), qui sonnent comme du Jadis ultra classique et il faut bien l'avouer, un peu trop prévisible. En gros du rock mélodique mid-tempo dominé par la guitare mais bien soutenu par des claviers enveloppants, même si on décèle déjà quelques sonorités et ambiances qui se veulent inédites pour le groupe. Dommage toutefois que le son de la batterie paraisse étouffé par moments, mais peut-être que pour Gary Chandler, revêtir les rôles d'ingénieur du son et producteur en plus de ceux de compositeur, guitariste et chanteur, ça fait beaucoup pour un seul homme ! Rob Aubrey manque à l'appel cette fois-ci...  

Heureusement, la suite des titres va révéler une facette plus sombre et des atmosphères plus changeantes, preuve tangible que le groupe peut encore surprendre et se renouveler. Le meilleur exemple est sans doute le morceau suivant, "Just Let It Happen", qui alterne atmosphère pesante au chant posé (ce qui change des habituelles lignes vocales un brin répétitives de Gary Chandler) avec quelques flashs plein de puissance, le tout bardé de sonorités plus actuelles et donc moins typé du néo-prog passé : sans aucun doute la voie à suivre à l'avenir! Mais la suite va déjà se charger de le confirmer ("A Thousand Staring Eyes" au joli gimmick de guitare, "Seeds of Doubt" avec Martin Orford bien présent aux choeurs ou "Abandoned" avec encore un Orford aux claviers qu'on sent désireux de ne pas sonner comme son ancien groupe), chaque titre s'efforçant de jouer sur les contrastes tout en maintenant une constance mélodique qui est quand même le cheval de bataille de Jadis. On retrouve également un instrumental bucolique ("Change Of The Season") avec flûte, piano et guitare acoustique qui fleure bon le morceau-titre du premier album (More Than Meets The Eye) ou le Genesis des débuts dans son versant le plus typiquement folk anglais. Et tant pis si la conclusion du titre éponyme final nous laisse un peu sur notre faim, on est content de retrouver ce quatuor dans une forme nouvelle et conquérante. Avec le retour à une production digne des standards actuels, le prochain Jadis pourrait bien nous surprendre encore un peu plus. En attendant voilà un comeback gagnant comme on les aime.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°98 - Mars 2017)