BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Always (10:11)
2. Heart's Desire (6:43)
3. Lost And Found (6:12)
4. Faith (3:52)
5. Never Could Say Goodbye (5:07)
6. Orphans (all Alone In The World) (8:56)
7. Foreign Land (2:42)
8. Jordan (9:11)
9. I Believe In Love (3:53)

FORMATION :

Peter Gee

(guitare, basse, claviers)

Simon Clew

(chant)

Steve Christy

(batterie)

Ian Salmon

(guitare électrique)

Tina Riley

(chœurs)

Nick Barrett

(guitare [1,6])

Clive Nolan

(claviers solo [1,2], percussions, chœurs)

PETER GEE

"A Vision Of Angels"

Royaume-Uni - 1997

Toff Records - 56:58

 

 

Quatre ans après Heart Of David, première œuvre solitaire sympathique à défaut d'être franchement passionnante, le discret bassiste de Pendragon nous présente son successeur, encore et toujours animé d'une ferveur religieuse qui transparaît ici à tous les niveaux : de la pochette (qu'il a à nouveau réalisée lui-même) aux textes (tous inspirés d'écrits chrétiens), celle nouvelle œuvre de Peter Gee démontre encore un peu plus à quel point la religion est un guide pour son existence.

Cette démarche, on n'en sera pas vraiment surpris, engendre une musique assez linéaire dans sa douceur et sa joliesse : on cherche vainement, tout au long de ces neuf plages (de 2:42 à 10:11), un moment d'embrasement qui vienne infléchir cette tendance à la quiétude méditative. De ce point de vue, A Vision Of Angels défie les étiquettes : ce n'est pas vraiment du rock, on y trouve quelques pincées de symphonisme et, le plus souvent, on se situe dans le domaine de la variété «de luxe». Bref, de véritable rock progressif, point ici : l'ambition, s'il en y a une, est manifestement ailleurs.

Cette impression un peu désagréable est surtout à mettre sur le compte du chant de Simon Clew (du groupe A Million Blues, signé sur le label de Pendragon, Toff Records) qui, dès qu'il apparaît, insuffle une coloration «pop» que les parties instrumentales, heureusement nombreuses, ont parfois du mal à enrayer. Ces dernières s'avèrent néanmoins plutôt réussies, notamment grâce à l'apport d'une pléiade d'invités, parmi lesquels Nick Barrett et Clive Nolan de Pendragon, qui délivrent (chacun sur deux titres) quelques solos bien sentis.

On retiendra plus particulièrement le final du titre d'ouverture, «Always» (le plus long, aussi), ou encore cette version revisitée du «Ice» de Camel (en fait, il ne s'agit pas d'une reprise avouée, mais le début du titre en question, «Orphans», est plus qu'un hommage passionné, et le développement à la guitare a le goût et la couleur de qui-vous-savez !!!). Pour le reste, nous avons affaire à un disque loin d'être désagréable, mais un peu trop «gentil» pour se voir recommandé avec ardeur aux amateurs de rock progressif. A moins, bien sûr, qu'ils ne se doublent d'inconditionnels de Pendragon...

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°21 - Juillet/Août 1997)