BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Engines Of Creation pochette

PISTES :

1. A.I. (1:38)
2. The Assemblers (5:45)
3. Signals (4:21)
4. Engines of creation (7:04)
5. State Insane (6:09)
6. Fog City (5:10)
7. The Cinnamon hideaway (2:04)
8. Men and monsters (9:44)
9. Machine mother (6:21)
10. Lightworks (9:12)

FORMATION :

Göran Fors

(basse, chant)

Ulf Pettersson

(claviers)

Sven Larsson

(guitares)

Göran Johnsson

(batterie, chœurs)

Tanja Hedlund

(chœurs)

EXTRAITS AUDIO :

GALLEON

"Engines Of Creation"

Suède - 2007

Progress Records - 57:40

 

 

Quatre ans après l'apprécié double album From Land To Ocean, les quatre musiciens suédois reviennent sur le devant de la scène avec un nouveau batteur et un album simple, mais hautement talentueux. Particulièrement bien mis en son, ces Engines of Creation confirment tout le bien qu'on peut penser de Galleon, un groupe qui égale quasiment ici, dans le genre du néo prog, les ténors d'IQ ou les Polonais de Satellite. Dès l'introductif instrumental «A.I.», la mélodie jouée à la guitare est puissante et lyrique, avec des claviers à l'unisson qui ne sont pas sans évoquer le début du dernier double album des Rocket Scientists.

Les huit autres morceaux (dont il faut mettre à part «The Cinnamon Hiderway», deux minutes assez orchestrales, avec participation d'une guitare acoustique) font preuve d'un dynamisme similaire et d'une indéniable sensibilité, les guitares menant le rythme avec des arrangements de claviers luxueux et variés (piano, Moog, Hammond). C'est là la patte la plus personnelle de ce nouveau Galleon, même si on peut regretter un relatif ventre mou («State Insane», «Fog City»). Les soli de guitare savent aussi se faire plus rapides («The Assemblers»), plus concis également, tout comme pour les claviers, et à côté des influences traditionnelles de prog symphonique (Genesis, Yes), on se surprend à évoquer également Rush.

Si le chant n'est pas la plus grande force de Galleon, à l'image de celui de Frank Bornemann pour Eloy, il rend toutefois convenablement justice aux mélodies fortement plaisantes proposées tout au long des titres : le profond «Signals», avec son refrain plein d'ampleur, est un magnifique manifeste. La section rythmique, enfin, livre une prestation supérieure à la majorité des productions de néo, le bassiste apparaissant tout particulièrement en avant. Trois morceaux sont un peu plus étendus que les autres, le titre éponyme et ses sept minutes, très efficace, fortement empreint de Genesis époque Gabriel sur sa dernière partie, et les neuf minutes de «Men and Monsters» et «Lightworks». Le premier, qui n'a rien à voir avec les Flower Kings, est une belle succession de tableaux, certains aux teintes assez jazzy et bucoliques, d'autres nettement plus énergiques, proches d'un Deep Purple ! Quant au second, il concentre tous les éléments symphoniques qui font la force de Galleon, avec également quelques bouffées de fièvre, sans oublier un rayon de lumière mélodique sur le refrain, à l'image de l'album. Une excellente galette de néo prog, qui s'impose sans hésiter comme une des meilleures sorties cette année.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°68 - Hiver 2007-2008)