BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Inside Our Place
2. Fly Away
3. Whims Of Time
4. Play My Part
5. Whatever
6. Sky Is Dark
7. Stone Of Light
8. Earl Grey
9. Mountain Queen
10. The Inflated Man
11. Never Really Learn

FORMATION :

Pål Søvik

(batterie)

Tor Bø

(basse)

Siri M. Seland

(claviers, chant, basse)

Robert Hauge

(guitares)

Jon Barstad

(guitares)

FRUITCAKE

"How To Make It"

Norvège - 1994

Cyclops - 56:08

 

 

Belle surprise que de découvrir ce groupe norvégien, déjà auteur d'un premier CD autoproduit (Fools Tape), sur le label anglais Cyclops, qui semblait jusqu'ici ne recruter ses poulains que sur le territoire britannique. Emmené par Pål Søvik (chant et batterie) - qui a déjà publié deux albums sous son propre nom -, auteur et co-compositeur avec Tore Bo (basse et claviers), ce jeune groupe propose une musique finement ciselée. Egalement interprétée par Siri Seland (basse, claviers et chant), Jon Barstad et Robert Hauge (guitares), la musique de Fruitcake est un repos idéal pour l'esprit, d'une évidence et d'une fluidité mélodique simple... à mille lieues de la complexité d'Änglagård !

Pourtant, dès les premières notes de How To Make It, on ne doute pas un instant de l'origine géographique de ses auteurs. C'est surtout flagrant dans les sonorités utilisées, estampillées "seventies" : orgue, piano, son de guitare typique... Par contre, il est clair que Fruitcake n'a pas pour projet de réaliser une musique aussi ambitieuse que ses confrères scandinaves. Ici, on nage en pleine sérénité, entre les envolées de guitare, le fond sonore des claviers, la rythmique souple et légère, et le chant un peu rauque de Pål Søvik (agréablement doublé - au féminin - par Siri Seland sur quatre titres). On pourrait même croire que la musique se veut "répétitive", au sens où la plupart des morceaux ont une trame qui se ressemble. Mais, jouant sur la dérision de cette impression, Fruitcake réussit à "endormir" son auditeur en laissant sa musique fondre au silence... avant de repartir subitement, avec une guitare magnifique ("Sky Is Dark"). Preuve que l'humour n'est pas forcément absent de notre genre musical favori !

L'autre force de ce groupe est de jouer sur les changements de rythme - version lente cependant, un peu comme le Pallas de The Sentinel savait le faire : une manière d'appesantir la musique sans l'alourdir, pour évoquer des climats parfois un brin nostalgiques. Pas de complexité formelle donc, mais des thèmes plutôt calmes, à savourer presque sans y penser.

How To Make It reste donc un album très plaisant, dont aucun titre parmi les 12 compositions (de 2:59 à 7:31) ne ressort plus particulièrement, preuve d'une homogénéité constante de l'inspiration. A écouter de temps en temps, pour se sentir bien...

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°10 - Mars/Avril 1995)