BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Tame Until Hungry pochette

PISTES :

1. No Tears Left For Crying (5:22)
2. The Solution (7:33)
3. Civilized Dog (3:30)
4. One Dark Angel (4:02)
5. Mourning Glory (5:03)
6. Bloodstone (5:18)
7. Broken Hallelujah (5:35)
8. Heart & Mind (5:47)
9. Inside My Mind (5:16)
10. Limbo & Flux (5:07)
11. Rainbow Asylum (5:03)
12. Every Time We Say Goodbye (3:24)

FORMATION :

Jack Foster

(chant, guitares, claviers)

Trent Gardner

(claviers, chœurs)

Robert Berry

(batterie, basse, guitares)

MUSICIENS ADDITIONNELS

Andy Eberhard
(batterie [2,3,12])

David Hipshan
(saxophone [4])

EXTRAITS AUDIO :

JACK FOSTER III

"Tame Until Hungry"

États-Unis - 2007

Muse Wrapped - 61:00

 

 

Quelques mois après le nouveau Magellan (voir notre précédente livraison), le label de Trent Gardner publie le troisième opus du talentueux chanteur guitariste Jack Foster, troisième du nom (voir les précédentes chroniques dans les n°53 et 60), avec un très beau digipack. On ne change pas une équipe qui gagne, et autour de ce dernier, on retrouve donc Robert Berry à la section rythmique, pour un rendu de qualité, et Trent Gardner aux claviers et à la production, les deux amis officiant également aux chœurs, très présents, sans oublier une part importante prise dans le processus de composition. Et de nouveau, le résultat est à la hauteur des espérances. Les douze morceaux sont des chansons sans faiblesses, qui possèdent toutes ce charme mélodique typiquement étatsunien, servies par une voix toujours aussi envoûtante, pleine de caractère, et mises en valeur par une production limpide. La composante acoustique, très présente (elle éclate sur «Inside My Mind»), est également signée de Jack Foster, qui se fend cependant de rythmique solides et de moult soli électriques percutants. Les accents cajun de «Civilized Dog», le douçâtre «One Dark Angel» et son solo de saxophone bien balancé, sont quelques unes des perles de ce Tame Until Hungry.

On ne resterait là que dans les traces, certes talentueuses et agréables, d'un America, mais il y a en plus tout un travail d'arrangement, qui donne une couleur prog prononcée au disque. L'irrésistible ballade «No Tears Left For Cryin'» découvre ainsi des apports vocaux puissants de Berry et Gardner, évocateurs de Magellan, qui propulsent le titre vers des hauteurs mélodiques supérieures. On peut aussi citer les claviers gorgés d'effets de «Mourning Glory» et du magnétique «Bloodstone», ou «Broken Hallelujah», avec un refrain émouvant entonné par Robert Berry qui se voit brisé par une section instrumentale plus débridée (mais trop courte !) et un soli de guitare lyrique en final, parmi les nombreuses preuves de la vitalité et de l'inventivité des trois musiciens. Mais la composition la plus purement prog est sans conteste «The Solution», festival musical aux multiples couches sonores, très légèrement musclé, avec plusieurs rebondissements, qui affiche de surcroît un refrain prenant.

On aboutit ainsi à un ensemble sans doute plus sobre que RaptorGnosis, plus sage aussi, globalement, et si le talent de Trent Gardner, en particulier, s'exprime dans toute son ampleur, on regrettera son rôle vocal beaucoup plus effacé. L'album se termine avec une reprise du jazzy «Every Time We Say Goodbye», ritournelle paisible au rendu subtilement suranné pour une sortie sur la pointe des pieds. Toutefois, il manque un petit quelque chose pour amener l'auditeur totalement à satiété, et on placera donc ce réjouissant Tame Until Hungry juste entre Evolution of JazzRaptor et RaptorGnosis, meilleur que le premier mais légèrement inférieur au second.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°67 - Automne 2007)