BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Official Live Bootleg pochette

PISTES :

1. Crusader
2. Blue Rice
3. Omoplatta
4. Into The Sea
5. Ryutou Dabi
6. M.N.K
7. Overture
8. Soutou No Hebi
9. March
10. Eternal
11. Epic
Bonus at BajaProg 2005 :
1. Crusader
2. Gin
3. Aqueous
4. Over The Line
5. Joanni
6. Blue Rice
7. Shakespeare
8. M.N.K
9. Kairou
10. Epic

FORMATION :

Miki Fujimoto

(violon)

Junpei Ozaki

(guitare)

Ryuichi Odani

(claviers)

Naoki Kitao

(basse)

Masataka Suwa

(batterie)

Masatomo Nakashima

(compositions)

FANTASMAGORIA

"Official Live Bootleg" (DVD)

Japon - 2007

Poseidon - 100mn

 

 

Nouveau venu sur la scène progressive japonaise, Fantasmagoria a été formé en 2005 par la violoniste Miki Fujimoto (qui avait participé à la reformation récente d'Asturias le temps de quelques concerts). Certains ont peut être découvert le groupe en ouverture de l'édition 2007 du Progsud, où sa prestation fut saluée chaleureusement par un public très vite conquis. S'il n'a pas sorti à ce jour d'album studio (seulement une démo 5 titres), il proposait néanmoins à la vente le présent DVD, aujourd'hui disponible chez Musea, et qui ainsi nous fournit un bon moyen de faire connaissance avec lui...

A condition de ne pas être trop regardant sur l'aspect technique de l'objet, l'intitulé "Official Bootleg" n'étant à ce titre pas trompeur sur la marchandise. L'on n'a en effet pas affaire à un produit professionnel, autant niveau image que son, tous deux de qualité des plus inégale. En effet, le DVD est divisé en deux parties distinctes : si la première, compilant onze titres provenant de quatre concerts au Silver Elephant de Tokyo en 2006, s'avère tout à fait regardable (pour peu qu'on ne soit pas trop exigeant), on n'en dira pas autant de la seconde. Il s'agit de la prestation du groupe au Baja Prog en 2005, mais filmée au caméscope par Yoh Ohyama en personne (oui, oui, celui d'Asturias), d'où une qualité vraiment "limite", pour dix titres qu'on aura du mal à visionner plus d'une fois ou deux. On se concentrera donc plutôt dans notre appréciation sur la première partie, qui au moins bénéficie d'angles de caméras plus variés. Musicalement parlant, le progressif instrumental de Fantasmagoria ne manque effectivement pas d'atouts, en premier lieu une belle variété dans ses inspirations et donc dans les styles visités. Sur une base clairement rock, propulsée par une section rythmique dynamique, les cinq musiciens multiplient ainsi les digressions tour à tour symphoniques, fusion, crimsoniennes, voire hard-prog, avec un naturel assez confondant. Et en guise de trait d'union, le violon magnifique de Mika Fujimoto, serpentant au milieu de tout cela avec un constant à propos. C'est la violoniste qui retient d'ailleurs principalement l'attention, tant toutes ses interventions semblent touchées par la grâce, ce sans forcément se lancer dans une quelconque démonstration de virtuosité. Le reste du groupe se montre tout à fait compétent et parfaitement en place, quoique parfois un brin effacé, avec cependant un petit bémol pour un claviériste qui ne convainc qu'à moitié, la faute en partie à des choix de sonorités pas toujours des plus heureux.

Alternant parties complexes remplies de cassures rythmiques, interludes classisants ou jazzy, les morceaux (plutôt courts dans l'ensemble) réservent leur lot de surprises, tout en se révélant finalement accessibles grâce à un soin mélodique de tous les instants. Si on ne note pas vraiment de titres dispensables, quelques uns en particulier retiennent l'attention : citons le sombre et contrasté "Ryoutou Dabi" (avec un très beau duo claviers/violon dans sa partie centrale) ou le bien nommé "Epic", aux développements tour à tour aériens, frissonnants ou puissants, le tout en cinq minutes chrono. Dans ces moments là, on n'est vraiment pas loin du meilleur KBB (celui du premier album plus exactement), c'est dire...

Bref, un DVD qui, en tenant compte de ses réserves techniques, joue plutôt bien son rôle de carte de visite, en nous présentant un groupe des plus prometteurs, même si tout n'est pas parfait (des transitions parfois artificielles) et qu'il n'a pas encore affirmé totalement sa personnalité. La formule est donc de rigueur : à suivre...

Clément CURAUDEAU

(chronique parue dans Big Bang n°67 - Automne 2007)