BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Burdened Hands pochette

PISTES :

1. Recovery (10:00)
2. Itchy Tickler (4:05)
3. Dead Supermen (6:37)
4. Anachronism (5:42)
5. Funnel (4:28)
6. Just A Body (4:59)
7. Slackjaw (8:45)
8. Nothing (5:09)
9. Time Will Tell (3:36)
10. Empty Box (12:37)

FORMATION :

Ryan Parmenter

(chant, claviers, trombone)

Mathew Kennedy

(basse, Moog)

Alan Rutter

(guitare, chant)

Bob Young

(batterie, percussions)

EXTRAITS AUDIO :

EYESTRINGS

"Burdened Hands"

États-Unis - 2004

Autoprod. - 66:02

 

 

Certes, le fait que Rick Parmenter, principal compositeur d'Eyestrings, soit le neveu de Matthew Parmenter, leader de Discipline, est un argument non négligeable sur la carte de visite de ce nouveau groupe. Il n'empêche qu'il n'est pas évident de chroniquer une première œuvre si elle n'est pas en tous point parfaite. Bien que notre rôle ne soit pas de pousser les lecteurs à l'achat, l'idée de provoquer l'effet contraire nous est toujours un peu pénible. Rarement de jeunes formations se montrent aussi prometteuses que celle-ci, mais en même temps, bien peu cumulent autant d'éléments dissuasifs pour le public visé.

Bien qu'il soit toujours pratique de citer quelques similitudes ou liens de parenté avec des sommités, il faut bien reconnaître qu'on est ici trop loin des références habituelles pour ne pas risquer d'induire en erreur. Et s'il fallait vraiment en citer une, j'irai plutôt la rechercher du côté d'un Family pour le lien ténu mais bien réel entretenu avec ce que nous admettons habituellement progressif, et à l'inverse, un lien solide avec ce que l'on reconnaît plus volontiers relever d'un rock pas très loin de ses racines. Mais si cet aspect ne paraît pas au premier abord très valorisant, il devient vite évident qu'il ne pose ici aucun problème. Je serais même tenté de dire qu'il est en grande partie la source d'une indéniable originalité.

Sur le plan formel, Eyestrings choisit la sécurité, une assise rythmique sans faille et l'omniprésence d'un piano régulièrement relayé ou épaulé par une guitare solide. Il en résulte une cohésion qui au-delà des spécificités américaines n'est pas sans rappeler... Discipline. Cependant là où ce dernier délivrait un propos d'une rare densité, Eyestrings tend au contraire à diluer le sien, le confinant dans une relative superficialité. Aussi la réussite se trouve assujettie à celle de la mélodie. Lorsque celle-ci parvient à toucher, on mesure pleinement tout le potentiel de ce groupe. Malheureusement ce n'est pas toujours le cas, plusieurs titres manquant à ce niveau de profondeur comme «Anachronisme» (5:42), «Just A Body» (4:59) ou «Nothing» (5:09) où l'intérêt décroît proportionnellement. Aussi, même si curieusement les morceaux les plus longs sont les meilleurs, il est certain que les Américains auraient gagné à un tri plus sélectif de leurs idées.

Burdened Hands n'en demeure pas moins encourageant, et après tout, si je me souviens bien, c'est son second album, Unfolded Like Staircase, qui a révélé Discipline.

Laurent MÉTAYER

(chronique parue dans Big Bang n°54 - Juillet 2004)