BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Venus (1:31)
2. Missing The Last Train (6:15)
3. Real Me (2:33)
4. Information Overdose (5:04)
5. Restless Heart (4:29)
6. What Do We Know (7:01)
7. Meteor (4:19)
8. Reply (7:43)
9. Not For Sale (6:37)
10. Until The Day Breaks (8:24)

FORMATION :

Oliver Philips

(claviers, chant, guitare)

Christian Moos

(batterie, percussions)

Schymy

(basse)

Ralf Janssen

(guitare)

EVERON

"Venus"

Allemagne - 1997

Mascot Records - 54:24

 

 

Oliver Phillips, le leader d'Everon, ne dédaigne pas, c'est certain, l'emphase. Mais ce troisième album le prouve à nouveau, il dispose d'un atout maître dans sa capacité à la transcender par le biais d'une musique hard de luxe. Venus ne déroge pas à la règle des précédents albums et le style d'Everon ne fait que prendre racine dans le temps...

La production on ne peut plus musclée de Venus perd cependant en clarté par rapport au précédent album du groupe, Flood (1995), où la puissance était mise en relief de façon plus nette. Il s'agit probablement d'un excès de réverbération, en particulier sur le morceau d'ouverture. Il est, à ce propos, dommage que la courte introduction instrumentale ne soit pas plus longue et élaborée, car c'est une véritable petite perle mélodique...

Dans l'ensemble, les compositions, de facture relativement uniforme, montrent une nouvelle fois la capacité des Allemands à produire une musique intensément travaillée. Les arrangements sont complexes et contrastés, l'alternance calme/fougue bat son plein et le chant corrobore l'impression de lyrisme là où le côté hard pourrait à lui seul en lasser plus d'un. Oliver Phillips, avec ses intonations souvent évocatrices de Michael Sadler (Saga), s'avère donc être un chanteur plus que compétent.

On pourrait reprocher au groupe, en particulier à ce même Phillips, un éparpillement d'inspiration. Certains moments réussis demanderaient en effet à être développés. La cavalcade des idées entraîne parfois une certaine confusion, là où on aimerait davantage de moments d'exploration, plus recherchés et profonds. A ce propos, on notera justement que la chose est possible puisque le dernier morceau de l'album est une vraie réussite dans sa totalité.

En ce qui concerne la faiblesse à laquelle je fais allusion ci-dessus, elle est peut-être une des raisons (avec les déboires de SI Music) qui font qu'Everon n'ait pas encore accédé à la notoriété qui pourrait logiquement être la sienne.

Cela dit, et plus encore que sur les albums précédents, on notera le regain d'inventivité quant aux arrangements et à la volonté de mettre en jonction le hard et le prog. Les cassures symptomatiques typiques propres à ce style sont de plus en plus présentes et, somme toute, réussies. Il ne reste donc plus à Everon qu'à travailler encore plus la dimension purement mélodique de sa musique et savoir ne retenir que le meilleur de son inspiration, afin de se voir enfin reconnu comme l'un des groupes majeurs du style dans lequel il a choisi d'officier, celui d'un néo-progressif peaufiné et énergique.

Frédéric BELLAY

(chronique parue dans Big Bang n°23 - Novembre/Décembre 1997)