BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Systematic Chaos

PISTES :

1. In The Presence Of Enemies Pt. 1 (9:00)
2. Forsaken (5:36)
3. Constant Motion (6:55)
4. The Dark Eternal Night (8:51)
5. Repentance (10:43)
6. Prophets Of War (6:01)
7. The Ministry Of Lost Souls (14:57)
8. In The Presence Of Enemies Pt. 2 (16:38)

FORMATION :

Kevin James LaBrie

(chant)

John Petrucci

(guitare, chœurs)

John Myung

(basse)

Mike Portnoy

(batterie, chœurs)

Jordan Rudess

(claviers)

EXTRAITS AUDIO :

DREAM THEATER

"Systematic Chaos"

États-Unis - 2007

Roadrunner Records - 78:44

 

 

Faire le choix de mettre Dream Theater en couverture mérite quelques explications. Il s'avère en effet que depuis la naissance de Big Bang, jamais le quintette américain n'avait eu cette faveur, en dépit de leur statut encore reconnu de maître étalon du hard prog. Surtout, ce neuvième album studio, sans être parfait, est probablement le meilleur réalisé par le combo depuis ce sommet qu'était Scenes From A Memory. Plus cohérent que Six Degrees Of Inner Turbulence, moins radical que Train Of Thought, et affichant une personnalité davantage marquée qu'Octavarium, Systematic Chaos est un disque notable à bien des égards. Nous avons d'ailleurs eu la chance de pouvoir en discuter il y a quelques semaines avec un James Labrie très sympathique (voir interview ci-dessous). Toutefois, si nous avons pu recevoir un exemplaire promo de l'album avant sa sortie, l'analyse détaillée aurait été difficile à mener sans la version vendue dans le commerce, tant ce CD était entaché de sautes de lecture, rendant l'écoute de chaque morceau dans sa totalité rigoureusement impossible...

Si, comme les précédents albums, Systematic Chaos est toujours produit par le duo Mike Portnoy et John Petrucci, ils se sont cette fois adjoint les services de Paul Northfield, ancien collaborateur de Rush, en particulier sur Vapor Trails. Ce dernier s'est chargé de l'enregistrement, et a même eu son mot à dire sur le chant. Peut-être est-ce une des raisons de l'excellence sonore du disque, avec un son net et pur, clinique, même si on pourra regretter que le rendu global ressemble de trop près à celui des précédentes réalisations, par manque de producteur extérieur. Autre point positif, le visuel, aussi bien celui de la pochette que du livret. Symbole de l'égarement de l'humanité et du dérèglement de la nature, il est l'œuvre d'un autre collaborateur de longue haleine de Rush, à savoir Hugh Syme. L'album sort d'ailleurs dans une édition limitée qui présente surtout l'avantage d'offrir un DVD bonus, avec un making-of du disque, Chaos in Progress, réalisé par Mike Portnoy, le fan de cinéma. Durant une heure et demie, on assiste à l'enregistrement des différentes parties, morceau par morceau, avec des explications de la part de Portnoy, Petrucci et Labrie; non sous titrées, elles sont la plupart du temps assez facilement compréhensibles. Un témoignage intéressant, avec occasionnellement quelques situations un peu plus cocasses, Rudess jouant des claviers d'une main et buvant son café de l'autre, ou Portnoy interprétant une partie de basse d'Animals... On peut simplement regretter de ne pas découvrir de la même manière les coulisses du processus de composition.

Pour ce qui est du contenu musical proprement dit de cet album encore une fois rempli à ras bord, on peut diviser ses huit compositions en trois groupes distincts. Deux titres sont d'abord conçus pour devenir de futurs tubes. C'est particulièrement flagrant avec «Forsaken», qui lorgne énormément vers le style d'Evanescence : riffs incisifs, notes de piano, légers arrangements orchestraux un brin convenu, et une mélodie assez facilement mémorisable, l'exercice est relativement calibré, mais ressemble quand même plus à du Dream Theater que le «I Walk Beside You» d'Octavarium. Dans cette veine, on conseillera toutefois davantage «Prophets of War». D'une part en raison de ses paroles, sans aucun doute les meilleures du disque. Les seules signées de James Labrie, elles constituent une critique à peine voilée de la politique interventionniste de Bush fils en Irak (voir l'interview du chanteur). D'autre part, sa musique est plus personnelle. On pense bien sûr à Muse dès les premières notes, mais le morceau se muscle rapidement avec une rythmique métal tout simplement imparable, et des chœurs collectifs à l'esprit très martial (réalisés par des fans du groupe invités pour l'occasion), qui sont assurés de faire un carton en live.

Une autre composante importante de Systematic Chaos, ce sont deux titres qui s'inscrivent dans la lignée de Train of Thought, sept et neuf minutes enchaînées, qui peuvent se révéler ainsi éprouvante pour certains. Avec le chant de Mike Portnoy, agressif et parfois même distordu, qui complète très souvent celui de Labrie, on évolue dans un registre plus proche de Pantera et Metallica que de Yes ! Pour autant, bien que les soli de Rudess et de Petrucci, surtout, partent à plusieurs reprises en vrille, les structures complexes de ces deux compositions, aux nombreux changements de tempos, leurs passes d'armes impressionnantes (avec un solo de continuum à la fin de «The Dark Eternal Night») ajoutées à des refrains mélodiques et fort plaisants sont susceptibles d'intéresser un public plus large que celui des amateurs les plus hardcore du groupe. «Constant Motion» a d'ailleurs été choisi, à la surprise générale, comme premier single !

Enfin, les cinquante minutes restantes sont consacrées à la face la plus immédiatement progressive de Dream Theater. Dans ce registre, le morceau le plus abordable est incontestablement «Repentance», une bonne dizaine de minutes au compteur, qui n'est autre que la quatrième partie de la série consacrée par Mike Portnoy à sa lutte contre l'alcoolisme (après «The Glass Prison», «This Dying Soul» - dont une référence ouvre «Repentance» - et «The Root of All Evil»). Il s'agit en effet du titre le plus atmosphérique et calme du disque, à la mélancolie charnelle et à l'émotion éclatante, qui brille surtout dans la dernière séquence, à base de chœurs planants puissants. On est ici proche des univers de Pink Floyd et du premier King Crimson (l'usage du Mellotron renforçant ce parallèle). Petit clin d'œil supplémentaire, comme une mise en abyme de plus, Mike Portnoy a demandé à plusieurs de ses amis du milieu de venir lire quelques phrases consacrées à des choses dont ils voudraient se repentir : à vous de reconnaître les voix de Jon Anderson, Daniel Gildenlöw, Steve Hogarth, Neal Morse, Joe Satriani, Steven Wilson, Steve Vai, Mikael Akerfeldt, entre autres... Autre morceau de choix, le quart d'heure de «The Ministry of Lost Souls». Débutant avec un thème emphatique au clavier, il voit se succéder une délicate chanson construite autour de la guitare acoustique et du piano, dans la veine de la seconde partie de la suite «Octavarium», puis une longue séquence instrumentale, sans hésitation une des plus remarquables de Systematic Chaos, aux soli coups de poings et à la rythmique tout simplement redoutable.

Enfin, il y a cette suite de vingt-cinq minutes, qui est ici divisée en deux morceaux placés en début et en fin d'album, mais que l'on peut parfaitement écouter l'un à la suite de l'autre. «In the Presence of Enemies» évoque le sort d'une personne succombant au mal, et est sans aucun doute le titre épique le plus sombre de la carrière du combo américain. L'ouverture instrumentale est un modèle du genre, du hard-prog de haute volée, avant des sections chantées parfaitement contrastées, dont un refrain aux accents symphoniques. On notera simplement quelques longueurs sur l'ensemble, ventre mou de la seconde partie, et un final instrumental un peu moins inspiré que le reste. Comme à l'accoutumée, ce nouvel enregistrement est servi par des musiciens impeccables. James Labrie livre en particulier une remarquable prestation, assez aérienne, sans excès vocal aigu, et John Petrucci se fend de plusieurs soli lyriques de toute beauté, un créneau nettement préférable à celui du shred facile. La section rythmique est impériale, le travail de Portnoy d'une richesse subtile, et John Myung, que l'on aurait souhaité un peu plus affirmé au mixage, prenant parfois un peu les devants (ses notes offensives sur «The Dark Eternal Night»). En fait, celui des musiciens qui convainc finalement le moins n'est autre que Jordan Rudess. Bien qu'à certains moments, il utilise des sonorités de Moog proches de celle d'un Norlander, il se contente trop souvent de reprendre des sons et des plans déjà utilisés, en particulier ces petites interventions très cartoon. Un certain renouvellement s'impose, incontestablement. En attendant, profitez sans modération de Systematic Chaos, un très bon cru de Dream Theater.

Jean-Guillaume LANUQUE

Entretien avec James LABRIE :

James Labrie

Systematic Chaos est le premier album qui sort chez Roadrunner : qu'est-ce qui vous a attiré chez ce label, et qu'en attendez-vous comparativement à Warner ?

D'abord c'est vraiment un label qui a commencé tout bas. En fait, il faut regarder son histoire : il a débuté tomme un tout petit label pour arriver aujourd'hui à être un des labels indépendants les plus importants. S'ils en sont arrivés là aujourd'hui, c'est grâce au concept qu'ils appliquent, la façon dont ils représentent leurs artistes, qui va au-delà de la simple envie de suivre la mode du moment, sortir un album pour faire, le plus d'argent possible. Leur idée, en fait, c'est de signer seulement des artistes qui sont uniques, qui ont une vraie personnalité. A chaque fois qu'ils signent un artiste, ça veut dire qu'ils ont pris le temps de connaître l'artiste, le groupe, et Dream Theater se reconnaît complètement dans cette façon de faire. Quant on les a rencontrés, ils connaissaient parfaitement toute notre histoire, toute notre carrière, ce que le groupe représente et combien nous sommes passionnés par ce que nous faisons. Donc ils ont parfaitement capté qui nous étions et ce que nous représentions.

Quant à nous, en nous penchant sur ce qu'ils étaient, on pouvait voir un peu tous les groupes qui travaillent avec eux, et tout ce qu'ils ont accompli avec certains d'entre eux, comme par exemple Slipknot qui, quand ils ont commencé, intimidaient beaucoup de gens, qui ne savaient pas trop quoi en penser, et Roadrunner a tout de suite cru en eux, les a soutenu, et en a fait la promotion, comme une maison de disques doit le faire, et maintenant, c'est un groupe qui compte et qui a beaucoup de succès. Je pense également à d'autres groupes, comm Trivim, Opeth, Dragonforce, Stone Sour, Megadeth et même plus récemment Porcupine Tree, qui occupent une place vraiment unique et particulière, surtout quand on voit ce qu'est l'industrie du disque aujourd'hui, où tout doit aller très vite, où l'avenir est incertain. A l'inverse, Roadrunner continue à croire que si on connaît vraiment bien son artiste, et qu'on l'aide à se développer, en le défendant comme il se doit, ça paiera, à la fois pour le label et pour l'artiste. Voilà les raisons qui nous ont amené à signer avec eux, et voilà, d'après moi, les seules raisons qui devraient amener un artiste à signer avec un label. En fait, on est rentré en studio, on a commencé à enregistrer l'album en free lance, sans aucun label derrière nous, et on en a rencontré plusieurs pendant la fabrication de l'album. Dès qu'on les a rencontrés, on s'est tout de suite dit que c'était le label avec qui on avait envie de travailler.

Comment définiriez-vous ce nouvel album par rapport à vos précédentes réalisations ? Quels sont d'ailleurs les disques que vous avez écoutés pendant la préparation du disque ?

A la première écoute, comme ça, c'est vrai que c'est un album heavy. Mais c'est plus que ça. Il est clair que c'est l'aspect stylistique qui ressort de façon évidente, mais contrairement à Train Of Thought, qui était vraiment très "rentre-dedans" et très intense d'un bout à l'autre, Systematic Chaos est certes heavy, mais ce qui lui donne une signification plus profonde musicalement parlant et un aspect pluridimensionnel, c'est que beaucoup d'autres styles sont bien présents dans la plupart des chansons, que ce soit l'aspect progressif, «classic rock», et même par endroits des mouvements assez proches de la musique classique. C'est tout cela qui donne à cet album sa personnalité, on y trouve toujours l'aspect progressif, technique et assez complexe, mélangé à tout le côté heavy. Tous ces styles se mêlent pendant toute la dûrée de l'album, ce qui lui donne toute la dynamique et la profondeur nécessaires. Quant à d'éventuelles influences de disques particuliers qu'on aurait écouté pour y pêcher des idées pour le nouvel album, il n'y en a pas vraiment. En fait, chaque membre du groupe est toujours en train d'écouter de la musique, et on prend ainsi la température de tout ce qui se passe dans le monde musical. Les groupes qui nous inspirent sont des groupes soit nouveaux, soit anciens, mais qui font des choses sympas. C'est ça qui nous nourrit musicalement. Nos inspirations sont diverses, parce que nous n'écoutons pas tous les mêmes choses, et la palette de ce que nous écoutons s'élargit toujours plus. Mais ça fait tellement longtemps qu'on travaille ensemble que l'on n'a presque pas besoin de se parler, il y a comme une sorte d'alchimie qui se forme d'elle-même, sans effort. Pour les albums précédents, on avait quand même quelques idées précises de ce qu'on voulait faire et de la direction qu'on voulait suivre avant d'entrer en studio, alors que pour cet album-ci, plus organique, l'idée, c'était «tiens, rentrons en studio et voyons ce que ça donne. Voyons si ce qui sort peut servir de canevas. Et si ça nous plait, suivons cette voie là et laissons une idée en amener une autre». Finalement, c'est un peu la même façon de travailler que pour les quatre ou cinq derniers albums, on écrit et on enregistre en même temps.

Avez-vous des morceaux de prédilection, dans ce nouvel album ? Lesquels, et pour quelles raisons ?

Si vous me posez la question maintenant, je vais vous donner une réponse. Si vous me la reposez dans six mois, je vous en donnerai probablement une autre. Mais en tout cas, en ce moment, j'aime vraiment beaucoup la chanson «In the Presence of Enemies», j'adore sa dynamique et la façon dont elle est construite. Je la trouve vraiment très enthousiasmante, et le développement est très intriguant. Cela résume en grande partie ce qu'est Dream Theater, c'est-à-dire que la façon dont commence une chanson ne présume en rien de la façon dont elle va finir ou de la façon dont elle va évoluer. C'est ce qui fait que Dream Theater suscite la curiosité chez ses fans : on ne sait jamais ce qu'on va trouver, il y a sans cesse une remise en question, une évolution, on cherche toujours la nouveauté, on prend soin de ne pas se répéter. Dans «In the Presence of Enemies Part 2», on retrouve beaucoup des styles qui nous ont fait connaître, tous les côtés progressifs, heavy et même «classic rock», qui s'entrelacent dans cette chanson. Une autre chanson qui me plaît particulièrement en ce moment, c'est une chanson plus atmosphérique, qui me rappelle «Shine on You Crazy Diamond» des Pink Floyd, «Repentance». Je trouve que c'est une chanson qui a un effet très reposant, hypnotisant, très mélancolique, et qui favorise la réflexion. C'est une chanson où on peut entendre les paroles très personnelles de Mike, puisque c'est la quatrième partie de sa réflexion sur l'alcoolisme. J'aime beaucoup les bonnes vibrations de cette chanson. C'est comme une respiration dans l'album, beaucoup plus calme et assez grave. Mais c'est très subjectif, parce que j'aime aussi beaucoup «Ministry of Lost Souls», ainsi que la subtilité du début de «Prophets of War», et comment la chanson évolue vers une prise de position très forte, vers la fin.

Au sujet justement de «Prophets of War», j'allais vous poser une question sur les paroles, que vous avez écrites : pourriez-vous nous en dire davantage sur cette chanson ?

En fait, je me suis librement inspiré d'un livre que j'ai lu, qui s'intitule The Politics of Truth, écrit par Joseph Wilson, qui a été ambassadeur des États-Unis, et ce que j'en ai retiré, c'est qu'il y a beaucoup de mensonge et de corruption dans les gouvernements, et pas seulement celui des États-Unis. C'était ma façon à moi de parler aux auditeurs, et de leur dire qu'il ne faut pas continuer à laisser à nos politiciens une entière liberté d'action quant il s'agit de décider ce qui est le mieux pour nous, en tant que société, voire en tant qu'espèce. Parce que ce qu'ils ont fait pour résoudre nos différences ou nos différends par le biais de la guerre est à proprement parler barbare. Le fait qu'ils perpétuent ces peurs afin que nous ayons l'impression que la meilleure voie possible est celle du conflit et de la force, au lieu d'essayer de nous instruire et de nous apprendre à communiquer et à parler, afin de mieux connaître la culture de l'autre et de résoudre les conflits de cette façon, est totalement malsain et ne peut pas fonctionner. Voilà un peu ce que j'essaye de démontrer. Il faut qu'on repense tous ces problèmes, et au lieu de créer un fossé encore plus grand, essayons de parler pour faire plutôt naître un sentiment d'unité, de respect et de compréhension. En fait, si on se penchait vraiment sur la question, on se rendrait compte que 90% des Américains sont contre la guerre en Irak, et c'est une décision unilatérale des politiques et des gens en place que de poursuivre ce conflit. Cette position n'a rien à voir avec le fait que je sois canadien, car l'Amérique du nord est très homogène, et les Canadiens ont à peu près la même culture que les Américains. C'est vraiment dommage de voir que les Américains en tant que peuple sont mal perçus, et souffrent par un effet boomerang des décisions de ces politiques, alors que je pense qu'ils ne veulent pas de cette guerre. Il y a de nombreuses manifestations qui s'y opposent, de plus en plus de célébrités qui prennent position, et des politiciens d'autres partis que les Républicains qui expriment leur désaccord profond avec ce conflit et avec l'idée qu'au XXIème siècle, on continue à régler les problèmes par la guerre. C'est de la folie, et ça n'apporte de justice à personne. Mais j'ai essayé de ne pas être trop partisan, et dans mes paroles, j'ai pris soin de ne mentionner aucun nom ou aucun lieu précis, mais quelque chose de plus philosophique et qui concerne toute l'espèce humaine pour faire naître une prise de conscience plus collective. Car ce n'est que par une prise de conscience collective que nous pourrons faire changer les choses, et ça ne concerne pas seulement les conflits armés, mais également l'éradication de la pauvreté, de l'oppression, la conquête d'une vraie liberté d'expression et la possibilité d'avoir des aspirations et d'essayer de les réaliser.

Savez-vous déjà comment se déroulera la tournée ? Des surprises sont-elles prévues ?

Tourner est très important pour nous, on a toujours été un groupe de scène, et on aime garder le contact avec nos fans partout dans le monde, et ils sont d'ailleurs de plus en plus nombreux. En ce qui concerne les nouveaux concerts en eux-mêmes, on réfléchit toujours beaucoup et on consacre beaucoup d'énergie à l'aspect visuel, pour que cet aspect là soit aussi excitant que la musique. On est en train d'y travailler. Je ne vais pas vous en dire plus, mais je pense que tout le monde sera très content des côtés très visuels des concerts.

Qu'en est-il de votre carrière solo : un nouvel album studio est-il prévu prochainement ?

Eh bien, ces derniers temps, avec Matt Guillory, mon principal collaborateur, on a discuté des dernières chansons qu'on a composées, et on a déjà une direction pour le nouvel album, le problème étant maintenant de trouver du temps pour finir l'écriture et ensuite rentrer en studio. C'est juste une question d'organisation. Mais ce qui est sûr, c'est que nous allons sortir un nouvel album, et on est très content de ce que ça va donner musicalement. C'est sûr que là, je m'apprête à repartir sur une tournée mondiale avec Dream Theater, qui va durer à peu près un an, mais j'espère que pendant les pauses que nous aurons pendant cette tournée, j'arriverai à trouver l'opportunité de travailler avec Matt.

Pour terminer, quels sont vos derniers coups de cœur musicaux, littéraires et cinématographiques ?

Hum... Côté littérature, je viens de finir un livre qui s'appelle The Extreme Future, de James Canton, qui est docteur en économie et spécialiste des questions financières. C'est un livre qui parle de ce que sera le monde et de ses avancées technologiques dans une trentaine d'années, de l'allongement de la durée de vie, toutes les découvertes médicales à venir, et de la façon dont la technologie peut imiter la nature. Je ne trouve pas ça exagéré du tout, parce que la façon dont nous vivons aujourd'hui n'est pas si éloigné de ce que la science-fiction imaginait il y a pas mal d'années, car la technologie avance si vite qu'il n'est pas déraisonnable de penser que ce qu'on considère comme science-fiction aujourd'hui devienne réalité. Côté ciné, je n'ai pas vraiment vu de film marquant ces derniers temps, je vais plutôt au cinéma quand on est en tournée : si on a un jour de repos, j'aime bien aller au cinéma. Mike, par contre, est un vrai fana de cinéma, et si vous lui aviez posé la question, il vous aurait sûrement parlé d'une quarantaine de films ! Sinon, côté musique, récemment, j'ai été très emballé par ce que fait Porcupine Tree, leur dernier album est excellent, et je suis aussi très convaincu par le dernier album de Marillion, Somewhere Else. J'ai commencé il y a quelques jours à écouter le nouvel album de Rush, qui est plutôt pas mal pour ce que j'en ai entendu. J'aime bien aussi ce qu'a fait Stone Sour sur leur dernier opus. J'aime aussi beaucoup la façon dont le groupe Muse évolue. Starsailor me plaît aussi beaucoup, et récemment, j'ai également écouté pas mal System of a Down, parce que mon fils les adore, notamment Toxicity et Mezmerize, qui sont ses deux albums préférés.

Interview réalisée par Christine FORTIN
et Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique et entretien parus dans Big Bang n°66 - Été 2007)