
PISTES :
1. Flood (14:40)
2. Firmamento (3:03)
3. Trajecto III (7:01)
4. Malva Bruma (7:16)
5. Simetricacustica (3:54)
6. Trajecto V (4:33)
7. Ruptura Part I (2:22)
8. Ruptura Part II (2:57)
9. requiem (por Quim) (3:58)
10. Secuencias en Equilibro (2:28)
11. Desesperado i sin Salidas Falsas (4:41)
FORMATION :
Alberto Díaz
(guitare)
Luis Rodríguez
(batterie, percussions)
Joan Francisco
(basse)
INVITÉS
Rafa Juan
(batterie, percussions [1])
Ales Del Pozo
(basse [1])
Mariano Vera
(guitare [1])
Manuel Sánchez
(basse [1])
Luis David García
(basse [4])
Francisco Artacho
(basse [7,9,10,11])
Josep Solà
(saxophone [9,10])
Isabel Sánchez
(complaintes [9])
DIFICIL EQUILIBRIO
"Flood"
Espagne - 2006
Muséa - 2006
Pour sa cinquième production, Dificil Equilibrio a décidé de dresser un bilan de ses vingt ans de carrière et propose avec Flood quelques raretés issues de ses archives. Perçu par le groupe espagnol comme une œuvre à part entière de sa discographie et non comme une vulgaire compilation, il n'a pas hésité à mettre les petits plats dans les grands. Le graphisme du livret est très réussi et les notes bibliographiques qui accompagnent chacun des onze morceaux font preuve d'un luxe de précisions incroyable. Tout est y expliqué avec exhaustivité : date et conditions d'enregistrements, contexte historique du groupe, etc.
Datant de 1988 à 2001, ces pièces inédites ont des origines diverses et variées : extraits de démos, témoignages de scènes ou de répétitions, versions alternatives de titres déjà connus, ou bien «chutes» des sessions des précédents albums. En dépit de ce côté disparate, le son est assez homogène et toujours satisfaisant. Nous voilà rassurés sur ce sujet.
Passées ces quelques considérations historiques et techniques, attachons-nous au contenu artistique de ce Flood et tachons de répondre à l'épineuse question de la légitimité de l'exhumation de ce matériel inconnu. Mon avis sur le sujet est assez mitigé. D'un côté, il faut reconnaître que Dificil Equilibrio possède des qualités évidentes. A l'origine, simple plagiaire de King Crimson (pour ainsi dire), il a su se démarquer peu à peu de ce maître pour se forger une originalité et une personnalité propre située quelque part entre Philharmonie (richesse harmonique des guitares entremêlées) et d'Ozric Tentacles (transe rythmique), la musique est aventureuse, inventive, généralement sombre mais ponctuée d'éclats lumineux et chaleureux. Qui plus est, elle est formidablement mise en valeur par des musiciens compétents : le guitariste Alberto Diaz a rappelons-le joué avec Fripp, et cela s'entend, et la section rythmique (Luis Rodrigez à la batterie et Joan Francisco à la basse) impose un groove entraînant. N'oublions pas les nombreux invités qui viennent enrichir la palette de façon tout aussi éclatante.
Toutefois cela ne se traduit pas forcément par un enthousiasme permanent. Si le niveau général de l'album lorgne vers le très bon, il faut avouer que le résultat n'est pas toujours à la hauteur des ambitions affichées. Et là, la prise de risque se paie cash : le quart d'heure du morceau titre enregistré en live paraît interminable sans son pendant visuel, certaines improvisations paraissent un brin complaisantes, et d'autres compositions pour le moins embryonnaires ou brut de fonderie auraient mérité de passer à la meule afin d'être plus fuselées. En tout cas ce petit tiers de morceaux de second ordre aurait certainement dû rester là où il était.
Voilà donc un album dont le contenu artistique est aussi bigarré que le contexte historique auquel il fait référence. Sans renier le grand brio de cette formation, réservons toutefois l'usage de Flood à tous ceux qui ont su apprécier Trayecto (2000) et Simetricanarquia (2003). Ces deux «véritables» albums (dont nous avons dit pas mal de bien dans nos numéros 37 et 50) restent toujours les ambassadeurs consensuels et naturels du groupe et doivent être privilégiés pour sa découverte, et cela en vaut la peine.
Olivier VIBERT
(chronique parue dans Big Bang n°64 - Hiver 2006-2007)

