BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

On Track pochette

PISTES :

1. Nanabohzo and the Rainbow
2. Long Time, Shadow Falls
3. The Cosmic Score (Heaven Song Pt. I)
4. Believer-Redeemer
5. Oil Over Arabia
6. Big Parade
7. Madison Blue
8. Dark Sun

FORMATION :

Dan Mash

(basse)

Guy Manning

(chant, guitares, claviers)

Marek Arnold

(claviers, saxophone, clarinette, seaboard)

Sean Timms

(claviers, banjo)

INVITÉS

Alex Taylor
(trombone)

Antonio Vittozzi
(guitare)

Brody Thomas Green
(batterie)

Chris Catling
(guitare)

David
(chant)

Eric Santucci
(trompette)

Julie King
(chant)

Kev Currie
(chant)

Luke Machin
(guitare)

Nick Magnus
(claviers)

Phideaux
(chant)

Stephen Dundon
(flûte)

Tim Irrgang
(percussions)

Ulf Reinhardt
(batterie)

DAMANEK

"On Track"

International - 2017

GEP - 54:01

 

 

Damanek est le nouveau supergroupe signé chez GEP, label ayant le vent en poupe : on se souvient en particulier de Kyros, qui fit la couverture de notre précédent numéro. C'est à Guy Manning que revient l'idée de cette nouvelle formation, et autour de lui au chant, claviers et guitares, il a recruté le bassiste Dan Mash (de Maschine), le brillant touche à tout allemand Marek Arnold (leader de Toxic Smile, Cyril ou Seven Steps To The Green Door) aux instruments à vent, et le claviériste Sean Timms (ancien leader d'Unitopia et cheville ouvrière de Southern Empire).  

Et comme si cela ne suffisait pas, de nombreux invités sont également de la partie, parmi lesquels Luke Maschin à la guitare, Nick Magnus au clavier ou Xavier Phideaux au chant. La production, assurée par Sean Timms, est claire et lumineuse, rendant parfaitement justice à la musique de Damanek. Pour aller vite, on pourrait la résumer en parlant d'une pop-prog de luxe, à la manière de Alan Parsons Project ou Barclay James Harvest. L'ambiance est souvent proche d'un jazz grand public, les différents titres se révélant très personnalisés. Ainsi, tandis que "Nanahbozo And The Rainbow" sonne très Santana dans ses orchestrations (quelle rythmique !), se ressentant de la patte de Sean Timms, "Long Time, Shadows Fall" évoque davantage Johnny Clegg et Chris Rea (délicieuses parties de guitare), son pré-final se révélant plus emphatique et symphonique. Plus calibré en apparence, "The Cosmic Score" permet de profiter du chant profond de Guy Manning, et d'un solo de clavier relativement développé.  

Là où "Believer-Redeemer" relève davantage des productions de la Motown, "Oil Over Arabia" de l'école de Canterbury (ah, ces vocalises en guise de refrain !), "Big Parade" et ses ambiances de cirque tient davantage de la pochade, avant de gagner en caractère. "Madison Blue" joue pour sa part le rôle de la ballade classique mais terriblement efficace. L'ensemble du disque est franchement plaisant, chaque intervenant trouvant sa place dans les arrangements, très travaillés, et certaines séquences instrumentales sont particulièrement réussies (clarinette-piano sur "Nanahbozo And The Rainbow", piano débridé sur "Oil Over Arabia" et un autre brillant solo de Marek Arnold), sans être excessivement développées. C'est particulièrement sensible sur "Dark Sun", ultime composition de On Track, qui, en un peu plus de treize minutes, tisse surtout un écrin instrumental pour une mélodie vocale très attachante; la séquence centrale d'un peu moins de trois minutes n'en est pas moins très plaisante.  

Guy Manning, avec Damanek, semble avoir créé son propre The Tangent, plus axé chansons, avec un talent ferme pour les mélodies séduisantes. Si l'on sait prendre ce disque pour ce qu'il est, un manifeste de pop-prog sincère et généreux, aux soli consistants, on a l'assurance d'avoir avec On Track un album que l'on réécoutera avec délice. En attendant un second opus sans doute assez rapidement, les sessions de l'album inaugural ayant apparemment permis de produire suffisamment de matériel... 

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°99 - Juillet 2017)