BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

The Unreasonable Silence pochette

PISTES :

1. Echo $abduction
2. This Film Might Change Your Life
3. Plastic Men
4. Arcade Machine
5. RGB
6. Four Wall Euphoria
7. The Uniform Road
8. The Silent Field
9. Relativity
10. The Unreasonable Silence

FORMATION :

Robin Armstrong

(chant, tous instruments)

INVITÉS

Nick D'Virgilio
(batterie [1-4,6-10])

Nick Beggs
(basse [6])

Dave Meros
(basse [4])

Rachael Hawnt
(chant [6,9,10])

COSMOGRAF

"The Unreasonable Silence"

Royaume-Uni - 2016

Autoproduction - 59:25

 

 

Derrière ce patronyme de nom de groupe se cache en réalité le projet du multi-instrumentiste Robin Armstrong (voir également BB 91) qui en est déjà à son sixième album en neuf ans, et qui a réussi à passer du statut de musicien passionné dans son home studio bricolé à celui d'artiste capable d'attirer à lui des instrumentistes aussi fameux que Nick D'Virgilio, Nick Beggs ou Dave Meros, pour ne citer que les intervenants de ce nouvel opus.

Si vous avez bien observé la pochette du disque, vous n'aurez pas manqué d'y voir une très forte relation avec l'univers de la science-fiction, et si vous poussez encore un peu plus loin vos déductions, le nom même de Cosmograf peut se comprendre comme le rapprochement de cosmos et cinématographe. Ainsi, avant même d'avoir écouté la moindre note de musique êtes vous capable de supposer que The Unreasonable Silence va vous transporter dans un univers où image et son ne font qu'un. Et vous aurez bien évidemment raison ! Les 10 titres (de 2:15 à 9:07) de l'album forment un tout qui embarque l'auditeur pour un voyage musical requérant toute son attention, tout comme le spectateur va au cinéma et ne fait pas autre chose pendant la durée du film.

La musique, globalement contrastée entre dynamique rock ("Four Wall Euphoria") et apaisements symphoniques (un beau mellotron et une nonchalance toute floydienne sur "Relativity"), est régulièrement ponctuée de bruitages en tout genre, et le chant laisse de même la place à d'autres interventions vocales (messages téléphoniques, bribes de conversation), jusqu'au titre éponyme final bien emphatique et puissant à la fois, mis en valeur par de plaisants choeurs féminins. A chacun de créer ses propres images, son propre film.

Sans révolutionner un genre déjà maintes fois emprunté par nombre d'artistes progressif (on pense notamment à Ayreon), Robin Armstrong parvient à sortir son épingle du jeu grâce à un univers foisonnant, des musiciens invités compétents et un sens aiguisé pour le rock symphonique puissant. Comme on va s'offrir une bonne toile, on peut aussi écouter un bon album de Cosmograf sans sortir de chez soi, et s'en mettre plein les yeux et les oreilles.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°97 - Novembre 2016)