BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

La Boîte à Musique pochette

PISTES :

1. Un Pont Sur L'Infini (5:34)
2. L'Horloge Suspendue (2:53)
3. La Boîte A Musique (8:25)
4. A Gift (2:33)
5. La Ballerine (4:54)
6. Lullaby Road (1:51)
7. De L'Autre Côté Du Vent (5:18)
8. Graines De Beauté (3:24)
9. Fleurs Nocturnes (3:36)
10. Le Sculpteur De Sable (3:58)
11. Quiet Christmas (2:48)
12. La Boîte De Pandore (7:43)

FORMATION :

Jean-Pascal Boffo

(guitares)

EXTRAITS AUDIO :

JEAN-PASCAL BOFFO

"La Boîte à Musique"

France - 2007

Muséa - 52:52

 

 

On ne présente plus Jean-Pascal Boffo, ancien collaborateur de Christian Décamps et guitariste parmi les plus talentueux de l'hexagone, dont les nombreux albums solo sortis depuis 1986 et ses Jeux de Nains ont régulièrement été chroniqués dans nos pages (voir par exemple les numéros 36 et 56). Ce nouveau disque, à la très belle pochette, fait partie de la catégorie de ses réalisations les plus intimistes. Auteur de toutes les compositions instrumentales, Boffo s'y dévoile équipé seulement de sa guitare acoustique, avec un rendu sonore particulièrement limpide, auquel ont contribué les frères Leonetti du groupe Lazuli (c'est dans leur studio que La Boîte à Musique a été enregistré).

Si le propos de La Boîte à Musique fait souvent penser aux disques de guitare classique signés Steve Hackett ou aux apports du même au sein de Genesis, la chaleur est plus souvent au rendez-vous, avec des thèmes qui convoquent également XII Alfonso ou Mike Oldfield, aux notes pointues délicatement ciselées et peaufinées («Un pont sur l'infini»).

Le jeu de Boffo, tout en dentelles, arrondit considérablement l'écho parfois trop sec des sonorités acoustiques, d'autant que le musicien se double parfois lui-même, approfondissant le soubassement grave et l'impact émotionnel des morceaux, avec de surcroît quelques arrangements sans doute réalisés au clavier, mais qui ne sont pas crédités (le titre éponyme, «De l'autre côté du vent» ou «La boîte de Pandore»). Beaucoup de sérénité et d'esprit bucolique, voire même d'hypnotisme lancinant («La ballerine»), donc, même si on pourra trouver la qualité interne des douze compositions inégalement séductrice, et le rythme trop uniformément pondéré.

Bien sûr, l'exercice est très spécifique, et en tant que tel, il pourra difficilement fédérer un large public, rétif à autant de dépouillement et vite lassé par tant de sobriété, sans parler d'un caractère somme toute assez répétitif. Mais pour les amateurs du genre, voilà un album à mettre les yeux fermés entre les oreilles...

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°68 - Hiver 2007-2008)