
PISTES :
1. 25 Years (4:57)
2. Olde Village Lanterne (5:14)
3. I Guess It Doesnt Matter Anymore (4:50)
4. The Messenger (2:55)
5. World Of Stone (4:25)
6. Faerie Queen (4:56)
7. St. Teresa (5:26)
8. Village Dance (1:58)
9. Mond Tanz/Child In Time (6:12)
10. Streets Of London (3:48)
11. Just Call My Name (I'll Be There) (4:49)
12. Olde Mill Inn (3:20)
13. Windmills (3:27)
14. Street Of Dreams (4:34)
FORMATION :
Ritchie Blackmore
(guitares électrique et acoustique, tambourin, vielle à roue, mandola, batterie renaissance)
Candice Night
(chant, shawm, rauschpfeife, flageolet, cornemuse)
BLACKMORE'S NIGHT
"The Village Lanterne"
Royaume-Uni - 2006
SPV - 60:52
Avec déjà quatre albums studio (voir notre numéro 50), un double live, un double DVD, et deux compilations, dont une de ballades, à son actif, le duo formé voici dix ans par le légendaire Ritchie Blackmore et sa compagne Candice Night s'est imposé comme une valeur sûre de la scène folk progressive britannique. The Village Lanterne est donc le cinquième opus studio du groupe, un opus particulièrement bien garni, puisqu'on y trouve pas moins de quatorze titres. Parmi ceux-ci, les traditionnels instrumentaux de Ritchie Blackmore : ici, «The Messenger» et «Village Dance», agréables pauses acoustiques déliées sans autre prétention que mélodique.
Pour le reste, le couple équilibre davantage que par le passé morceaux acoustiques et compositions plus électriques. Pour les titres les plus marqués par la musique médiévale, «25 Years» est une belle réussite, avec ces arrangements d'instruments anciens au son magnétique et la voix suave de Candice Night qui sublime des lignes vocales extrêmement agréables, sans oublier une brève intervention soliste de Blackmore à la guitare sèche. On n'est ici guère éloigné de l'univers des premiers Mike Oldfield, comme le confirme d'ailleurs l'introduction du titre éponyme, délicat à souhait, avec une légère montée en puissance orchestrale. Autre moment fort, «World Of Stone», dont les chœurs cérémonieux mettent bien en valeur l'organe charismatique de Candice Night. «Faerie Queen», complainte celtique irrésistible, est suivie de la séquence instrumentale «Faerie Dance», brillante démonstration acoustique ponctuée de quelques vocalises festives sur laquelle Blackmore se lâche : un des moments les plus progressifs de l'album. «Streets Of London», reprise de Ralph Mc Tell, manque par contre de force, la ballade «Windmills» de caractère, et «Olde Mill Inn» évoque un peu trop les tavernes bavaroises.
Pour les morceaux à dominante électrique, tous pourvus de soli de guitare qui évoqueront aux plus anciens d'entre-nous les grands moments de l'homme en noir, «I Guess It Doesn't Matter Anymore», au refrain particulièrement entraînant et digne d'un titre de Rainbow, s'avère nettement moins original que l'intense «St. Teresa», dont le rythme soutenu étonne, même si on demeure dans un registre folk-rock, mais lorgnant davantage vers Mostly Autumn. Un des moments les plus proches du hard-rock d'antan délivré par le maître de cérémonie. Dans ce registre, on ne peut évidemment ignorer deux reprises notables. Celle du mythique «Child In Time», enchâssé dans un instrumental bretonnant, «Mond Tanz» : sans pouvoir être comparée avec l'original, cette version en conserve la montée en puissance vocale, menée ici avec un grand raffinement grâce aux chants féminins. L'autre reprise est issue du répertoire du Rainbow des années 80, le plus FM. Cependant, le calibré «Street Of Dreams» se mue en composition aux atours médiévaux extrêmement séduisants, supérieure à l'originale, avec la voix de Candice Night pour laquelle on se damnerait. Toutefois, on notera une certaine tendance à l'auto-plagiat dans les mélodies vocales : ainsi, «I Guess It Doesn't Matter Anymore» n'est guère éloignée de «Just Call My Name (I'll Be There)»...
En outre, l'édition limitée, au livret particulièrement luxueux, propose un CD supplémentaire, qui contient une plage vidéo avec interview et bande annonce pour le DVD du groupe, et deux morceaux bonus. Le premier, «Call It Love», signé de la seule Candice Night, est un slow langoureux sans génie particulier. Quant au second, il s'agit d'une autre version de «Street Of Dreams», mais cette fois avec la présence de Joe Lynn Turner, ancien chanteur de Rainbow, aux côtés de la principale interprète, qui a pour principal intérêt de la mettre plus encore en valeur. Le résultat est finalement inférieur à la version précédente. The Village Lanterne, même sans son édition limitée, s'impose sans hésitation comme un des meilleurs albums du groupe, et celui qui pourra réconcilier le plus facilement les fans du Blackmore d'antan avec la nouvelle direction prise par sa carrière.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°63 - Automne 2006)

