
PISTES :
1. Once (4:03)
2. 1,000 People (3:54)
3. Miss U (4:13)
4. Christenings (4:37)
5. This Killer (4:06)
6. Epidemic (4:59)
7. My Gift Of Silence (4:05)
8. Some Day (4:22)
9. Where Is My Love ? (2:59)
10. End Of The World (5:13)
FORMATION :
Steven Wilson
(guitare, chant)
Aviv Geffen
(guitares, chant)
Daniel Salomon
(piano)
Seffy Efrati
(basse)
Tomer Z
(batterie)
EXTRAITS AUDIO :
BLACKFIELD
"II"
Royame-Uni/Israël - 2007
Snapper - 42:31
Steven Wilson a déclaré qu'il gardait ses idées les plus compliquées pour Porcupine Tree, et que Blackfield lui permettait d'exploiter un versant plus simple et plus axé "chanson" de son inspiration. Si le premier album du duo qu'il forme avec le guitariste et chanteur israélien Aviv Geffen avait pu en surprendre plus d'un mais s'était révélé un essai plus que concluant dans le genre, ce second opus confirme comme un coup de maître que Blackfield a toute sa place dans la prolifique carrière de l'esthète anglais. Et il est même probable que cette formation lui procure une audience plus large et donc un succès commercial plus important que sa formation d'origine.
Tout comme son prédécesseur, le bien nommé II (!) n'affiche donc rien de commun avec le genre progressif. Pas de réels développements instrumentaux, pas de constructions alambiquées, mais au contraire, un format chanson tout du long (10 titres de 2:59 à 5:13), des thèmes facilement mémorisables et des parties chantées dominantes. Au-delà des étiquettes, tous ceux qui suivent la carrière de Steven Wilson (et certainement beaucoup d'autres) ne manqueront pourtant pas de trouver leur bonheur à l'écoute de cette galette.
Il faudrait en effet être bien difficile pour ne pas succomber dès le splendide morceau d'ouverture, «Once», au refrain empreint d'un lyrisme imparable. On note au passage que l'entrée en matière de l'album fait montre d'un dynamisme très rock, même si globalement, la douceur et la mélancolie régnent en maîtres(ses). Il faut dire que depuis 2004, le duo créatif a stabilisé son effectif autour de lui (pianiste, bassiste et batteur), et l'enregistrement de ce deuxième album s'est fait dans de meilleures conditions, Wilson s'étant installé six mois en Israël dans ce but. On sent donc qu'un groupe véritable est à l'œuvre, et la répartition des tâches entre chacun est mieux dessinée. Même si Steven Wilson assure la majeure partie du chant, Aviv Geffen intervient au moins à quatre reprises, seul («Miss U») ou avec son compère («Epidermic», «Some Day» et «End of the World»). On sait que le premier n'est jamais vraiment satisfait par l'accent anglais du second (il y a fort à parier que les effets mis sur les voix sont employés à dessein pour masquer ces petites imperfections), mais Geffen a fait d'évidents progrès.
Musicalement, la tendance est donc à la mélancolie exacerbée, pour ne pas dire à la tristesse pure et simple. Il est sans doute plus facile en musique de faire ressentir des émotions tendant vers les larmes plutôt que vers le fou rire. Et Blackfield se pose en maître de la discipline ! Un petit ensemble de cordes est encore une fois au rendez-vous à maintes reprises («My Gift Of Silence», «Some Day» entre autres), accentuant les contours «spleenétiques», et le piano conserve sa place dominante pour les claviers. Les moments les plus rock ne sont donc pas légion, mais toujours bien amenés et ils n'en prennent que plus de valeurs («Once» donc, mais aussi «Epidermic» et «Where Is My Love»). Wilson et Geffen nous offrent également quelques belles parties de guitare (en particulier sur l'excellent «Christenings», tout en glissando). Pas de démonstrations inutiles, mais un sens de la belle mélodie en constante ligne de mire. Evidemment, on aimerait bien que le groupe se mette à développer plus longuement certaines idées, d'où parfois un sentiment de frustration. Mais bon, on sait maintenant à quoi s'attendre de la part de Blackfield... et on patientera encore quelques semaines pour écouter des choses plus "nourrissantes" avec l'autre groupe de Steven Wilson.
Sans l'effet de surprise fort agréable du premier album, II confirme en tout cas de belle manière qu'il est bien plus qu'une récréation de plus pour son principal auteur. On se répète, mais on se demande où s'arrêtera ce diable d'homme de Steven Wilson ?
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)


