BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Fantasia pochette

PISTES :

CD 1 :
1. Time Again (5:14)
2. Wildest Dreams (5:36)
3. One Step Closer (4:20)
4. Roundabout (8:41)
5. Without You (5:44)
6. Cutting It Fine (6:24)
7. Intersection Blues (3:39)
8. Fanfare For The Common Man (7:34)
9. The Smile Has Left Your Eyes (3:39)

CD 2 :
1. Don't Cry (4:29)
2. In The Court Of The Crimson King (5:01)
3. Here Comes The Feeling (5:39)
4. Video Killed The Radio Star (4:39)
5. The Heat Goes On (9:15)
6. Only Time Will Tell (5:00)
7. Sole Survivor (6:52)
8. Ride Easy (5:27)
9. Heat Of The Moment (8:25)

FORMATION :

Geoffrey Downes

(claviers, chœurs)

Steve Howe

(guitares, chœurs)

Carl Palmer

(batterie)

John Wetton

(basse, chant)

ASIA

"Fantasia - Live In Tokyo"

Royaume-Uni - 2007

Eagle Records - 50:54/54:50

 

 

Nos lecteurs se souviennent sans doute que dans notre récit des épisodes de la saga Asia (voir en particulier notre numéro 39), nous en étions restés à l'éclatement du Asia de Geoff Downes et John Payne, entre d'un côté le jeune GPS et de l'autre la reformation du Asia première mouture, mais pas première fraîcheur... Depuis, ce dernier a écumé les routes pour une tournée mondiale visant à célébrer les vingt-cinq ans du premier opus studio, et livre donc un double CD immortalisant la prestation du 8 mars dernier au pays du soleil levant, grand amateur de ce prog soft à tendance FM. Anniversaire oblige, sur les dix-huit titres joués ce soir là, on trouve rien moins que l'intégralité de l'album éponyme de 1982, dans le désordre, avec les hits de rigueur («Heat of the Moment», repris en chœur par le public, «Only Time Will Tell»), mais également des morceaux moins connus («One Step Closer»), non dénués d'une certaine ambition («Without You» et son long solo de guitare, ou «Cutting it Fine», avec sa seconde moitié instrumentale). Le seul autre disque représenté est Alpha, présence de Steve Howe oblige : si «The Heat Goes On» est complété par le traditionnel solo de batterie de Carl Palmer, et si «The Smile Has Left Your Eyes», dépouillé, convient bien à John Wetton, le tube «Don't Cry» est interprété en version acoustique, une surprise plutôt agréable. Il en est d'ailleurs de même pour le plus méconnu «Ride Easy», face B de 45 tours qui affiche ici un rendu finalement plus séduisant que l'original.

Comme tout cela n'aurait pas suffi à alimenter un concert substantiel, le quatuor se fend également de relectures de certains des titres les plus connus extraits de la carrière de chaque musicien. Pour Downes, on a ainsi l'inévitable «Video Killed the Radio Star», mais alors que l'habitude voulait que le claviériste le joue seul (voir la rétrospective du n°62), il est ici repris par le groupe en entier, pour un résultat plus rock mais finalement assez baroque et oubliable... Howe est honoré, ce n'est pas une surprise, par un interlude acoustique, «Intersection Blues», mais aussi par un titre de Yes, l'attendu «Roundabout», un peu trop scolaire. Plus surprenant, Palmer mène sur un rythme soutenu une reprise originale de l'instrumental «Fanfare for the Common Man», sept minutes étonnamment dynamiques durant lesquelles Steve Howe tire la bourre à Downes, pendant que Wetton et Palmer assurent une rythmique coriace. Enfin, pour Wetton, c'est King Crimson qui a été choisi, et plutôt qu'un titre de la période qu'il vécut dans le groupe, «In the Court of the Crimson King» a été retenu, sans doute en raison de la notoriété du morceau, et peut-être également parce que Wetton est familier de son interprétation (ne serait-ce que dans les Tokyo Tapes d'Hackett). Il s'agit cependant d'une version raccourcie à cinq minutes, axée logiquement sur le chant, mais qui se révèle plutôt agréable.

Bien que le son manque un brin de puissance, on ne peut que reconnaître aux quatre musiciens des prestations tout à fait honorables : Palmer et Downes sont égaux à eux-mêmes, Howe occupe l'espace avec ses dentelles de guitare (dont un solo largement rallongé sur «Sole Survivor»), et Wetton parvient, en dépit d'une voix moins fiable qu'il y a vingt-cinq ans, à assurer le spectacle en y mettant tout son cœur. Un concert qui mérite finalement le détour, et dont on attend la transposition en DVD pour l'automne.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°67 - Automne 2007)