BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Invisible Circles pochette

PISTES :

1. Childhood in Minor (1:20)
2. Beautiful Emptiness (5:24)
3. Between Love And Fire (4:56)
4. Sins Of Idealism (5:22)
5. Eccentric (4:10)
6. Digital Deceit (5:37)
7. Through Square Eyes (6:22)
8. Blind Pain (6:47)
9. Two Sides (4:34)
10. Victim Of Choices (3:21)
11. Reflections (5:11)
12. Life's Vortex (5:52)

FORMATION :

Andre Borgman

(batterie)

Sander Gommans

(guitare, chant)

Floor Jansen

(chant)

Bas Maas

(guitare, chant)

Luuk Van Gerven

(basse)

Lando Van Gils

(claviers)

AFTER FOREVER

"Invisible Circles"

Pays-Bas - 2004

Transmission - 59:04

 

 

Après le départ de Mark Jansen, parti fonder le groupe Epica, After Forever a effectué quelques concerts puis livré l'an dernier un mini album seulement sympathique, Exordium. Trois ans après Decipher (chroniqué dans Big Bang numéro 44), voici donc Invisible Circles, leur premier album concept, basé sur le difficile passage de l'adolescence vu à travers les yeux d'une jeune fille. Le luxueux livret de l'édition limitée, qui propose de nombreux extraits de son journal intime et tous les textes du disque signés Floor Jansen, en est l'illustration idéale, de même que les divers dialogues qui émaillent l'album. Musicalement, After Forever poursuit dans sa voie d'un heavy metal très symphonique, plus agressif qu'un Edenbridge et plus contrasté qu'un Nightwish.

Les moyens sont ici particulièrement conséquents, puisqu'aux six membres du groupe, se sont ajoutés pour la circonstance cinq musiciens classiques et quatre choristes. La plupart des compositions entretiennent généralement le chaud et le froid, chaud de la voix magnifique de Floor Jansen et des arrangements orchestraux, froid de la guitare électrique très rugueuse et de cette habituelle voix death, toujours trop présente, selon moi (le pénible «Blind Pain» en est la caricature). Les structures de ces compositions sont souvent assez variées, et d'une indéniable richesse sur le plan des arrangements. On sent que le groupe maîtrise bien mieux son propos, et insuffle une plus grande cohérence à ses compositions. Les passages instrumentaux, trop rares, sont parfois efficaces («Between Love and Fire»), mais demeurent souvent insuffisamment approfondis. La charpente de l'ensemble reste bien sûr la voix de Floor Jansen, sans doute plus variée qu'à l'accoutumée, même si elle se permet toujours de temps à autre des envolées dans les aiguës à vous donner la chair de poule (le très beau «Sins of Idealism» ou «Reflections»). Renforcée par les chœurs, elle sait aussi se faire caressante et plus sobre lors de ballades comme «Eccentric», sur le piano de Lando van Gils.

Invisible Circles est donc globalement une réussite dans le créneau choisi par After Forever, qui assoit le professionnalisme de la formation, sans pour autant dépasser ni même atteindre la qualité de Decipher. On regrettera en effet, outre la trop grande présence du chant death et l'émergence de quelques morceaux phares seulement (outre ceux précédemment cités, on peut ajouter «Life's Vortex»), le manque d'audace sur le plan musical, l'enrichissement des arrangements ne s'accompagnant pas d'une diversification des influences, générant une entêtante impression de répétition.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°54 - Juillet 2004)